Brexit: May promet aux patrons britanniques de tenir le cap
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Brexit: theresa may s'attend a une "semaine intense" de negociations
HENRY NICHOLLS
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Brexit: theresa may s'attend a une "semaine intense" de negociations
HENRY NICHOLLS
par Kylie MacLellan et William James
LONDRES (Reuters) - Theresa May, qui s'apprête à vivre une "semaine intense" de négociations, a réaffirmé lundi qu'elle s'en tiendrait au projet d'accord sur le Brexit conclu entre les négociateurs européens et britanniques mais contesté par une partie des députés conservateurs.
La Première ministre britannique se prépare à ce qui pourrait être la semaine la plus difficile à négocier depuis que le Royaume-Uni a décidé le 23 juin 2016 par référendum de quitter l'Union européenne.
Malgré la fronde des partisans d'un "Brexit dur" et la démission de plusieurs membres de son gouvernement, dont Dominic Raab, le ministre en charge de cette question, Theresa May n'a pas fléchi depuis l'annonce mardi dernier du projet d'accord.
La chef du gouvernement a mis en garde les membres de son camp contre la tentation de la mettre en minorité, une initiative qui, selon elle, ne ferait que retarder les choses ou pire conduirait à un divorce sans accord.
"Nous avons en vue un accord qui va fonctionner pour le Royaume-Uni, et que personne n'en doute, je suis décidée à le conclure", a déclaré Theresa May lors d'un discours devant la conférence annuelle du patronat britannique (CBI).
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"Nous ne parlons pas de théorie politique mais des réalités de la vie et des conditions de vie des gens", a ajouté la chef du gouvernement applaudie par l'assistance.
"Si le monde change rapidement, la géographie, elle, ne change pas: l'Europe restera toujours le marché le plus proche pour nos biens et il est crucial de garantir une libre circulation douanière", a-t-elle ajouté prenant en exemple l'industrie automobile.
Les dirigeants des vingt-sept pays de l'UE doivent se retrouver en sommet extraordinaire dimanche prochain pour discuter du contenu de l'accord technique, qui a reçu le feu vert des ministres des Affaires étrangères lundi.
Cette première étape était importante car elle témoigne du maintien de l'unité entre les Etats membres du bloc communautaire autour d'un projet que le chef des négociateurs européens Michel Barnier a qualifié de juste et équilibré.
LES PATRONS METTENT EN GARDE CONTRE LE "NO DEAL"
De nombreux chefs d'entreprise britanniques redoutent que certains "Brexiters", partisans d'une rupture franche avec l'Union européenne, n'altèrent le projet d'accord et qu'aucun compromis ne soit trouvé avant le 29 mars 2019, date du Brexit.
John Allan, le président de la Confédération de l'industrie britannique (CBI), a déclaré qu'un tel scénario serait "dévastateur" pour l'économie britannique tandis que la directrice générale de l'organisation patronale, Carolyn Fairbairn, a estimé que certains élus jouaient un jeu dangereux qui pourrait conduire "à une absence accidentelle d'accord".
"Alors que les autres pays se préparent un avenir compétitif, Westminster semble enfermé dans son petit monde étroit où on laisse les positions extrêmes dominer", a-t-elle déploré à l'ouverture du Congrès annuel de la CBI.
Interrogée sur le mécontentement d'une partie des conservateurs face au projet d'accord, Theresa May a dit que les électeurs devaient écouter les entreprises.
Le danger le plus important et le plus imminent pour Theresa May émane de son propre parti. Si 48 députés demandent par écrit l'organisation d'un vote de défiance contre la chef du gouvernement, celui-ci doit être organisé.
Graham Brady, président de la "Commission 1922" (le groupe parlementaire conservateur à la Chambre des communes), a indiqué lundi que ce nombre de 48, qui représente 15% des élus conservateurs, n'a pas été atteint pour le moment. Mais selon The Sun, le quotidien à grand tirage, il n'en manquerait plus que six.
Si cela était le cas, et si un vote devait avoir lieu, Graham Brady estime néanmoins que Theresa May serait en mesure de l'emporter et de sauver son gouvernement.
Devant s'exprimer lui aussi devant la CBI, le leader de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn a prévu de dénoncer le "pire accord qui soit, fait de bouts de ficelles et mauvais pour la Grande-Bretagne, qui va placer le pays dans un entre-deux interminable où il n'aura pas son mot à dire".
Corbyn, qui a dit que le Parti travailliste s'opposerait au projet défendu par Theresa May à la Chambre des communes, a prévu de plaider en faveur d'une nouvelle union douanière permanente et générale et d'une "relation forte avec le marché unique".
"Le gouvernement tente de faire passer en force ce mauvais accord qui ne répond pas aux besoins de notre pays en faisant planer sur chacun d'entre nous la menace de chaos et de grave préjudice pour notre économie qu'entraînerait une issue sans accord", dira-t-il selon les extraits de son discours diffusé par avance.
(Véronique Tison et Pierre Sérisier pour le service français)
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