May dramatise les enjeux à la veille du vote sur le Brexit
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May s'exprimera devant le parlement a 15h30 gmt
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May s'exprimera devant le parlement a 15h30 gmt
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par Kylie MacLellan
LONDRES (Reuters) - A la veille du vote décisif à la Chambre des communes, la Première ministre britannique Theresa May a exhorté lundi les députés à donner une seconde chance à son accord de Brexit, avertissant que le fait de le rejeter pourrait entraîner à terme une dislocation pure et simple du Royaume-Uni.
"Je le dis aux élus de tous bords de cette chambre: quoi que vous ayez décidé, je vous prie, au cours des 24 heures qui viennent, de donner une seconde chance à l'accord", a déclaré la Première ministre.
"Non, il n'est pas parfait", a-t-elle dit à propos du texte soumis au vote. "Et oui, il s'agit d'un compromis", a-t-elle continué en invitant les députés à se demander comment le vote qu'ils exprimeront mardi sera jugé dans les manuels d'histoire. "Je dis que nous devons tenir nos engagements envers le peuple britannique et entreprendre de bâtir un avenir meilleur pour notre pays en soutenant l'accord demain."
Le vote sur l'accord de Brexit, initialement prévu le 11 décembre mais reporté in extremis par Theresa May pour tenter de fournir de nouvelles garanties et de convaincre les députés réticents, doit avoir lieu finalement mardi soir à la Chambre des communes, à deux mois et demi de la date du Brexit (29 mars à 23H00 GMT).
En un mois, la situation ne semble cependant pas avoir évolué et un rejet de l'accord de retrait apparaît dès lors comme l'issue la plus probable de ce vote crucial.
La dirigeante conservatrice a dit lundi après-midi devant les parlementaires ne pas avoir l'intention de demander un report du Brexit, pas plus que de démissionner en cas de rejet de l'accord.
Dans la soirée, lors d'une rencontre à huis clos avec les parlementaires de son Parti conservateur, elle a aussi brandi la menace d'un retour des travaillistes au pouvoir. "Elle a dit qu'elle voulait que nous nous concentrions sur deux choses: nous devons produire le Brexit et, deux, nous devons maintenir Jeremy Corbyn le plus loin possible du 10 Downing Street", a rapporté à la presse le député Nadhim Zahawi.
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Dans ce contexte électrique, Theresa May a aussi échangé lundi avec le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, et le président du Conseil européen, Donald Tusk, des lettres réaffirmant leurs engagements, dont celui de rechercher des moyens pour éviter d'activer la clause de sauvegarde ("backstop") sur la frontière irlandaise, qui cristallise l'opposition de nombre d'élus.
LES GARANTIES DE L'UE
Cette clause vise à éviter le rétablissement d'une frontière physique entre la province britannique d'Irlande du Nord et la République d'Irlande si Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre sur leurs futures relations commerciales avant la fin de la période de transition post-Brexit en décembre 2020.
Un peu plus tôt dans la journée, lors d'un déplacement dans une usine de porcelaine de Stoke-on-Trent, ville résolument pro-Brexit du centre de l'Angleterre, elle avait prévenu que le Royaume-Uni pourrait devoir renoncer à sortir de l'Union européenne (UE) si l'accord qu'elle a négocié avec Bruxelles n'était pas adopté par le Parlement de Westminster.
"Certains à Westminster voudraient repousser voire même arrêter le Brexit et ils utiliseront tous les moyens pour y parvenir", a-t-elle déclaré dans son discours.
Evoquant l'autre hypothèse, celle d'une sortie de l'UE sans accord ("no deal"), elle a prévenu que cela entraînerait "d'importantes perturbations à court terme" et jugé que le meilleur moyen d'éviter un tel risque était de "voter en faveur de mon accord".
Dans leur lettre, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk disent leur souhait de ne pas avoir à recourir à la clause de sauvegarde, dont ils rappellent qu'elle ne contraint pas l'Irlande du Nord à s'aligner sur les lois européennes "au-delà de ce qui est strictement nécessaire pour éviter une frontière physique".
Pour éviter d'avoir à l'activer, ils se disent prêts à signer l'accord de retrait du Royaume-Uni de l'UE dès que celui-ci aura été entériné par le Parlement britannique et à entamer immédiatement les négociations pour parvenir à un accord commercial avant fin 2020.
(avec Michael Holden, Elizabeth Piper et William James; Nicolas Delame et Eric Faye pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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