Syrie: Trump justifie le retrait militaire américain, les Kurdes inquiets
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Syrie: trump justifie le retrait militaire americain, les kurdes inquiets
JIM YOUNG
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Syrie: trump justifie le retrait militaire americain, les kurdes inquiets
JIM YOUNG
par Ellen Francis
BEYROUTH/WASHINGTON (Reuters) - Donald Trump a justifié jeudi sa décision, annoncée la veille, de retirer les forces américaines de Syrie, une initiative diversement accueillie et qui inquiète notamment les alliés kurdes de Washington.
Le président américain a proclamé la défaite de l'Etat islamique (EI) en Syrie, rappelant qu'il s'agissait du seul objectif poursuivi par les forces américaines sur place. Il a annoncé le début immédiat du rapatriement des quelque 2.000 soldats américains stationnés dans le nord de la Syrie.
"Nous retirer de Syrie, ce n'est pas une surprise. J'ai fait campagne pour cela pendant des années et il y a six mois, quand j'ai publiquement voulu le faire, j'ai accepté qu'on reste plus longtemps", a écrit Donald Trump jeudi sur Twitter.
"La Russie, l'Iran, la Syrie et d'autres sont les ennemis locaux de l'EI. Nous faisions leur travail. Il est temps de rentrer à la maison et de reconstruire", a-t-il ajouté.
"Est-ce que les Etats-Unis veulent être les gendarmes du Moyen-Orient, n'obtenant RIEN en contrepartie mais perdant des vies précieuses et des milliards de dollars en protégeant des gens qui, dans presque tous les cas, n'apprécient pas à sa juste valeur tout ce que nous faisons ? Voulons nous rester là-bas pour toujours ? Il est enfin temps que les autres entrent en lice."
Le président russe Vladimir Poutine a déclaré qu'il était largement d'accord avec Trump sur le fait que l'EI avait été vaincu en Syrie mais il a dit douter que les forces américaines se retirent totalement du pays.
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Pour les Forces démocratiques syriennes (FDS), les alliés kurdes des Etats-Unis dans le nord de la Syrie, le retrait américain va permettre aux djihadistes de se regrouper alors qu'il serait au contraire nécessaire d'intensifier les opérations pour porter l'estocade à Daech dans cette phase "décisive" du combat.
"DAECH N'EST PAS RAYÉ DE LA CARTE"
Les miliciens kurdes, considérés comme des terroristes par Ankara, craignent en outre de se retrouver pris dans un étau entre l'armée turque et les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés.
La Turquie a promis mercredi que les forces kurdes présentes à l'est de l'Euphrate "seraient anéanties le moment venu".
Israël intensifiera ses opérations contre les forces pro-iraniennes en Syrie après le retrait américain, a annoncé pour sa part le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
La décision du président Trump pourrait inciter les Iraniens à s'engager encore plus dans ce pays en y envoyant encore des armes et de combattants, ont indiqué des responsables israéliens.
A Paris, la ministre des Armées Florence Parly a estimé que l'EI n'était pas définitivement vaincu et annoncé la poursuite des opérations militaires françaises en Syrie.
"Daech n'est pas rayé de la carte, ni ses racines d'ailleurs, il faut vaincre militairement de manière définitive les dernières poches de cette organisation terroriste", a-t-elle écrit sur Twitter.
Pour le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, l'annonce du départ des forces américaines est une "surprise" et risque de nuire au combat contre l'EI qui "a été repoussé mais qui représente toujours une menace".
A Londres, Tobias Ellwood, sous-secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, a déclaré être en total désaccord avec Donald Trump et a affirmé lui aussi que la menace djihadiste était toujours présente.
(Avec Daren Butler, John Irish, Julie Carriat, Sophie Louet, Dan Williams, Susan Heavey, Sabine Siebold, Polina Nikolskaya, Gabrielle Tetrault-Farber et Andrew Osborn; Henri-Pierre André, Jean-Philippe Lefief et Guy Kerivel pour le service français)
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