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Le scrutin présidentiel reporté d'une semaine au Nigeria

reuters.com  |   |  446  mots
Le scrutin presidentiel reporte d'une semaine au nigeria[reuters.com]
(Crédits : Luc Gnago)

ABUJA (Reuters) - Le scrutin présidentiel au Nigeria, prévu samedi, est reporté d'une semaine, a annoncé le président de la Commission nationale électorale indépendante du Nigeria (INEC), une décision qui a provoqué la frustration de nombreux responsables politiques et électeurs.

Le président sortant Muhammadu Buhari, qui brigue un nouveau mandat face à l'opposant Atiku Abubakar, a lui-même exprimé sa "profonde déception" face à ce report tout en appelant les Nigérians "à s'abstenir de tout désordre civil et à rester pacifiques, patriotiques et unis".

S'exprimant devant des journalistes dans la nuit de vendredi à samedi, le président de l'INEC, Mahmood Yakubu, a expliqué qu'il n'était pas possible d'organiser cette élection présidentielle couplée à des législatives dans de bonnes conditions, ajoutant que le report d'une semaine, au 23 février, était nécessaire pour organiser un scrutin libre et juste.

Yakubu a ensuite précisé que ce report s'expliquait en raison du transport de documents électoraux.

"Notre décision a été uniquement prise par la commission. Cela n'a rien à voir avec la sécurité, rien à voir avec une ingérence politique, rien à voir avec la disponibilité des moyens", a-t-il dit.

Certains documents électoraux confidentiels ont été distribués avant d'être récupérés et renvoyés à la banque centrale qui a en charge leur conservation. Une enquête a été ouverte.

La décision a été dénoncée par le président du Parti démocratique populaire (PDP, opposition) Uche Secondu, qui a jugé ce report "dangereux pour la démocratie et inacceptable".

Uche Secondu y a vu une tentative de la part de Buhari de "s'accrocher au pouvoir même s'il est évident pour lui que les Nigérians ne veulent plus de lui".

Selon lui, l'administration Buhari tente de rayer des listes électorales un certain nombre d'électeurs afin de réduire la participation au scrutin.

Le chef du Congrès de tous les progressistes (APC), le parti au pouvoir, a de son côté critiqué la commission électorale.

Muhammadu Buhari "a pleinement coopéré avec l'INEC en veillant à ce que tout ce qui était requis pour la tenue d'élections libres et justes soit rapidement mis en place", a-t-il dit dans un communiqué. "Cette nouvelle est donc une énorme déception pour nous."

Des responsables de la commission électorale indépendante ont déclaré à Reuters que des feuilles de résultats et des bulletins de vote avaient disparu.

Les élections présidentielles de 2011 et 2015 avaient également été retardées pour des raisons logistiques ou sécuritaires.

(Paul Carsten, Alexis Akwagyiram et Ardo Hazzad; Arthur Connan et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)