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L'armée patrouille dans les rues après des émeutes au Zimbabwe

reuters.com  |   |  365  mots
L'armee patrouille dans les rues apres des emeutes au zimbabwe[reuters.com]
(Crédits : Philimon Bulawayo)

HARARE (Reuters) - L'armée s'est déployée mardi dans les rues des principales villes du Zimbabwe pour dissuader les manifestants de descendre dans la rue, au lendemain d'émeutes contre la forte hausse des prix du carburant qui ont fait au moins trois morts.

Un agent de police a été lapidé à mort lundi par des manifestants à Bulawayo, la deuxième ville du pays, et deux autres personnes ont trouvé la mort au cours de manifestations à Chitungwiza, au sud de Harare, et à Kadoma, à l'ouest de la capitale, a déclaré la porte-parole de la police.

Selon des témoins, soldats et policiers se sont déployés mardi dans Harare, la capitale, et à Bulawayo. Dans ces deux villes, les banques, les écoles et les magasins sont restés fermés et de nombreux habitants de la capitale se sont plaints de ne plus avoir accès à internet.

Selon Amnesty International, internet a été coupé pour empêcher la population de soutenir ou d'organiser des manifestations. La ministre de l'Information, Monica Mutsvangwa, a dit ne pas être au courant d'une coupure du réseau internet.

Des manifestants qui se rassemblaient dans un faubourg de Harare ont été aspergés mardi matin de gaz lacrymogène par un hélicoptère des forces de sécurité.

Amnesty International a condamné la répression des manifestations, déclarant qu'au moins 200 personnes avaient été placées arbitrairement en détention et appelant les autorités à respecter le droit de manifester. Le gouvernement a fait lui aussi état de 200 arrestations lundi lors des manifestations.

Les protestataires ont dressé lundi des barricades, brûlé des pneus et scandé des slogans contre le chef de l'Etat, Emmerson Mnangagwa, qui a succédé en novembre 2017 à Robert Mugabe à la présidence après l'avoir écarté de la direction de la Zanu-PF, le parti au pouvoir.

Emmerson Mnangagwa, actuellement en visite à Moscou, et dont les promesses de retour à la prospérité du Zimbabwe tardent à se concrétiser, défend sa décision d'augmenter les prix du carburant, qui seraient selon lui les plus bas parmi les pays de la région.

(MacDonald Dzirutwe; Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français)