La fiancée de Khashoggi veut voir Trump évoluer sur l'affaire
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Khashoggi: ankara deplore le manque de transparence des saoudiens
Osman Orsal
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Khashoggi: ankara deplore le manque de transparence des saoudiens
Osman Orsal
ISTANBUL (Reuters) - La fiancée du journaliste Jamal Khashoggi souhaite voir Donald Trump infléchir sa position envers les responsables de l'assassinat de l'opposant saoudien, tué le 2 octobre dernier alors qu'il se trouvait au consulat d'Arabie à Istanbul.
Donald Trump s'oppose aux efforts du Congrès américain pour adopter des mesures de rétorsion envers le royaume wahhabite, faisant valoir que les ventes d'armes entretiennent un important gisement d'emplois aux Etats-Unis.
Son administration rechigne de même à modifier les relations stratégiques entre Washington et le royaume, considéré comme un important contrepoids régional à l'Iran, grand ennemi d'Israël.
Des parlementaires républicains et démocrates ont présenté jeudi une proposition de loi interdisant la vente d'armes et imposant des sanctions aux dirigeants saoudiens jugés responsables de l'assassinat du journaliste.
La fiancée de Khashoggi, Hatice Cengiz, a été invitée aux Etats-Unis par Donald Trump mais a jusqu'à présent décliné l'invitation, de crainte que sa visite ne soit instrumentalisée par la Maison blanche.
"Je pourrais me rendre en Amérique en mars", a toutefois dit la fiancée de Khashoggi vendredi, lors d'une conférence de presse à l'occasion de la parution de son livre sur le journaliste assassiné. "Je me féliciterais de voir [Trump] adopter une nouvelle position sur cette affaire, ou de le voir prendre de nouvelles mesures."
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UNE "BALLE" POUR KHASHOGGI
A Ankara, par ailleurs, un conseiller du président turc Recep Tayyip Erdogan a déploré vendredi "le manque total de transparence" des autorités saoudiennes dans l'enquête sur l'assassinat de Khashoggi.
"Ces quatre derniers mois, les autorités saoudiennes ont été plus que réticentes dans leurs rapports avec leurs homologues turcs et avec la communauté internationale", affirme dans une note écrite à Reuters Fahrettin Altun, directeur de la communication à la présidence turque.
"Les autorités saoudiennes doivent extrader les assassins de M. Khashoggi vers la Turquie où a été commis ce meurtre prémédité. Ce serait la preuve qu'elles veulent servir la cause de la justice", ajoute-t-il.
L'Arabie saoudite a déjà rejeté une demande d'extradition présentée par la Turquie concernant les onze suspects, dont cinq risquent la peine de mort en Arabie saoudite.
"Le monde regarde. La Turquie, comme toutes les nations qui croient en la démocratie et la liberté, recherche la justice et la vérité."
Les éléments réunis par la mission d'enquête de l'Onu démontrent que Jamal Khashoggi a été "victime d'un meurtre brutal et prémédité, préparé et commis par des officiels de l'Etat d'Arabie saoudite".
Selon le New York Times de jeudi, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salman, a déclaré en 2017 à l'un de ses conseillers qu'il utiliserait "une balle" contre Khashoggi, exilé aux Etats-Unis, si celui-ci ne revenait dans le royaume et ne mettait pas fin à ses critiques.
(Orhan Coskun et Ezgi Erkoyun ; Guy Kerivel et Eric Faye pour le service français)
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