Après le Brexit, l'Espagne veut un contrôle partagé sur Gibraltar
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Apres le brexit, l'espagne veut un controle partage sur gibraltar
Jon Nazca
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Apres le brexit, l'espagne veut un controle partage sur gibraltar
Jon Nazca
par Belén Carreño et Robin Emmott
BRUXELLES (Reuters) - L'Espagne compte de nouveau faire pression pour obtenir la souveraineté partagée sur Gibraltar une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'Union européenne, a annoncé dimanche son chef du gouvernement.
Madrid a le soutien de Bruxelles pour résoudre le conflit à propos de l'enclave britannique accrochée au sud de l'Espagne, a ajouté Pedro Sanchez.
S'exprimant à l'issue du Conseil européen qui a entériné dimanche l'accord sur le Brexit, Pedro Sanchez a déclaré que la position de l'Espagne sur Gibraltar, territoire britannique depuis 1713, était encore plus ferme après la conclusion de l'accord.
"Nous allons résoudre un conflit qui dure depuis plus de 300 ans", a déclaré Pedro Sanchez lors d'une conférence de presse.
Il a dit avoir tenu le même discours à son homologue britannique, Theresa May, qui va maintenant soumettre l'accord sur le Brexit au parlement britannique.
A la question de savoir si l'Espagne souhaiterait une discussion sur la souveraineté commune une fois que la Grande-Bretagne aura quitté le bloc le 29 mars 2019, Pedro Sanchez a déclaré : "Toutes les questions seront abordées".
Les citoyens de Gibraltar ont rejeté la souveraineté partagée avec l'Espagne lors d'un référendum en 2002.
"Gibraltar est britannique", a déclaré Theresa May dimanche aux journalistes. "Quand j'ai négocié pour la Grande-Bretagne, je l'ai aussi fait pour le territoire", a-t-elle souligné. Elle a refusé d'entrer dans plus de détails.
POSITION DE FORCE
Toutefois, 96% des habitants de Gibraltar ont voté pour le maintien dans l'UE lors du référendum britannique de 2016 sur le Brexit. De ce fait, l'ambiance est désormais différente, font valoir des responsables espagnols.
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"Cela met l'Espagne en position de force dans les négociations sur Gibraltar avec le Royaume-Uni, cela n'était pas le cas jusqu'à présent", a déclaré Pedro Sanchez à la presse après le sommet.
Il faisait référence à l'entrée de l'Espagne dans l'Union européenne en 1986. L'Espagne avait alors dû adapter sa politique sur Gibraltar à la politique britannique. Il a ajouté que cette situation était en train de s'inverser.
"Nous perdons tous (avec le Brexit), en particulier le Royaume-Uni, mais en ce qui concerne Gibraltar, l'Espagne gagne", a déclaré Pedro Sanchez, qui n'a pas caché sa satisfaction lors de la conférence de presse.
Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a déclaré que de nombreux Européens ne réalisaient pas l'importance de Gibraltar pour l'Espagne.
La souveraineté partagée à Gibraltar, qui compte 30.000 habitants, une base navale britannique et un aéroport en partie contesté par l'Espagne, pourrait faire écho à des arrangements similaires en Europe, tels qu'Andorre et l'île de Man, déclare Ignacio Molina, analyste à l'Elcano Royal Institute à Madrid.
"Il pourrait y avoir un service postal spécial intégré à la fois à Correos (les services postaux espagnols) et au Royal Mail, des plaques d'immatriculation locales avec le drapeau européen, des prestations de soins de santé en Espagne, une éventuelle action de la police espagnole à Gibraltar", dit-il.
"Bien sûr, l'aéroport serait partagé, il n'y aurait pas de contrôle des personnes à la frontière", a-t-il ajouté.
Le différend sur l'aéroport de Gibraltar porte sur la souveraineté d'une étroite bande de terre reliant Gibraltar à l'Espagne. Pour l'Espagne, l'isthme n'est pas inclus dans le traité cédant Gibraltar à la Grande-Bretagne et il a toujours été territoire espagnol.
(Avec Foo Yun Chee et Alastair Macdonald; Danielle Rouquié pour le service français)
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