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Brexit: L'UE attend avec impatience le vote aux Communes

reuters.com

Publié le 28 janvier 2019 à 15:49 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:01

Brexit: l'ue attend avec impatience le vote aux communes

Brexit: l'ue attend avec impatience le vote aux communes

Clodagh Kilcoyne

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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BRUXELLES (Reuters) - Les Européens auront les yeux rivés mardi sur la Chambre des communes, appelée à se prononcer sur une série d'amendements au projet négocié par Theresa May, rejeté massivement par les élus le 15 janvier dernier.

A moins de neuf semaines de l'échéance, aucun consensus n'a encore émergé à Londres sur la manière, ni même l'opportunité de mener à bien ce retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Les eurosceptiques du Parti conservateur pressent la Première ministre britannique d'obtenir de l'UE l'abandon du backstop - le filet de sécurité censé empêcher le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord - et de trouver une solution alternative.

Les pro-européens poussent de leur côté en faveur d'un report ou d'un abandon du Brexit, programmé jusqu'à nouvel ordre le 29 mars à 23h00 GMT.

"C'est vraiment difficile d'imaginer comment construire une majorité favorable à un accord à partir d'une telle diversité" d'opinions, a commenté lundi Sabine Weyand, l'adjointe de Michel Barnier, le négociateur en chef de la Commission.

Dans une critique à peine voilée de la stratégie de Theresa May, la négociatrice allemande a déploré que personne en Grande-Bretagne ne "s'approprie" l'accord négocié pendant un an et demi entre Bruxelles et Londres, et a regretté le manque de transparence dans les décisions de la Première ministre conservatrice britannique.

Tout comme le ministre irlandais des Affaires étrangères avant elle, Sabine Weyand a exclu une énième fois toute renégociation de l'accord de divorce.

A Paris, on souligne également que "l'accord de retrait et le 'backstop' ne sont pas renégociables (...), cette voie est une impasse".

"En revanche, on peut discuter de la relation future avec le Royaume-Uni. Ce n'est pas à nous de dire ce que veulent les Britanniques, entre une option norvégienne, une option canadienne, une union douanière...", a-t-expliqué de source élyséenne. "Si les positions britanniques évoluent sur ce point, nous y sommes ouverts, comme toujours dans le respect des intérêts européens".

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Des responsables européens suggèrent cependant que des amendements pourraient être envisagés à condition que Theresa May formule des demandes claires et viables ayant une chance d'obtenir une majorité au Parlement.

Selon Brandon Lewis, président du Parti, elle a demandé lundi à des élus conservateurs, qu'elle rencontrait en privé, de se prononcer en faveur d'un amendement proposé par Graham Brady réclamant le remplacement du "backstop".

BRUXELLES A DE LA MARGE SUR LA DÉCLARATION POLITIQUE

A Bruxelles, on n'exclut pas de garantir publiquement que le backstop ne sera pas activé, ou qu'il ne le sera que brièvement, ni d'amender la déclaration politique accompagnant le traité de divorce, qui doit définir les relations entre Londres et l'UE au terme d'une période de transition.

"Nous avons de la marge sur la déclaration politique. Ce qu'il nous faut, ce sont des décisions côté britannique sur la direction choisie", a insisté Sabine Weyand lors d'une conférence organisée par l'European Policy Center, un groupe d'études basé à Bruxelles.

"Nous sommes ouverts à des arrangements alternatifs. Le problème avec l'amendement Brady, c'est qu'il ne précise pas leur nature", a-t-elle ajouté.

L'UE a aussi clairement signifié qu'au cas où le Royaume-Uni déciderait de rester dans l'union douanière, ce que préconise l'opposition travailliste, le backstop n'aurait plus de raison d'être.

Les dirigeants européens sont prêts à laisser plus de temps à Theresa May, au-delà du 29 mars, si la Première ministre parvient à les convaincre qu'elle emploiera ce délai à garantir un retrait ordonné du Royaume-Uni, ou pas de retrait du tout.

"Theresa May doit nous montrer une majorité pour quelque chose de concret. Qu'elle revienne et nous dise précisément ce qu'il lui faut pour que l'accord soit approuvé", explique une source européenne à Reuters.

"Tous les yeux seront tournés vers la Chambre des communes, quels amendements vont être adoptés, ce qu'on peut construire sur cette base, sans doute autour de la mi-février", ajoute ce responsable.

UN AMENDEMENT PROPOSE UN REPORT DU BREXIT À DÉCEMBRE

Le président de la Chambre des communes, John Bercow, annoncera mardi vers 13h00 GMT quels amendements auront été retenus pour être débattus et votés.

Parmi ceux ayant reçu le plus de signatures, l'un, déposé par la conservatrice Caroline Spelman et soutenu par des élus de tous bords, exclut une sortie sans accord du Royaume-Uni de l'UE. Le gouvernement se borne à déclarer qu'il n'optera pas délibérément pour un "no-deal".

Un autre amendement, proposé par l'élue travailliste Yvette Cooper et appuyé par une poignée d'élus conservateurs, donnerait jusqu'au 26 février à Theresa May pour faire ratifier un accord, faute de quoi le Parlement prendrait l'initiative en votant sur l'opportunité de demander à l'Union européenne un report de la mise en oeuvre de l'article 50 du traité européen.

L'idée serait de prolonger le calendrier de neuf mois et de repousser la date du divorce au 31 décembre.

(Alastair Macdonald et Gabriela Baczynska, avec William James à Londres et Graham Fahy à Dublin; Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service français)

reuters.com

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