Un discours sur l'état de l'Union à l'ombre du mur de Trump
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Un discours sur l'etat de l'union a l'ombre du mur de trump
JIM YOUNG
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Un discours sur l'etat de l'union a l'ombre du mur de trump
JIM YOUNG
par Steve Holland
WASHINGTON (Reuters) - Le mur que Donald Trump entend ériger à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique devrait dominer le discours sur l'état de l'Union que le président américain prononcera mardi soir devant le Congrès après avoir perdu la première manche de son bras de fer contre les démocrates.
Donald Trump s'exprimera à partir de 21h00 (02h00 GMT mercredi) devant les élus de la Chambre des représentants et ceux du Sénat dans un contexte de forte tension entre Capitol Hill et la Maison blanche.
Après 35 jours d'un blocage partiel de l'administration américaine (le plus long de l'histoire des Etats-Unis), Trump a accepté la réouverture de l'ensemble des institutions fédérales sans avoir obtenu les 5,7 milliards de dollars (5 milliards d'euros environ) qu'il réclame pour la construction d'une barrière à la frontière sud du pays.
S'il a accepté de céder face à la détermination des démocrates et face aux pressions de certains républicains, le président américain n'a pas pour autant renoncé à la promesse phare faite à ses électeurs lors de la campagne de 2016.
Le "shutdown" est suspendu plus qu'il n'est réglé, Donald Trump ayant brandi la menace de recourir à nouveau à ce levier de négociation si les parlementaires ne parviennent pas à dégager un accord bipartisan sur la sécurité à la frontière mexicaine d'ici le 15 février.
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Si les démocrates refusent d'assouplir leur position face à un projet qu'ils jugent inutile et inefficace, le président pourrait décréter l'état d'urgence nationale pour tenter de faire ériger cet édifice frontalier réclamé par sa base électorale.
A plusieurs reprises, Trump s'est dit prêt à recourir à cette prérogative présidentielle sans jamais franchir le pas et sans mettre sa menace à exécution.
Plusieurs républicains ont tenté de le dissuader de poursuivre plus avant dans cette voie, le leader de la majorité au Sénat Mitch McConnell affirmant soutenir toutes les initiatives de nature à empêcher la répétition d'un blocage, source de mécontentement dans l'opinion américaine.
TENTATIVE D'OUVERTURE
Selon un sondage Reuters/Ipsos, plus de la moitié des Américains estiment que Donald Trump est seul responsable du "shutdown" entamé juste avant Noël.
"Il (Trump) va préparer le terrain. Il va dire aux gens qu'il donne une seconde chance au Congrès d'agir", a expliqué une source proche du président.
Il va "appeler le Congrès à rejeter la stratégie de la résistance et de la punition et d'embrasser à la place un esprit de coopération et de compromis", a déclaré un responsable de l'administration américaine.
Préparant la campagne pour son éventuelle réélection en 2020, Trump devrait également chercher à dégager des terrains d'entente avec ses adversaires démocrates comme sur la nécessité d'une modernisation des infrastructures ou une réduction du coût des prescriptions pharmaceutiques et médicales.
L'homme d'affaires a entamé le 20 janvier sa troisième année à la Maison blanche par une défaite face à la pugnacité de Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, et dans une situation d'isolement y compris au sein de son propre camp.
Les enquêtes d'opinion montrent une cote de popularité en berne tandis qu'environ un tiers de l'électorat du GOP verrait d'un bon oeil une autre candidature que celle de Trump l'année prochaine.
BONNE SANTÉ ÉCONOMIQUE
Dans ce contexte, le discours sur l'état de l'Union reporté d'une semaine à l'initiative de Pelosi en raison du "shutdown" apparaît comme une occasion pour Trump de reprendre la main sur l'agenda politique.
Cet événement de la vie nationale américaine, dans lequel le protocole prime souvent sur le fond, relève de la tradition et non de l'obligation mais Donald Trump ne semblait pas prêt à faire l'impasse sur un tel exercice de style.
Outre le mur, dont l'ombre risque d'éclipser en partie les autres sujets, Trump devrait égrener l'agenda de sa politique étrangère : le soutien à Juan Guaido qui s'est proclamé président par intérim au Venezuela, le retrait de Syrie et la lutte contre le groupe Etat islamique, le prochain sommet avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un mais aussi les négociations commerciales avec la Chine.
Donald Trump devrait enfin profiter de cette tribune pour vanter les mérites de sa politique économique grâce à la déréglementation avec des statistiques de l'emploi au beau fixe, précise une source à la présidence.
Comme le note le stratège républicain et ancien conseiller de la Maison blanche Raj Shah, ce discours offre à Trump l'opportunité de tourner une page et de refermer une séquence globalement défavorable.
"Le discours sur l'état de l'Union est l'occasion de voir grand et de parler de sujets généraux sur ce qui est bon pour l'Amérique et de regarder au-delà des questions qui ont occupé les dernières semaines", explique Raj Shah.
Reste le tempérament imprévisible du président américain qui, dimanche encore, affirmait sur son compte Twitter : "S'il n'y a pas de mur, il n'y a pas de sécurité."
(Pierre Sérisier pour le service français)
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