Manifestations en Bosnie après la mort de deux jeunes hommes
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BANJA LUKA, Bosnie (Reuters) - Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche pour demander la démission du ministre serbe bosnien de l'Intérieur, Dragan Lukac, l'accusant, ainsi que des policiers, d'avoir dissimulé le meurtre d'un étudiant de 21 ans.
David Dragicevic a été retrouvé mort en mars dans un ruisseau de Banja Luka, capitale de la République serbe de Bosnie, une des trois entités qui forment la Bosnie-Herzégovine. Depuis, son père Davor organise chaque jour une manifestation sur la place de la ville pour réclamer la vérité.
Sa quête s'est maintenant transformée en un mouvement plus vaste de citoyens lassés de la corruption et de ce qu'ils disent être le piètre Etat de droit de la Bosnie. Des manifestations plus modestes de solidarité avec le père en deuil ont eu lieu en Croatie et en Serbie la semaine dernière.
Une manifestation de solidarité a également eu lieu dimanche dans la capitale bosnienne, Sarajevo, où un autre père demande lui aussi la vérité sur ce qu'il dit être le meurtre de son fils.
Dans l'affaire de Banja Luka, la police a d'abord déclaré que David Dragicevic s'était suicidé, pour ensuite dire qu'il avait peut-être été tué. L'équipe chargée de l'enquête n'a trouvé aucune preuve de meurtre.
Les manifestants n'ont pas dit pourquoi ils soupçonnaient la police. Ils soulignent la longueur du temps écoulé sans que l'enquête ait abouti.
"Si un gars ordinaire avait tué mon enfant, il aurait été arrêté il y a longtemps. Ce doit être une personne très puissante", a déclaré Suzana Radanovic, la mère de David.
Dimanche sur la place, les manifestants ont scandé "Démission", "Lukac le tueur", "Justice pour David".
Le chef politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik, a déclaré dimanche que les demandes de la famille Dragicevic ne pouvaient pas être satisfaites car il n'y avait aucune preuve de l'implication de la police dans le meurtre. Il a également déclaré que les manifestations étaient manipulées par des politiciens de l'opposition.
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"La rue ne sera pas un modèle pour les décisions politiques en Republika Srpska", a déclaré Milorad Dodik lors de sa conférence de presse annuelle utilisant le nom serbe latin de la République serbe de Bosnie.
Des membres de l'opposition ont participé aux manifestations mais ont souligné qu'ils venaient en tant que citoyens et non en tant que politiques. Plusieurs d'entre eux, dont un député du parlement régional, ont été brièvement interpellés la semaine dernière lors d'une rixe avec la police qui avait arrêté Davor Dragicevic pour avoir proféré de menaces à l'encontre de Dragan Lukac.
La police a fouillé le domicile du père à la recherche d'armes. Elle l'a libéré après n'avoir trouvé aucune preuve.
(Reuters TV à Banja Luka et de Daria Sito-Sucic à Sarajevo; Danielle Rouquié pour le service français)
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