Le meurtre de Khashoggi commis par des officiels saoudiens, selon l'Onu
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Khashoggi victime d'un "meurtre brutal, prepare et commis par des officiels saoudiens"
Jose Cabezas
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Khashoggi victime d'un "meurtre brutal, prepare et commis par des officiels saoudiens"
Jose Cabezas
par Stephanie Nebehay
GENEVE (Reuters) - Les éléments réunis par la mission d'enquête de l'Onu démontrent que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été "victime d'un meurtre brutal et prémédité, préparé et commis par des officiels de l'Etat d'Arabie saoudite".
Agnès Callamard, chargée par l'Onu de conduire l'enquête indépendante internationale sur la mort du journaliste, a précisé jeudi que son équipe avait eu accès à des extraits d'enregistrements audio "glaçants et épouvantables" que les services du renseignement turcs ont pu se procurer.
La mission d'enquête, qui a passé une semaine en Turquie du 28 janvier au 3 février, déplore par ailleurs que l'Arabie ait "sérieusement nui" aux tentatives de la Turquie d'enquêter sur les circonstances de sa mort.
L'enquêtrice française, rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions sommaires ou arbitraires, a ajouté avoir demandé à pouvoir se rendre en Arabie saoudite. Elle a fait part de ses "inquiétudes majeures" quant à l'équité du procès des onze personnes accusées par la justice saoudienne d'avoir commis ce meurtre.
"Les éléments de preuve réunis lors de ma mission en Turquie montrent de prime abord que M. Khashoggi a été la victime d'un meurtre brutal et prémédité, préparé et commis par des responsables de l'Etat d'Arabie saoudite", a dit Agnès Callamard dans un communiqué.
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L'enquêtrice ajoute que les autorités saoudiennes ont "gravement nui" et retardé pendant 13 jours les tentatives de la Turquie pour enquêter sur la scène du crime.
Jamal Khashoggi, un journaliste saoudien critique envers la politique du prince héritier Mohamed ben Salman, a été tué le 2 octobre dernier dans les locaux du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.
Les experts de l'Onu "n'ont pas pu établir avec certitude si le projet de départ était un enlèvement de M. Khashoggi, et que son meurtre ne devait intervenir qu'en cas d'échec de l'enlèvement", a-t-elle poursuivi.
Le retard dans l'accès des enquêteurs turcs aux locaux du consultat ainsi que "le nettoyage de la scène de crime" ont fortement hypothéqué la capacité à "recueillir des preuves parlantes".
Le plan mis au point par les Saoudiens prévoyait "le déplacement des trois équipes qui ont mené l'opération, la présence d'un individu se faisant passer pour Khashoggi et quittant le consulat, la présence d'un médecin légiste, la fuite des membres des équipes et bien sûr la disparition du cadavre de M. Khashoggi".
"DÉRAISONNABLE"
Il est "déraisonnable" que les autorités saoudiennes continuent à ne pas dévoiler où se trouvent les restes du journaliste alors qu'elles ont admis "qu'il avait été tué dans les locaux du consulat".
La CIA est convaincue que "MbS" a ordonné son assassinat. Ryad dément toute implication du prince.
L'enquêtrice a reçu la promesse d'avoir accès aux rapports de police et aux conclusions de la médecine légale qui pourraient se révéler essentiels pour ses investigations.
Un porte-parole du procureur général saoudien avait annoncé l'an passé que 21 personnes avaient été placées en détention dans le cadre de cet assassinat et que 11 avaient été inculpées et attendaient d'être jugées.
Le procureur a précisé qu'il entendait demander la peine capitale pour ces onze prevenus.
Le rapport de la mission d'enquête est attendu pour le mois de juin.
(Stephanie Nebehay; Henri-Pierre André pour le service français)
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