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Macron amorce une timide remontée dans les sondages

reuters.com  |   |  743  mots
Macron amorce une timide remontee dans les sondages[reuters.com]
(Crédits : Philippe Wojazer)

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Après avoir chuté au coeur de la crise des "Gilets jaunes", la cote d'Emmanuel Macron remonte dans les sondages, de même que celle de son camp en vue des élections européennes, dans le sillage de la posture d'autorité adoptée par le président.

Plusieurs enquêtes d'opinion publiées en ce début d'année montrent un léger mieux pour l'impopulaire chef de l'Etat, dont le niveau de satisfaction remonte de un à cinq points pour se situer entre 23% et 28%, dans les parages de son score de 24% du premier tour de l'élection présidentielle.

Un sondage Ifop-Fiducial publié mercredi montre en outre une embellie pour l'alliance La République en marche-Mouvement démocrate (LaRem-MoDem), qui gagne cinq points en un mois et repasse devant le Rassemblement national en terme d'intentions de vote en vue du scrutin du 26 mai.

Interrogés avant le lancement du "grand débat" en réponse à la crise des "Gilets jaunes", qui a donné lieu à un long échange entre Emmanuel Macron et plus de 600 maires mardi dans l'Eure, les sondés semblent approuver le choix présidentiel d'adopter une ligne mêlant réalisme, fermeté et appel au dialogue, notamment exprimée dans le message de voeux du Nouvel an.

"Depuis six mois, Emmanuel Macron donne l'impression de subir les évènements, c'est le premier moment où il reprend la main politiquement et semble donner le tempo", analyse Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Harris Interactive.

Le politologue lie cette légère remontée au traitement présidentiel de la crise des "Gilets jaunes" qui s'exprime depuis deux mois par des manifestations émaillées de violences.

"Son attitude marquant un regain d'autorité fait remonter sa cote, en particulier auprès des sympathisants de droite", a-t-il dit à Reuters.

"LES FRANÇAIS N'AIMENT PAS LE CHAOS"

Mais pour le député Les Républicains (LR) Damien Abad, l'électorat de droite n'est "pas dupe" d'un président désireux "d'instaurer un match 'moi ou le chaos'".

"Ce qui a distillé du désordre, du chaos et du désarroi, c'est la politique de ce gouvernement", a-t-il à Reuters. "Quand il fait un match binaire entre lui et les extrêmes, forcément notre électorat préfère le camp de l'ordre et de l'autorité."

Le député La France insoumise Eric Coquerel ne croit pas, pour sa part, à des sondages qu'il juge "bidon". "Ça ne correspond absolument pas à ce qu'on vit, ce qu'on sent dans le pays. Même si j'ai compris qu'il voulait devenir à lui seul le parti de l'ordre, Emmanuel Macron n'est pas sorti de l'ornière", a-t-il dit à Reuters à l'Assemblée nationale.

La majorité veut croire au contraire, comme le député LaRem Jean-Baptiste Moreau, à la validation d'un président "à l'écoute des Français, qui s'adapte à la situation, garant des institutions puisqu'élu il y a 18 mois, tout comme nous."

Son collègue Jean-Baptiste Djebbari dit avoir constaté un frémissement en ce sens sur le terrain. "En circonscription on me dit 'on conteste parfois votre politique mais on veut sortir de cette séquence'. Et puis les violences ont joué un jeu (...) Les Français n'aiment pas le chaos. Le grand débat sera une façon intelligente de sortir par le haut", a-t-il souligné.

Il voit dans le dernier sondage sur les européennes un "encouragement à avoir une liste consensuelle, attractive", qui ne devrait pas être dévoilée avant février, "grand débat" oblige. "Nous sommes les seuls à défendre un projet européen positif qui ne fait pas l'impasse sur les fragilités voire une forme de faillite de l'Union européenne telle qu'elle est."

Mais pour Damien Abad, dont le camp peine à s'entendre sur une ligne européenne derrière Laurent Wauquiez, LaRem aurait tort de tirer trop tôt des conclusions à cinq mois du scrutin.

"L'affiche est loin d'être faite, il y aura un sprint final. On va désigner prochainement notre tête de liste et démontrer qu'il y a deux chemins mortifères pour l'Europe : celui d'Emmanuel Macron qui est celui d'une Europe fédérale d'abandon des souverainetés nationales, et celui des extrêmes", dit-il.

Jean-Daniel Lévy invite lui aussi à la prudence face à une "une légère remontée, qui n'est pas décollage" du camp présidentiel, alors qu'"on est encore loin des élections."

(Edité par Yves Clarisse)