Présidentielle au Nigeria: Vieux candidats, jeunes électeurs
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Presidentielle au nigeria: vieux candidats, jeunes electeurs
Afolabi Sotunde
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Presidentielle au nigeria: vieux candidats, jeunes electeurs
Afolabi Sotunde
par Alexis Akwagyiram
LAGOS (Reuters) - Deux septuagénaires sont les grands favoris de l'élection présidentielle samedi au Nigeria où la moitié des 84 millions d'électeurs potentiels ont entre 18 et 35 ans.
A 76 ans, le président sortant Muhammadu Buhari, qui fit partie de la junte militaire dans les années 1980, entame sa cinquième campagne pour briguer la tête de l'Etat.
Face à lui, un autre vieux routier des joutes politiques, l'opposant Atiku Abubakar, 72 ans, occupa le poste de vice-président de 1999 à 2007.
Ce duel laisse peu de place à l'espoir d'un renouvellement du personnel politique dans un pays où le chômage touche un quart de la population active, entretenant une frustration sociale qui s'exprime régulièrement au travers de violences.
"Je devrais être content mais je ne le suis pas parce qu'aucun des deux candidats ne correspond à ce que j'attends" explique Dorcas Nathaniel, 20 ans, étudiante à Abuja, qui s'apprête à voter pour la première fois.
La jeune femme précise qu'elle aurait préféré qu'au moins un des candidats majeurs propose une politique originale et porteuse d'espoir.
Elle attendait la candidature de quelqu'un qui ne soit pas un vieil habitué des combats électoraux, musulman ou originaire de l'ethnie Fulani présente dans les pays du Sahel et d'Afrique de l'Ouest.
La similitude des programmes proposés par Buhari et Atiku tient en grande partie à un accord officieux de partage du pouvoir qui prévoit que la présidence est confiée alternativement à un candidat du sud puis à un candidat du nord du pays pour une période de deux mandats de quatre ans.
Le scrutin de samedi doit, selon ce protocole, conduire à la désignation d'un candidat du Nord, principalement musulman.
Le Congrès de tous les progressistes de Muhammadu Buhari et le Parti démocratique populaire (PDP) d'Atiku Abubakar dominent la vie politique du pays depuis la fin du régime militaire en 1999, asphyxiant les autres formations.
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Plus de 70 prétendants sont en lice mais la plupart ne disposent ni des ressources financières, ni des réseaux mis en place par les deux grandes formations partisanes depuis plusieurs décennies.
PRÉCARITÉ ET VIOLENCES
Le clientélisme joue à plein et nombre d'électeurs acceptent de voter pour l'un ou l'autre parti en échange d'argent.
Cet "achat de voix" n'est pas une pratique nouvelle au Nigeria mais comme le rappelle John Sunday, étudiant de 23 ans à Lagos, dans de nombreux quartiers défavorisés les conditions de vie sont de plus en plus difficiles.
Le chômage touche particulièrement les jeunes puisque 55% des 15-35 ans n'ont pas d'emploi ou sont employés à temps partiel.
A cette situation sociale difficile s'ajoute une situation économique marquée par une forte inflation, +11,4% en décembre, soit la plus forte hausse depuis sept mois.
La pauvreté et le coût de la vie alimentent la criminalité chez les jeunes hommes sans qualification qui tentent de trouver des moyens de survie en dehors du marché du travail.
Le pays est en outre confronté à l'insurrection de groupes islamistes qui se livrent à la piraterie et à des enlèvements dans le delta du Niger riche en ressources pétrolières.
Face à cette précarité sociale, Buhari a annoncé l'extension d'un programme de formation professionnelle au niveau national qui devrait se traduire, selon lui, par la création de 15 millions de nouveaux emplois.
De son côté, Atiku compte sur le secteur privé pour créer de la croissance et des emplois, notamment par la privatisation de la compagnie nationale pétrolière et l'instauration d'un fonds de soutien aux investissements dans le secteur des infrastructures.
(Pierre Sérisier pour le service français)
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