Perpétuité pour un ex-dirigeant du renseignement chinois
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Chine: perpetuite pour un ex-vice-ministre de la securite d'etat
DAMIR SAGOLJ
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Chine: perpetuite pour un ex-vice-ministre de la securite d'etat
DAMIR SAGOLJ
PÉKIN (Reuters) - Un ancien haut responsable des services de renseignements chinois, Ma Jian, a été condamné jeudi à la prison à perpétuité pour des faits de corruption et de délit d'initié, a annoncé un tribunal la province du Liaoning.
Ma Jian, ancien vice-ministre de la Sécurité d'État, est l'un des plus hauts responsables de la sécurité à être mis derrière les barreaux depuis trois ans. L'ancien tsar de la sécurité intérieure Zhou Yongkang avait été condamné à la prison à perpétuité en 2015, également pour une affaire de corruption.
Le puissant ministère de la Sécurité d'État espionne les citoyens chinois et les ressortissants étrangers en Chine et à l'étranger. C'est l'une des administrations les plus opaques de Chine. Elle n'a pas de site internet public ni de porte-parole.
Dans un communiqué publié sur son site internet, le tribunal populaire intermédiaire de Dalian explique la lourdeur de la sentence par les dessous-de-table "particulièrement énormes" touchés par Ma Jian et par le niveau de sa collaboration "particulièrement grave" avec la société du milliardaire Guo Wengui, qui s'est exilé à New York.
Guo Wengui, le fugitif le plus recherché de Chine, s'est fait connaître sur la scène internationale par ses accusations de corruption à l'encontre de la direction du Parti communiste chinois au pouvoir.
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Ma Jian, déclare le tribunal, a utilisé sa position pour aider des entreprises contrôlées par Guo Wengui en ayant recours à la menace pour faire se réaliser des transactions illégales, par exemple, obliger des individus à transférer des actions de société contre leur gré.
L'ex-vice-ministre a reçu plus de 100 millions de yuans (13 millions d'euros environ) en biens immobiliers pour son travail et a gagné près de 5 millions de yuans en jouant en Bourse sur la base d'informations privilégiées, indique le tribunal.
Le condamné a dit qu'il acceptait le verdict et qu'il ne ferait pas appel.
Une enquête pour corruption avait été ouverte en 2015 à l'encontre de Ma Jian. Il avait été exclu du Parti communiste chinois (PCC) l'année suivante pour ingérence dans des activités de police-justice non précisées.
Depuis que le président Xi Jinping a pris le pouvoir en 2012, des dizaines de hauts fonctionnaires ont fait l'objet d'une enquête ou ont été emprisonnés. Le numéro un chinois s'est engagé à éradiquer la corruption en expliquant que le problème menaçait la mainmise du Parti communiste sur le pouvoir.
(Christian Sheperd et Bureau de Pékin; Danielle Rouquié pour le service français)
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