Le secrétaire américain à la Défense, Jim Mattis, démissionne
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Le secretaire americain a la defense james mattis demissionne
Mike Blake
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Le secretaire americain a la defense james mattis demissionne
Mike Blake
WASHINGTON (Reuters) - Le secrétaire américain à la Défense, l'ancien général des Marines Jim Mattis, a présenté sa démission et quittera ses fonctions fin février, a déclaré jeudi Donald Trump, au lendemain de l'annonce par le président américain du retrait des troupes présentes en Syrie.
Jim Mattis a fait part de sa volonté de démissionner après s'être entretenu en tête à tête avec Donald Trump dans le bureau Ovale, une discussion lors de laquelle les deux hommes ont exprimé leurs désaccords, a dit un haut représentant de la Maison blanche.
Le choix de retirer les forces américaines de Syrie a constitué un énième point de désaccord entre Mattis et Trump, de même que le possible retrait d'une partie des troupes présentes en Afghanistan, une hypothèse dont ont fait part jeudi à Reuters deux représentants américains.
Dans sa lettre de démission, Jim Mattis a expliqué qu'il préférait laisser la place à un secrétaire à la Défense qui partagera davantage la vision du chef de la Maison blanche.
Le chef du Pentagone dit sa conviction que "les Etats-Unis doivent conserver des alliances fortes et respecter leurs alliés", une critique à peine voilée envers Donald Trump et ses politiques isolationnistes.
En communiquant sur Twitter ce nouveau départ au sein de son administration, Donald Trump a précisé qu'il nommerait bientôt un successeur à Jim Mattis.
"Le président et lui avaient des divergences sur certaines questions. Je ne sais pas si c'est lié spécifiquement à la Syrie", a dit le haut représentant de la Maison blanche.
Jim Mattis explique par ailleurs dans sa lettre que les Etats-Unis doivent selon lui adopter une position "ferme et sans ambiguïté" face aux pays dont les intérêts stratégiques sont de plus en plus opposés à ceux de Washington, citant la Russie et la Chine.
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"CHAOS"
La démission du chef du Pentagone a été accueillie avec déception par les députés, aussi bien dans les rangs républicains que démocrates.
Le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, a déclaré qu'il partageait l'opinion de Jim Mattis sur la Russie et sur l'importance des alliances internationales des Etats-Unis.
Il a souligné dans un communiqué sa "grande détresse" de constater que Mattis avait démissionné à cause de divergences avec Trump sur ces questions.
Le départ de Mattis constitue "une perte importante et une nette indication que le programme de politique étrangère du président Trump a échoué et continue de sombrer dans le chaos", a réagi pour sa part le démocrate Bob Menendez, qui siège à la commission sénatoriale des Affaires étrangères.
L'hypothèse d'un départ de Jim Mattis avait pris de l'épaisseur depuis octobre et un entretien de Donald Trump à CBS dans lequel le président américain décrivait le général comme "une sorte de démocrate" qui pourrait quitter l'administration. Mattis avait alors réagi en déclarant qu'il avait le soutien total du président.
Un conseiller de la Maison blanche a déclaré voir dans cette démission une opportunité pour les Etats-Unis.
"C'est l'occasion pour le pays tout entier d'avoir un nouveau secrétaire à la Défense dont les positions seront alignées sur celles du président sur des questions majeures, qu'il s'agisse de la Syrie ou du Moyen-Orient d'un point de vue plus général", a déclaré Stephen Miller à CNN.
Mattis, de même que plusieurs conseillers à la sécurité nationale de la Maison blanche, ont dit être opposés au retrait des troupes américaines de Syrie. De nombreux parlementaires ont aussi fait part de leur inquiétude et demandé à Trump de revoir sa décision.
Le chef du Pentagone prônait aussi le maintien d'une forte présence militaire américaine en Afghanistan afin de contraindre les insurgés taliban à venir à la table des négociations avec le gouvernement afghan.
La ministre française des Armées, Florence Parly, a salué l'action de Jim Mattis, en soulignant l'importance du travail mené ensemble sur la Syrie.
"C'est un collègue que j'apprécie énormément, avec lequel j'ai beaucoup travaillé, c'est un grand soldat, ça a été un remarquable ministre, un partenaire de tous les instants", a-t-elle dit sur RTL.
Florence Parly a répété que la France ne partageait pas l'opinion de Donald Trump sur le fait que la lutte contre l'Etat islamique était terminée en Syrie.
"Nous ne partageons pas du tout l'analyse selon laquelle le califat territorial serait anéanti", a-t-elle dit. "Le risque, en ne finissant pas ce travail, c'est de laisser perdurer des groupes et que ces groupes reprennent leurs activités et qu'au-delà du califat territorial, ils puissent agir sur un territoire qui est au moins aussi grand que celui l'Europe."
L'Otan a également salué le travail de Jim Mattis soulignant sa contribution à la préservation de l'Alliance atlantique.
"Il est respecté comme soldat et comme diplomate. Le secrétaire général va continuer de travailler avec le secrétaire Mattis jusqu'au terme de son mandat et travaillera étroitement avec son successeur", a déclaré la porte-parole de l'Otan, Oana Lungescu.
(Phil Stewart et Steve Holland; avec Jean-Baptiste Vey à Paris, Tangi Salaün et Jean Terzian pour le service français)
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