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L'Italie campera sur son budget jusqu'aux élections européennes

reuters.com

Publié le 22 novembre 2018 à 12:09 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:16

Di maio exclut de modifier le budget avant les elections europeennes

Di maio exclut de modifier le budget avant les elections europeennes

TONY GENTILE

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Giselda Vagnoni

ROME (Reuters) - L'Italie a redit jeudi son refus de revoir son budget de relance, mettant au défi les autorités européennes de la sanctionner avant les élections parlementaires européennes de mai prochain.

Les dirigeants du gouvernement de coalition populiste ont exclu de modifier le projet de budget 2019, au lendemain de la décision de la Commission européenne de lancer une procédure disciplinaire pouvant conduire à une amende.

"Nous ne ferons pas marche arrière", a déclaré le vice-président du Conseil Matteo Salvini à la Rai. "Nous ne dépensons pas cet argent n'importe comment. L'idée est de stimuler la croissance."

La Ligue, le parti d'extrême droite de Salvini, se veut à la pointe d'une poussée populiste au scrutin de mai 2019 avec l'ambition de réduire les pouvoirs de l'Union européenne sur les Etats membres.

L'autre vice-président du Conseil, Luigi Di Maio, représentant le mouvement anti-système 5 Etoiles (M5S), a eu des propos de même teneur.

"J'exclus des mesures de réduction des dépenses avant le vote dans l'UE", a-t-il dit à des journalistes au Parlement, affirmant que beaucoup de pays auraient alors des motifs de changer les "règles du jeu" en Europe.

Le gouvernement défend l'idée que son budget expansionniste stimulera la croissance et donc les recettes fiscales, avec pour effet de réduire la dette publique. Celle-ci, d'un montant de 2.300 milliards d'euros, représente 130% du produit intérieur brut du pays, ce qui fait de l'Italie le deuxième pays le plus endetté de la zone euro après la Grèce.

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Giovanni Tria, le ministre des Finances, a affirmé jeudi au Parlement que le projet de budget permettrait d'éviter une troisième récession en dix ans, dont les effets seraient "dévastateurs".

La Commission ne croit pas à cet argumentaire et exige davantage de mesures pour réduire la dette.

Giuseppe Conte, le président du Conseil, a déclaré au Parlement que les demandes de l'UE n'étaient "pas compatibles avec l'état de l'économie italienne" et qu'il réclamerait "une longue période de temps" pour mettre en oeuvre d'éventuelles corrections.

APPEL À LA MODÉRATION

La confrontation avec l'UE, dont les règles budgétaires visent à empêcher une nouvelle crise de la dette comme celle des années 2011-2012, a pesé sur l'euro et provoqué une envolée des rendements obligataires italiens, au détriment des banques du pays qui sont fortement exposées à la dette souveraine.

Les rendements se sont toutefois détendus mercredi et jeudi, les marchés préférant retenir des déclarations conciliantes des deux parties, d'autant qu'il faudra encore plusieurs mois avant que ne soit formellement déclenchée la procédure pour déficit excessif.

Luigi di Maio a ainsi estimé qu'il restait un espace pour dialoguer avec la Commission et Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques, a dit croire toujours à un accord.

"On va travailler, parler encore et je suis persuadé qu'à force on y arrivera parce c'est l'intérêt commun", a-t-il dit lors d'une audition par les commissions des Affaires européennes et des Finances de l'Assemblée nationale à Paris.

"C'est l'intérêt de l'Italie de ne pas s'endetter, c'est l'intérêt de la zone euro de voir l'Italie respecter les règles", a-t-il ajouté.

En disant que les règles européennes permettaient d'éviter des discussions de "marchands de tapis", il s'est toutefois attiré les foudres de Matteo Salvini qui, dans un communiqué, l'a accusé d'"insulter" l'Italie qui "n'est pas une nation de marchands de tapis" et contribue au salaire du commissaire européen, honni de la Ligue pour être français et socialiste.

Giuseppe Conte, qui rencontrera samedi à Bruxelles le président de la CE Jean-Claude Juncker, a aussi dit que Rome "ne ferait pas marche arrière" s'agissant de défendre les intérêts italiens.

Mais il a aussi exhorté les deux parties à modérer le ton, assurant que la confiance des investisseurs s'en trouverait renforcée.

Les coûts d'emprunt italiens restent inconfortablement élevés, avec le rendement des obligations à 10 ans supérieurs de plus de 300 points de base à leurs équivalents allemands.

Une adjudication de BTP Italia, des obligations indexées sur l'inflation et destinées aux investisseurs particuliers et institutionnels italiens, a été largement boudée cette semaine, faisant craindre pour la capacité du pays à se financer l'an prochain.

(Avec les contributions de Giuseppe Fonte, Angelo Amante et Davide Barbuscia à Milan et de Yann Le Guernigou à Paris, Wilfrid Exbrayat et Véronique Tison pour le service français)

reuters.com

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