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Le Japon veut reprendre la chasse commerciale à la baleine

reuters.com  |   |  723  mots
Le japon va quitter la commission baleiniere internationale (cbi)[reuters.com]
(Crédits : Thomas White)

par Kaori Kaneko et Linda Sieg

TOKYO (Reuters) - Le Japon a annoncé mercredi son intention de quitter la Commission baleinière internationale (CBI), l'organisme chargé de réglementer la chasse à la baleine, et de relancer la pêche commerciale des cétacés à partir du mois de juillet.

Le Japon mène ce qu'il qualifie de chasse à la baleine à des fins de recherche scientifique depuis 1987 après le moratoire international sur la chasse à la baleine décidé en 1986. Tokyo tentait depuis longtemps d'obtenir l'autorisation de la CBI de reprendre la pêche commerciale.

L'annonce a attiré les critiques de groupes de protection des baleines et des pays de l'Océanie. L'Australie s'est dite "extrêmement déçue". La Nouvelle-Zélande a regretté la chasse "obsolète et inutile" des mammifères marins.

Le Japon limitera sa chasse à la baleine à ses propres eaux territoriales et à sa zone économique exclusive (ZEE), a déclaré le secrétaire général du gouvernement, Yoshihide Suga lors d'une conférence de presse.

"A partir de juillet 2019, quand le retrait sera effectif le 30 juin, le Japon va reprendre la pêche commerciale dans les eaux territoriales du Japon et sa zone économique exclusive, et cessera la pêche à la baleine dans l'océan Antarctique et dans l'hémisphère sud", a déclaré Yoshihide Suga.

"La chasse à la baleine sera menée conformément au droit international et dans les limites de capture calculées conformément à la méthode adoptée par la CBI pour éviter tout impact négatif sur les ressources en cétacés", a-t-il ajouté.

La décision du Japon fait suite au dernier refus de la CBI opposé à sa demande de reprise de la chasse commerciale à la baleine lors d'une réunion en septembre. Ce refus, a déclaré Yoshihide Suga, montre qu'il est impossible de rapprocher les positions des défenseurs de la chasse à la baleine et des anti-chasse.

La décision du Japon, plutôt inhabituelle pour un pays plutôt favorable au multilatéralisme sur le plan diplomatique, a suscité un flot de critiques.

DÉCALAGE

"La déclaration d'aujourd'hui est en décalage par rapport à la communauté internationale, sans parler de la protection nécessaire pour préserver l'avenir de nos océans et de ces créatures majestueuses", a déclaré Greenpeace.

"En tant que président du G20 (groupe des 20) en 2019, le gouvernement japonais doit réaffirmer son engagement envers la CBI et donner la priorité aux nouvelles mesures en faveur de la conservation des espèces marines", a ajouté le groupe de défense de l'environnement.

Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères s'est félicité de la décision du Japon d'arrêter la chasse à la baleine dans l'océan Austral, mais s'est dit déçu de la décision de reprendre la chasse commerciale à la baleine dans sa zone économique exclusive.

"La chasse à la baleine est une pratique obsolète et inutile. Nous continuons d'espérer que le Japon finira par revoir sa position et cessera toute chasse à la baleine afin de faire progresser la protection des écosystèmes océaniques", a déclaré Winston Peters dans un communiqué.

L'Australie a exhorté le Japon à revenir à la CBI. "C'est une question de priorité", a déclaré la ministre de l'Environnement dans un communiqué.

"Le gouvernement australien est extrêmement déçu", a déclaré Melissa Price. "L'Australie reste résolument opposée à toutes les formes de chasse à la baleine commerciale et de pêche dite "scientifique".

Dans une décision de 2014, la Cour internationale de justice (CIJ) a ordonné au Japon de cesser ses pêches scientifiques en Antarctique.

Le Japon a alors suspendu sa chasse pendant une saison pour la réorganiser. Il a notamment réduit le nombre d'espèces ciblées et a limité à 333 par an le nombre de baleines capturées. La chasse a repris pour la saison 2015-2016.

Le Japon soutient que la plupart des espèces de baleines ne sont pas menacées d'extinction et que la consommation alimentaire de cétacés fait partie de la culture nippone.

Cette viande serait de moins en moins recherchée. Selon le journal Asahi, la viande de baleine représente 0,1% de la consommation de viandes des Japonais.

(Arthur Connan et Danielle Rouquié pour le service français)