Trump n'est pas prêt à un accord à n'importe quel prix avec Pékin
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Yuri Gripas
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Trump n'est pas pret a un accord a n'importe quel prix avec pekin
Yuri Gripas
par Jeff Mason
WASHINGTON (Reuters) - Même si le président américain Donald Trump veut donner un coup de fouet aux marchés en concluant un pacte commercial avec la Chine, il ne transigera pas sur certains dossiers brûlants, en particulier la protection de la propriété intellectuelle et les transferts de technologies forcés, de l'avis de certains de ses conseillers.
Les Etats-Unis accusent la Chine d'enfreindre le droit des brevets et d'obliger les sociétés américaines à partager leurs technologies si elles veulent faire des affaires sur place, ce que cette dernière nie.
Les deux parties ont jusqu'au 1er mars pour s'entendre faute de quoi de nouveaux droits de douane, portés de 10% à 25%, s'appliqueront sur 200 milliards de dollars de biens chinois importés mais elles sont loin du compte sur certains points fondamentaux et indispensables à la conclusion d'un accord, selon des sources au fait des discussions.
Ces dernières doivent reprendre à l'occasion d'un déplacement à Washington fin janvier du vice-Premier ministre chinois Liu He.
"Nous n'en sommes pas arrivés au point où nos préoccupations ont été suffisamment prises en compte", a dit un haut fonctionnaire américain, ajoutant que la délégation américaine, emmenée par Robert Lighthizer, le représentant au Commerce réputé avoir une ligne dure, mettait en avant ces points fondamentaux en sus des questions purement commerciales.
Larry Kudlow, conseiller économique de la Maison blanche, a dit à Reuters que les transferts de technologie obligés, le vol de propriété intellectuelle et l'encadrement de l'actionnariat des entreprises chinoises étaient des priorités absolues pour Donald Trump.
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"Le président a souligné à plusieurs reprises l'importance de la chose et il restera inflexible", a-t-il déclaré.
L'absence de progrès dans les discussions a amené le gouvernement américain à décliner une rencontre avec une délégation chinoise en vue de préparer la visite de Liu He, a fait savoir à Reuters une source autorisée.
Le Financial Times a lui aussi écrit qu'une proposition de réunion préparatoire avait été rejetée mais la Maison Blanche a démenti qu'il y ait eu annulation de la moindre réunion.
"Il n'y a rien de vrai dans cette histoire", a dit Kudlow à CNBC, au sujet de l'article du Financial Times.
"Les équipes restent en contact en vue de préparer des discussions de haut niveau avec le vice-Premier ministre Liu He à la fin du mois", a déclaré Lindsay Walter, porte-parole de la Maison Blanche.
Trump et le président chinois Xi Jinping ont conclu un cessez-le-feu commercial en marge du sommet du Groupe des Vingt (G20) de Buenos Aires l'an passé, se donnant 90 jours pour aboutir à un compromis.
"Il y a du progrès en ce que les deux parties discutent mais il n'y encore rien de couché sur le papier", a dit l'une des sources au fait des discussions.
Trump a dépeint l'évolution des discussions sino-américaines comme étant largement positives, conscient des répercussions des tensions commerciales sur les marchés.
L'indice S&P-500 a enregistré vendredi son gain le plus élevé sur quatre semaines depuis 2011, après avoir décroché de près de 20% la veille de Noël par rapport à son record de clôture de septembre. Il a à nouveau perdu du terrain mardi; Wall Street était fermée lundi pour le Martin Luther King Day.
"Nous avons eu un nombre de réunions tout à fait exceptionnel et un accord avec la Chine pourrait bien survenir; ça se passe très bien", avait déclaré Trump samedi à la Maison blanche.
La Chine a proposé plus de 1.200 milliards de dollars d'engagements financiers sur le commerce international, avait dit en décembre le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin.
Pour Trump ou son équipe, ce n'est pas suffisant.
"Penser qu'on se contentera de simples 'engagements' c'est faire fi du passé", a lancé le haut fonctionnaire américain.
Les délégués chinois se sont certes engagés à acheter suffisamment de produits américains pour éradiquer le déficit commercial des Etats-Unis avec la Chine, à l'occasion de discussions qui se sont tenues à Pékin ce mois-ci, a observé Scott Kennedy, chef de projet du Center for Strategic and International Studies.
Mais, a-t-il ajouté, les Chinois ont bien dit que tout dépendrait des conditions que soumettraient les entreprises chinoises.
Les Chinois ont laissé entendre qu'à leur sens ils avaient répondu aux préoccupations américaines en matière de propriété intellectuelle par le biais d'une nouvelle loi et d'autres dispositions, a poursuivi Kennedy.
"Ca n'a pas suffi à satisfaire les négociateurs américains; on verra si les Chinois cèdent davantage sur ce point ou s'ils tentent quelque chose du côté des achats de biens, espérant que Trump se laisse griser par la perspective des grands nombres induits", a-t-il expliqué.
(Avec Michael Martina à Pékin, David Lawder et Chris Prentice à Washington, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)
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