Macron exclut un retour de l'ISF avant l'évaluation de l'IFI
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"pas de tabou" sur l'isf, dit richard ferrand
Philippe Wojazer
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"pas de tabou" sur l'isf, dit richard ferrand
Philippe Wojazer
GRAND-BOURGTHEROULDE, Eure/PARIS (Reuters) - La question de l'impôt sur la fortune (ISF), dont le rétablissement est réclamé par les "Gilets jaunes", n'est pas un "tabou ni un totem" pour le gouvernement, a assuré mardi Emmanuel Macron, tout en excluant une nouvelle fois son retour avant que sa récente transformation n'ait été évaluée.
"Ce n'est pas du tout un tabou ni un totem", a dit le chef de l'Etat lors du lancement du "grand débat national" organisé en réponse au mouvement hétéroclite qui manifeste depuis deux mois en France pour réclamer plus de pouvoir d'achat.
"Beaucoup de gens qui disent 'il faut remettre l'ISF parce que comme ça on serait juste', je leur demande 'est-ce qu'on vivait mieux avant ? Ben non'", a-t-il souligné devant un parterre de 650 maires normands réunis à Grand-Bourgtheroulde (Eure). "Il ne faut pas raconter des craques, ce n'est pas parce qu'on remettra l'ISF comme il y était il y a un an et demi que la situation (...) s'améliorera".
"Ce que je sais c'est que si je le faisais demain (...), on dirait 'lui il est comme les autres, dès qu'il y un coup de grisou, lui il remballe ses idées'. Non", a-t-il ajouté.
L'ISF doit faire partie du débat, "ce n'est pas un truc caché" et sa transformation en impôt sur la fortune immobilière (Ifi) "doit être évaluée", a-t-il poursuivi. "On ne va pas renoncer à la réforme qui a été faite il y a un an mais les parlementaires vont regarder ce qui marche, ce qui ne marche pas, l'évaluer. S'il y a des mesures prises durant ces 20 mois qui n'ont pas d'effets, qui ne sont pas pertinentes, elles seront corrigées".
L'idée de remettre sur le métier la question de l'ISF à l'occasion du "grand débat" avait été soulevée avant lui par le président de l'Assemblée, Richard Ferrand, et celui du groupe La République en marche au Palais-Bourbon, Gilles Le Gendre.
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Interrogé sur France Inter sur la possibilité d'un retour de l'ISF afin de financer certains investissements, Richard Ferrand a dit y voir "une manière intéressante d'aborder le sujet". "Il n'y a pas de tabou", a-t-il ajouté. "Il n'y a pas d'attachement à telle ou telle disposition."
"GRANDE CONFUSION SUR LA FISCALITÉ DU CAPITAL"
Dans sa lettre aux Français diffusée dimanche soir, Emmanuel Macron dit son souhait d'aborder les thèmes qui intéressent les Français - "pas de questions interdites" - tout en respectant le travail engagé depuis le début de son quinquennat.
Rétablir l'ISF fait partie des principales revendications des "Gilets jaunes" qui manifestent depuis deux mois.
Pour Gilles Le Gendre, le sujet entre d'emblée dans le volet "fiscalité", l'un des quatre thèmes du "grand débat".
"Nous n'avons pas de tabou pour discuter de la surpression de l'ISF, de sa transformation en IFI, nous avons encore moins de tabou pour discuter de la question de la justice fiscale", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'Assemblée. "Mais si on entre dans ce grand débat pour détricoter systématiquement tout ce que nous avons fait depuis 18 mois, ça n'est pas honnête de dire 'oui c'est possible, vous pouvez y aller, vous êtes au ball-trap, tirez.'"
A ses côtés, la député LaRem Amélie de Montchalin a souligné "la grande confusion dans la fiscalité sur le capital."
"Derrière le mot ISF, beaucoup de Français pensent que les très hauts revenus ne paient plus d'impôts. On oublie de dire que 2% des ménages contribuent à 40% de l'impôt sur le revenu", a-t-elle rappelé. "La justice fiscale est un très bon thème, l'ISF est une porte d'entrée mais il faut qu'on soit clairs et explicites : est-ce que c'est les revenus qu'on veut taxer, les héritages (...), la flat tax, etc. Il faut remettre tout cela en perspective."
Sur Radio Classique, le ministre de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, a joué une autre partition.
A la question de savoir s'il considérait que l'ISF devait faire partie du grand débat, il a répondu : "Non, je ne le crois pas. Je pense qu'il ne faut pas refaire la campagne présidentielle. Sinon, nos institutions léguées par le général de Gaulle n'ont pas de sens. On va pas refaire le match de la présidentielle." Pour Gérald Darmanin, "l'ISF est un impôt idiot".
(Elizabeth Pineau à Paris et Marine Pennetier à Grand-Bourgtheroulde, édité par Yves Clarisse)
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