Egypte: Peine de deux ans confirmée en appel pour une militante
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LE CAIRE (Reuters) - Une militante égyptienne des droits de l'homme, qui avait accusé les autorités dans une vidéo de ne pas protéger les femmes du harcèlement sexuel, a été condamnée dimanche à deux ans de prison en appel, a annoncé son mari quelques jours après sa libération dans une autre affaire.
Amal Fathy pourrait de ce fait être arrêtée "à tout moment", dans l'attente d'un recours devant la cour de cassation, a déclaré son mari, Mohamed Lotfy.
La militante avait été arrêtée en mai dernier, quelques jours après avoir posté sur Facebook une vidéo de 12 minutes dans laquelle elle exprimait plusieurs sujets de mécontentement. Elle y évoquait notamment le harcèlement sexuel dont elle disait avoir été victime de la part d'un chauffeur de taxi et une dégradation des conditions de vie en Egypte.
Accusée de diffusion de fausses informations, d'atteinte à la sécurité nationale et de publication d'une vidéo indécente, Amal Fathy avait été condamnée en septembre à une peine de deux ans d'emprisonnement et à une amende de 10.000 livres égyptiennes (500 euros environ). Sa condamnation avait été suspendue dans l'attente d'un appel.
Dans l'autre affaire pour laquelle elle était en détention provisoire, elle avait été libérée jeudi, à condition qu'elle se présente au poste de police une fois par semaine et qu'elle ne quitte son domicile que pour des raisons médicales, a expliqué son mari.
Mohamed Lotfy, qui est directeur de la Commission égyptienne pour les droits et libertés, précise que les autorités n'ont jamais révélé à Amal Fathy ce qui lui était exactement reproché dans ce deuxième cas, si ce n'est qu'elle était accusée d'être "membre d'un groupe terroriste".
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Amnesty International a qualifié la peine de prison en appel d'"injustice scandaleuse".
"Le fait qu'une survivante du harcèlement sexuel soit punie d'une peine de deux ans d'emprisonnement simplement pour avoir parlé de son expérience est totalement scandaleux", déclare le groupe de défense des droits de l'homme dans un communiqué.
Amal Fathy, mère d'un enfant de trois ans, est membre du Mouvement de la jeunesse du 6 avril, désormais interdit, qui a participé aux manifestations de masse qui ont contraint le président Hosni Moubarak à quitter ses fonctions.
(Aidan Lewis; Danielle Rouquié pour le service français)
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