Brexit: Tusk espère que May fera des propositions "réalistes"
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Brexit: tusk espere que may fera des propositions "realistes"
YVES HERMAN
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Brexit: tusk espere que may fera des propositions "realistes"
YVES HERMAN
BRUXELLES (Reuters) - Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a répété mercredi que l'Union européenne ne renégocierait pas l'accord de Brexit tout en disant espérer que Theresa May viendrait jeudi à Bruxelles avec des "suggestions réalistes" pour sortir de l'impasse.
A l'issue d'un entretien avec le Premier ministre irlandais Leo Varadkar, il a répété que les Vingt-Sept ne renonceraient pas à la clause de sauvegarde ("backstop"), qui cristallise l'opposition à l'accord de sortie de l'Union européenne négocié entre Bruxelles et Londres.
En visite mercredi à Belfast, la Première ministre a mené de nouvelles consultations pour tenter de tenter de trouver une alternative au "backstop" visant à empêcher le rétablissement d'une frontière physique entre la province d'Irlande du Nord et la République d'Irlande après le divorce.
Elle s'est notamment entretenue avec Arlene Foster, la dirigeante du Parti unioniste nord-irlandais (DUP), partenaire minoritaire de sa coalition gouvernementale au Parlement de Westminster, qui a campé sur sa position d'un refus catégorique de la clause de sauvegarde.
"Le backstop est le problème, il doit être remplacé", a asséné Arlene Foster.
L'absence d'alternative claire au "backstop" menace de plus en plus de précipiter le Royaume-Uni vers une sortie sans accord ("no deal") le 29 mars prochain.
La dirigeante du parti nationaliste irlandais Sinn Fein ne s'est guère montrée optimiste à l'issue de son entretien avec Theresa May mercredi à Belfast.
La Première ministre n'avait rien à proposer, a déploré Mary Lou McDonald. "Elle est venue les mains vides, sans projet et sans honneur", a-t-elle grincé, accusant Londres de mettre en danger l'Accord du Vendredi Saint, qui a mis fin à la guerre civile en Irlande du Nord en 1998.
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"Si les dirigeants britanniques ne veulent pas accepter les besoins spécifiques de ce pays, du nord de l'Irlande, si les dirigeants britanniques sont incapables de respecter l'Accord du Vendredi Saint et d'empêcher le rétablissement d'une frontière physique, alors la seule autre solution - le 'backstop' en dernier recours - sera un référendum sur la réunification de l'Irlande", a poursuivi la dirigeante du Sinn Fein.
"PLACE EN ENFER"
Signe de l'exaspération croissante provoquée par les débats sans fin sur le "backstop", Donald Tusk s'en est aussi vivement pris aux partisans du Brexit après son entretien avec Leo Varadkar.
"Je me demande souvent à quoi ressemble cette place en enfer pour les promoteurs du Brexit qui n'ont même pas le début d'une idée sur le moyen de le mettre en oeuvre en toute sécurité", a-t-il dit.
La critique a fait bondir les "Brexiters", à commencer par l'ancien président du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (Ukip) Nigel Farage, un des grands acteurs du référendum de 2016.
"Après le Brexit, nous serons libérés des petites frappes arrogantes et non élues comme vous et nous dirigerons nous-mêmes notre pays - pour moi, ça ressemble plutôt au paradis", a-t-il rétorqué.
Leo Varadkar a répété de son côté que l'accord rejeté le mois dernier par le Parlement britannique était "le meilleur possible", disant voir dans l'instabilité politique actuelle au Royaume-Uni la démonstration que le "backstop" est nécessaire.
Reçu ensuite par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre irlandais a indiqué que son pays se préparait à un "no deal" et qu'il serait prêt à en assumer les conséquences le 29 mars s'il n'est pas possible de faire autrement.
Comme son hôte, qui s'entretiendra jeudi avec Theresa May à Bruxelles, il a cependant dit espérer qu'une "solution" pourrait être trouvée d'ici là.
"Il appartient à ceux qui ont créé le problème de faire preuve de créativité", a ajouté Leo Varadkar en allusion aux propos tenus par Theresa May dans une tribune publiée dimanche dans la presse.
(Gabriela Baczynska et Alastair Macdonald, avec Amanda Ferguson à BELFAST et Guy Faulconbridge à LONDRES; Tangi Salaün pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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