Téléchargez
notre application
Ouvrir

Paris et Berlin tout près d'un accord sur un budget de la zone euro

reuters.com  |   |  600  mots
Paris et berlin tout pres d'un accord sur un budget de la zone euro[reuters.com]
(Crédits : Axel Schmidt)

par Michael Nienaber et Andreas Rinke

BERLIN (Reuters) - L'Allemagne et la France sont très proches d'un accord sur un projet détaillé de budget pour la zone euro et présenteront leur position commune dans les jours à venir, a déclaré mercredi le ministre des Finances allemand, Olaf Scholz.

Un accord entre Berlin et Paris pourrait faciliter l'avancement de ce projet lors du prochain Eurogroupe, la réunion des 19 ministres des Finances de la zone euro.

"Nous sommes tout près", a dit Olaf Scholz après une rencontre avec son homologue français, Bruno Le Maire, mardi soir à Berlin. "Nous avons eu de bonnes discussions qui nous permettent de penser que nous pouvons y parvenir d'ici la fin de cette semaine ou le début de la semaine prochaine", a-t-il dit.

"Ensuite, nous le présenterons à nos amis en Europe", a-t-il ajouté.

Côté français, on évoquait mercredi de source gouvernementale un "large consensus" en précisant que "quelques points" restaient à régler avant la présentation des éléments communs aux partenaires de Paris et Berlin.

La France aimerait que les crédits alloués au futur budget commun puissent servir à stabiliser l'économie de la zone euro en cas de chocs, à améliorer la compétitivité des 19 et à favoriser la convergence économique de la région.

Pour Berlin, un budget de la zone euro doit être une partie du budget de l'ensemble de l'Union, voté pour sept ans, et le déblocage des crédits doit être strictement lié à la mise en oeuvre de réformes structurelles, selon un document de travail gouvernemental que Reuters a pu consulter.

L'ALLEMAGNE ET LA FRANCE "TRÈS UNIES", ASSURE BERLIN

Si ces conditions voulues par l'Allemagne sont prises en compte, le nouvel instrument budgétaire ne sera pas disponible avant 2021, première année du prochain budget de l'UE. Cela signifie aussi que le montant du nouveau budget serait fixé dans le cadre des négociations budgétaires globales au sein de l'Union, qui doivent débuter d'ici la fin de l'année.

La conclusion d'un accord franco-allemand n'est en outre pas l'unique étape à franchir: les Pays-bas et plusieurs pays du nord de l'Europe doutent de la nécessité même d'un budget pour la zone euro. Un scepticisme que Berlin a cherché à surmonter en soulignant sa préférence pour un budget limité et soumis à des conditions strictes en matière de réformes.

Ces dernières pourraient porter sur les systèmes de protection sociale, les services publics, l'amélioration de la collecte de l'impôt ou encore les privatisations.

Olaf Scholz a assuré que l'Allemagne et la France étaient "très unies" sur ce dossier et que seules des questions d'ordre secondaire restaient à résoudre. "Il reste simplement un peu de travail sur la formulation", a-t-il dit.

Selon le projet élaboré par le gouvernement allemand, le nouveau budget serait dédié à "la convergence et la compétitivité" des 19 Etats ayant adopté la monnaie unique et des pays volontaires du système ERM II, considéré comme l'antichambre de la zone euro.

En plus des contributions actuelles des Etats membres au budget de l'Union, Berlin suggère que les pays concernés contribuent au nouvel instrument dans le cadre d'un accord intergouvernemental.

La France plaide de son côté pour un instrument indépendant du budget de l'UE financé par des taxes dédiées et des contributions nationales.

(Avec Holger Hansen et Thomas Escritt à Berlin et Leigh Thomas à Paris; Pierre Sérisier et Marc Angrand pour le service français, édité par Marc Joanny)