Réduire les relations avec Ryad serait une erreur, juge Pompeo
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Reduire les relations avec ryad serait une erreur, assure pompeo
Yuri Gripas
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Reduire les relations avec ryad serait une erreur, assure pompeo
Yuri Gripas
WASHINGTON (Reuters) - Réduire l'ampleur des relations avec l'Arabie saoudite serait une erreur pour la sécurité des Etats-Unis et n'aurait pas d'effet sur la politique de Ryad, a estimé mercredi le secrétaire d'Etat américain, évoquant l'assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, tué le 2 octobre au consulat saoudien d'Istanbul.
"Le meurtre du ressortissant saoudien Jamal Khashoggi en Turquie a relancé les critiques au Congrès et dans les médias, mais une révision à la baisse des relations américano-saoudiennes serait une grave erreur pour la sécurité nationale des Etats-Unis et de leurs alliés", écrit Mike Pompeo dans une lettre publiée sur le site internet du département d'Etat avant son audition devant la commission sénatoriale des Affaires étrangères.
Selon les conclusions de la CIA, rapportées par le Washington Post et Reuters, le prince héritier Mohamed ben Salman, qui exerce de facto le pouvoir à Ryad, a lui-même ordonné l'assassinat du journaliste et opposant.
Donald Trump a toutefois promis la semaine dernière de rester "un partenaire indéfectible" de l'Arabie saoudite. Ses propos ont soulevé un tollé au Congrès, y compris dans les rangs républicains, où les appels à la création d'une commission d'enquête se multiplient.
"Le royaume est un puissant pôle de stabilité au Moyen-Orient. L'Arabie saoudite s'emploie à protéger la fragile démocratie irakienne et à faire en sorte que Bagdad reste fidèle aux intérêts de l'Occident, et non à ceux de Téhéran", souligne Mike Pompeo dans cette note publiée avant une audition à huis clos au Sénat consacrée au dossier Khashoggi, à l'Arabie saoudite et au Yémen.
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"TUER EN TOUTE IMPUNITÉ"
"Est-ce une coïncidence si ceux qui exploitent le meurtre de Khashoggi pour condamner la politique du président Trump à l'égard de l'Arabie saoudite sont les mêmes qui ont soutenu le rapprochement de Barack Obama avec l'Iran - un régime qui a tué des milliers de personnes dans le monde, dont des centaines d'Américains, et malmène son propre peuple ?", s'interroge-t-il, tout en faisant l'éloge de la monarchie wahhabite.
"Ryad aide à gérer le flot de réfugiés fuyant la guerre civile syrienne en collaborant avec les pays d'accueil, en coopérant étroitement avec l'Égypte et en renforçant les liens avec Israël.
"L'Arabie saoudite a également alloué des millions de dollars à la lutte que les Etats-Unis mènent contre l'Etat islamique et d"autres organisations terroristes", rappelle le secrétaire d'Etat, selon lequel "la production pétrolière saoudienne et la stabilité économique sont des éléments clés de la prospérité régionale et de la sécurité énergétique mondiale".
Mike Pompeo promet toutefois que de nouvelles sanctions seront envisagées "si davantage de faits concernant le meurtre de Khashoggi sont révélés". Il annonce en outre une aide alimentaire de 131 millions de dollars pour le Yémen, où la coalition formée à l'initiative de Ryad combat les rebelles chiites houthis depuis mars 2015.
S'adressant à la presse après avoir été entendu à huis clos au Sénat, le chef de la diplomatie américaine a par ailleurs assuré que "rien ne permet(ait) d'affirmer que le prince héritier ait donné l'ordre d'assassiner Jamal Khashoggi". Le secrétaire à la Défense James Mattis a également été auditionné.
Pour le sénateur démocrate Bob Menendez, Washington a clairement signifié à l'administration saoudienne qu'elle pouvait "tuer en toute impunité".
"Il est scandaleux que nous soyons prêts à fermer les yeux sur un tel meurtre parce que nous avons des 'intérêts'", a-t-il déploré.
Son collègue républicain Lindsey Graham a quant à lui annoncé son intention de s'abstenir lors de tous les votes-clés, budget y compris, tant que la CIA n'aura pas transmis ses conclusions au Sénat.
"On ne m'empêchera pas d'être informé par la CIA, sur laquelle nous avons autorité, pour savoir si son évaluation corrobore ma conviction selon laquelle cela n'a pu se produire sans que le prince héritier Mohammed ben Salman soit au courant", a-t-il déclaré à la presse.
(Doina Chiacu, Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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