RDC: Les électeurs exclus de la présidentielle manifestent à Béni
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par Stanis Bujakera et Fiston Mahamba
KINSHASA/GOMA, République démocratique du Congo (Reuters) - L'armée et la police ont tiré en l'air et ont fait usage de gaz lacrymogènes jeudi pour disperser des manifestants qui s'en sont pris à des centres de traitement de la fièvre Ebola à Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), pour protester contre leur exclusion de l'élection présidentielle de dimanche.
La commission électorale (Ceni) a annoncé mercredi l'annulation du scrutin dans cette ville et ses environs ainsi que dans la localité voisine de Butembo en raison de l'épidémie de fièvre hémorragique. Le scrutin a également été annulé à Yumbi, dans l'ouest du pays, où des violences ethniques ont fait une centaine de morts, la semaine dernière.
Ces villes sont connues pour être des bastions de l'opposition au président sortant, Joseph Kabila. Selon les responsables politiques locaux, la Ceni a pris cette décision pour faire basculer le vote en faveur d'Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat soutenu par Joseph Kabila.
"Un groupe de manifestants voulait entrer dans le bureau de la Ceni (...) pour exiger le retrait de la décision", a déclaré Giscard Yere, un habitant de Beni. "Mais les policiers et les soldats qui se trouvaient sur place ont tiré pour disperser les manifestants."
RÉTABLIR L'ORDRE
Toujours à Beni, les manifestants ont saccagé un centre de quarantaine pour les malades atteints de la fièvre Ebola. Selon le ministère de la Santé, 24 patients se sont enfuis. Dix-sept d'entre-eux avaient subi des analyses qui ont montré qu'ils n'étaient pas atteints, mais sept n'ont été soumis à aucun test. Trois sont revenus d'eux-mêmes et le personnel médical a pu en joindre 17 autres, selon une porte-parole du ministère.
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Les manifestants se sont également attaqués au centre de coordination de la lutte contre la fièvre Ebola avant d'être repoussés par les casques bleus de l'Onu, selon son directeur adjoint Aruna Abedi.
"Les manifestants ont tenté de forcer la porte du centre", a-t-il raconté. "Ils scandaient des slogans hostiles au gouvernement et réclamaient des élections. Ils ont lancé des projectiles."
Le colonel Safari Kazingufu, chef de la police de Beni, a indiqué que ses forces s'étaient déployées dans la ville et autour des centres de soins pour rétablir l'ordre.
Des dizaines de personnes agitant des drapeaux congolais ont défilé sur le boulevard principal. Les magasins de cette grande ville étaient presque tous fermés, indiquent des habitants.
L'élection du successeur de Joseph Kabila, au pouvoir depuis l'assassinat de son père en 2001, devait avoir lieu en 2016, mais elle a été reportée à plusieurs reprises, officiellement faute de moyens, ce qui a donné lieu à de violentes manifestations.
Emmanuel Ramazani Shadary sera opposé dimanche à 20 autres candidats, dont les plus en vue sont Felix Tshisekedi, président du principal parti d'opposition, et le député Martin Fayulu, ancien dirigeant d'Exxon Mobil.
(Stanis Bujakera; Danielle Rouquié et Jean-Philippe Lefief pour le service français)
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