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Douze pays de l'UE reconnaissent Guaido comme président du Venezuela

reuters.com

Publié le 04 février 2019 à 07:21 - Mis à jour le 13 décembre 2024 à 00:00

Venezuela: maduro rejette l'ultimatum des europeens

Venezuela: maduro rejette l'ultimatum des europeens

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BRUXELLES/CARACAS (Reuters) - Douze pays de l'Union européenne ont reconnu lundi le président de l'Assemblée vénézuélienne Juan Guaido en tant que chef de l'Etat par intérim.

Il s'agit de la France, du Royaume-Uni, de l'Espagne, de l'Allemagne, de l'Autriche, du Danemark, de la Suède, du Portugal, des Pays-Bas, de l'Estonie, de la République tchèque et de la Pologne.

L'Italie et l'Irlande ont cependant refusé de suivre leur exemple.

Le socialiste Nicolas Maduro, réélu à la tête du Venezuela en mai dernier, a rejeté l'ultimatum que lui avaient fixé plusieurs pays de l'UE [nL8N1ZQ0IG] et a écarté l'hypothèse d'un nouveau scrutin présidentiel.

Juan Guaido, chef de file de l'opposition, s'est proclamé chef d'Etat par intérim le 23 janvier.

Le gouvernement de Caracas a "rejeté avec énergie" la décision des pays européens de reconnaître Guaido et annoncé qu'il allait revoir ses relations bilatérales avec ces Etats.

Sur Twitter, le président français Emmanuel Macron a annoncé que la France le reconnaissait comme "président en charge" pour mettre en oeuvre un processus électoral.

"Les Vénézuéliens ont le droit de s'exprimer librement et démocratiquement", a-t-il écrit. "La France reconnaît Juan Guaido comme 'président en charge' pour mettre en oeuvre un processus électoral. Nous soutenons le Groupe de contact, créé avec l'UE, dans cette période de transition."

Pour sa part, l'Italie a bloqué l'adoption d'une déclaration commune des pays de l'Union européenne reconnaissant Juan Guaido comme chef de l'Etat, a-t-on appris de sources diplomatiques à Bruxelles.

Dans un entretien au journal Corriere della Sera de lundi, Juan Guaido dit justement l'importance qu'il accorde au soutien de l'Italie dans son bras de fer avec le président Nicolas Maduro. "Nous ferons tout ce qui est possible pour que le gouvernement italien ajoute son soutien - qui est très important pour nous - à celui du reste de l'Union européenne", dit Juan Guaido.

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LE GOUVERNEMENT ITALIEN DIVISÉ

Le président de la République italienne Sergio Mattarella a invité les deux partis de la coalition gouvernementale à Rome, la Ligue et le Mouvement 5 Etoiles (M5S), à surmonter leurs divergences et à apporter leur soutien à Juan Guaido.

Si la Ligue d'extrême droite a exprimé son soutien au président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, le M5S a refusé de le faire. "Poser des ultimatums, imposer des sanctions (...), c'est ouvrir la voie à une intervention militaire", a déclaré Alessandro Di Battista, l'un des dirigeants du M5S.

"Le Mouvement 5 Etoiles et ce gouvernement ne reconnaîtront jamais quelqu'un qui se proclame de lui-même président", a-t-il ajouté.

Mais pour Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue et vice-président du Conseil, "Maduro est l'un des derniers dictateurs de gauche qui gouverne par la force et affame son peuple".

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Simon Coveney, a également déclaré que son pays ne reconnaîtrait pas Guaido comme chef de l'Etat. "Non, (nous ne le ferons pas). Notre position est claire: nous voulons des élections libres afin que le peuple prenne une décision démocratique".

Le ministre maltais des Affaires étrangères, Carmelo Abela, a déclaré à Bruxelles que l'UE n'envisageait pas un embargo pétrolier contre le Venezuela mais étudiait de nouvelles sanctions, notamment un gel de fonds et une interdiction de voyager visant des personnalités du régime.

Le Kremlin a dénoncé l'initiative des pays européens comme une ingérence étrangère dans les affaires intérieures du Venezuela, en soulignant que ce sont les Vénézuéliens eux-mêmes qui doivent décider de leur avenir, pas des pays étrangers.

Dans un entretien accordé à la chaîne espagnole Antena 3, enregistré la semaine dernière et diffusé dimanche, Nicolas Maduro a déclaré ne "pas se préoccuper de ce que dit l'Europe".

"Nous ne recevons d'ultimatum de personne", a-t-il affirmé. "Je refuse de convoquer des élections maintenant. Il y en aura en 2024."

MOSCOU ET PÉKIN SOUTIENNENT MADURO

Donald Trump, qui a reconnu dès le mois dernier Juan Guaido comme président, a dit ne pas exclure l'envoi de troupes américaines au Venezuela. "C'est certainement une option", a-t-il dit dimanche à CBS.

Le président américain a ajouté avoir décliné une demande d'entretien de Nicolas Maduro.

La Russie, la Chine et la Turquie continuent à soutenir le dirigeant socialiste, qui bénéficie toujours de l'appui, primordial, des forces armées vénézuéliennes.

Moscou, important bailleur de fonds du Venezuela ces dernières années, a appelé dimanche à la retenue.

"L'objectif de la communauté internationale doit être d'aider (le Venezuela) sans ingérence destructrice de l'étranger", a estimé Alexandre Chtchetinine, directeur du département Amérique latine au ministère russe des Affaires étrangères, cité par l'agence de presse Interfax.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi dans tout le Venezuela pour réclamer le départ de Maduro, dont le second mandat a débuté le 10 janvier après sa réélection contestée de l'an dernier.

L'ambassadeur du Venezuela en Irak, Jonathan Velasco, a été ce week-end le dernier responsable vénézuélien à reconnaître Juan Guaido comme président.

Le général d'armée de l'air Francisco Yanez a dans une vidéo appelé les militaires à faire défection mais, pour l'heure, aucun signe ne laisse penser que son appel ait été suivi d'effets.

Depuis plusieurs jours, Nicolas Maduro supervise régulièrement des exercices militaires afin de montrer qu'il a le soutien de l'armée et qu'elle est prête à défendre le pays.

(Marine Pennetier, Brian Ellsworth, Guy Faulconbridge, Jose Rodriguez, Andrew Osborn, Andrey Ostroukh et Maria Vasilyeva; Jean-Philippe Lefief, Eric Faye, Jean Terzian et Guy Kerivel pour le service français)

reuters.com

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