EUROPEENNES : LaRem n'accréditera pas RT et Sputnik

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(Crédits : Sergei Karpukhin)

PARIS (Reuters) - La République en Marche (LaRem) refusera les demandes d'accréditation des médias russes RT et Sputnik pour couvrir la campagne des élections européennes du 26 mai, annonce le directeur de campagne du parti d'Emmanuel Macron dans une interview au Monde publiée vendredi.

"Nous n'allons accréditer ni Russia Today ni Sputnik pour couvrir notre campagne", déclare Stéphane Séjourné, fidèle d'Emmanuel Macron. "Ce ne sont pas des organes de presse mais de propagande au service du Kremlin. Ils ne doivent pas être assimilés à des médias, qui vérifient ou recoupent l'information."

Financées par le Kremlin, la chaîne de télévision RT France et l'agence de presse Sputnik ont été accusées à plusieurs reprises par le chef de l'Etat et son équipe d'avoir propagé des informations trompeuses lors de la campagne présidentielle de 2017.

Le gouvernement russe s'était défendu à l'époque de toute ingérence dans la campagne et la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe avait dénoncé la décision de l'équipe d'En Marche! de tenir les deux médias à l'écart, y voyant une violation "scandaleuse" de la liberté de la presse.

"Les Russes dépensent plus d'un million de dollars chaque mois" dans la propagation de "fake news" ("fausses informations"), relève Stéphane Séjourné. "C'est un outil de propagande européen et mondial qui nous inquiète, et dont les pratiques gagnent nos oppositions."

"ÉPREUVE DU FEU"

Au-delà de RT et de Sputnik, Stéphane Séjourné estime que les prochaines élections européennes "vont constituer une épreuve du feu" en matière de lutte contre les "fakes news".

En France, "personne ne se soucie pour l'instant des millions d'euros déversés dans l'achat de publicités politiques en ligne, qui sont une forme de propagande électorale", indique-t-il. Or "les réseaux sociaux n'ayant pas de frontières, elles peuvent impacter la France."

"J'ai donc envoyé un courrier à Facebook pour les interpeller là-dessus", ajoute-t-il, précisant que le groupe avait promis "de la transparence sur l'identité des acheteurs" sans aller jusqu'à interdire ce type de publicités en période de campagne.

Egalement dans la ligne du mire de l'ancien conseiller politique d'Emmanuel Macron à l'Elysée, le Rassemblement national (ex-Front national) de Marine Le Pen, accusé par l'exécutif d'avoir récemment propagé "ad nauseam des mensonges" sur le traité d'Aix-la-Chapelle.

La tête de liste RN aux européennes Jordan Bardella "nous dit sur France Inter qu'on a le droit d'avoir une interprétation différente des faits, c'est très inquiétant", estime Stéphane Séjourné. "Les 'fake news' sont le bras armé du RN et de ses alliés. Cela contribue à tromper les électeurs et à fausser la sincérité du scrutin."

Dans ce combat, "le Parti socialiste et Les Républicains ont même été complices de Marine Le Pen", ajoute-t-il. "Ils étaient ravis de la voir mettre en difficulté le gouvernement sur le traité d'Aix-la-Chapelle ou le pacte de Marrakech. Nous ne les entendons pas défendre la vérité des faits."

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)