Brexit: Et si May ne parvient pas à convaincre les députés ?
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Brexit: et si may ne parvient pas a convaincre les deputes ?
Rebecca Naden
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Brexit: et si may ne parvient pas a convaincre les deputes ?
Rebecca Naden
par William James
LONDRES (Reuters) - La Première ministre britannique Theresa May dispose de deux semaines pour convaincre les députés de la Chambre des communes d'approuver l'accord conclu entre Londres et Bruxelles sur les conditions du Brexit.
Les députés voteront le 11 décembre sur ce compromis arraché après un an et demi d'âpres négociations avant la sortie du Royaume-Uni du bloc communautaire le 29 mars 2019.
Depuis qu'elle a présenté l'accord à ses ministres, Theresa May essuie des critiques venant de l'opposition comme de son camp, laissant craindre une mise en minorité lors du vote à la Chambre des communes.
Dans une telle hypothèse, que se passerait-il ?
L'accord serait légalement rejeté par le Royaume-Uni et les ministres disposeraient de 21 jours pour faire savoir ce qu'ils entendent faire désormais.
Theresa May a expliqué qu'en cas de rejet parlementaire, la Grande-Bretagne sortirait de l'UE sans accord.
Cela entraînerait une période de grande incertitude pour l'économie britannique et provoquerait certainement des réactions négatives sur les marchés financiers, imposant une réponse politique rapide.
Plusieurs scénarios seraient envisageables:
LA DÉMISSION
Theresa May pourrait quitter ses fonctions de chef du Parti conservateur, ouvrant la porte à son remplacement en interne sans que soient convoquées des élections législatives anticipées. Pour l'instant, la Première ministre s'est gardée de préciser quelle était sa position sur ce point.
LA MISE EN MINORITÉ
Les partisans d'un Brexit "dur", opposés aux concessions faites aux Européens, pourraient décider de renverser la chef du gouvernement en la mettant en minorité. Pour ce faire, 48 des 315 (15%) élus conservateurs doivent demander par écrit l'organisation d'un vote sur le soutien dont dispose la Première ministre au sein de sa majorité.
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Si Theresa May est mise en minorité, son remplacement sera négocié en interne sans avoir recours à des élections législatives anticipées.
LA RENÉGOCIATION
Le gouvernement de Theresa May pourrait décider de renégocier dans l'urgence les termes de l'accord en essayant d'obtenir quelques concessions de la part des Européens. Elle pourrait alors demander un nouveau vote sur les modifications éventuelles conclues avec l'UE.
Cette option semble peu probable car May et l'UE ont clairement dit qu'il n'était pas question de réviser l'accord.
LA DÉFIANCE
L'opposition travailliste pourrait demander l'organisation d'un vote de confiance, essayant de renverser la majorité et de s'emparer du pouvoir sans passer par les urnes.
Si une majorité de députés votaient contre le gouvernement de Theresa May, le Labour aurait alors 14 jours pour démontrer, via un nouveau vote à la Chambre des communes, qu'il dispose d'une majorité et qu'il est en mesure de former un gouvernement.
LE RETOUR AUX URNES
En cas de vote de défiance et si le Parti travailliste se révèle incapable de former une nouvelle équipe dirigeante, des élections anticipées seront convoquées.
Theresa May pourrait prendre, elle-même, l'initiative d'un retour devant les urnes si deux-tiers des parlementaires sont favorables à cette solution.
La Première ministre a dit que de nouvelles élections générales ne seraient pas dans l'intérêt du pays.
LES SOLUTIONS À LONG TERME
UN SECOND RÉFÉRENDUM
Cette option semble, pour l'instant, peu envisageable même si un certain nombre de parlementaires l'appellent de leurs voeux. May a toujours dit exclure de voter une seconde fois sur le Brexit.
UN REPORT OU UNE ANNULATION DU BREXIT
Le gouvernement britannique pourrait chercher à obtenir une prolongation de la période transitoire afin de se donner le temps d'obtenir un meilleur accord, d'organiser de nouvelles élections ou d'accepter un second référendum.
Le gouvernement britannique pourrait également revenir sur sa décision de quitter l'Union européenne.
Là encore, Theresa May a dit ne pas envisager de report de la sortie de l'UE, ni d'abandon du divorce.
(William James; Pierre Sérisier pour le service français, édité par Tangi Salaün)
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