Sommet de Hanoï: Kim prêt à prendre des mesures pour la dénucléarisation
reuters.com

Sommet de hanoi: kim pret a prendre des mesures pour la denuclearisation
LEAH MILLIS
reuters.com

Sommet de hanoi: kim pret a prendre des mesures pour la denuclearisation
LEAH MILLIS
par Jeff Mason et Soyoung Kim
HANOÏ (Reuters) - Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a déclaré jeudi être prêt à abandonner son arsenal nucléaire, sans quoi il n'aurait pas accepté la tenue au Vietnam d'un deuxième sommet en huit mois avec le président américain Donald Trump.
Au deuxième jour de leur sommet à Hanoï, Kim Jong-un et Donald Trump se sont retrouvés jeudi pour une série d'entretiens après avoir tous deux affiché leur bonne volonté en vue d'une amélioration des relations entre Pyongyang et Washington et d'une avancée sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.
"Si je n'étais pas disposé à le faire, je ne serais pas ici", a répondu Kim lorsqu'il a été interrogé sur sa volonté d'abandonner son arsenal nucléaire.
Réagissant aux propos du numéro un nord-coréen, en face duquel il était assis à une table de conférence, Donald Trump a souligné qu'il s'agissait certainement de "la meilleure réponse que vous ayez jamais entendue".
Kim n'a pas précisé ce que la "dénucléarisation" allait impliquer, mais a dit que Trump et lui venaient tout juste de discuter de mesures concrètes.
Lors de leur sommet inédit du 12 juin à Singapour, les deux dirigeants se sont engagés à oeuvrer en faveur de la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, mais peu de résultats concrets ont émergé depuis cette date.
"ACCORD CONJOINT"
Au moment de leurs retrouvailles jeudi matin pour une nouvelle journée d'entretiens, Trump a de nouveau insisté sur la nécessité de ne pas précipiter les discussions sur la dénucléarisation.
"J'ai répété depuis le début que la rapidité n'était pas importante pour moi", a-t-il dit avant une entrevue en tête-à-tête avec Kim, précisant vouloir aboutir à un "bon accord".
Le président américain a ajouté qu'il appréciait le gel des essais nucléaires et balistiques de Pyongyang, qui n'a plus procédé à de lancement de missile depuis la fin d'année 2017.
Interrogé sur sa confiance quant à la conclusion d'un accord, Kim a dit qu'il était "trop tôt pour se prononcer". "Mais je ne dirais pas que je suis pessimiste", a-t-il poursuivi. "J'ai le sentiment que nous allons aboutir à de bons résultats".
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Kim et Trump ont effectué une brève pause dans leurs discussions jeudi matin pour flâner ensemble dans la cour intérieure de l'hôtel où se tient leur sommet.
La Maison blanche a annoncé que les deux dirigeants, après une rencontre en tête-à-tête de 45 minutes, auraient une réunion élargie à leurs conseillers.
Elle a ajouté que Trump et Kim participeront à une "cérémonie de signature d'un accord conjoint", sans donner d'indications sur la teneur de cet accord. Donald Trump tiendra ensuite une conférence de presse à 08h50 GMT.
Mercredi, Trump et Kim avaient eu un premier entretien, assez bref, avant de dîner en compagnie du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, du secrétaire général par intérim de la Maison blanche Mick Mulvaney, de l'homme de confiance de Kim, Kim Yong-chol, et du ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Ri Yong-ho.
BUREAU DE LIAISON
S'il est jugé peu probable que Trump et Kim parviennent à se mettre d'accord sur ce que doit être l'élimination des armes nucléaires en Corée du Nord, leur nouvelle entrevue pourrait au moins leur permettre de déclarer la fin officielle des hostilités entre les deux Corées. La guerre entre le Nord et le Sud (1950-1953) s'est soldée par un armistice, sans traité de paix.
Donald Trump n'a cependant pas voulu s'engager davantage sur cette question : "On verra bien", a-t-il laconiquement répondu mercredi à une question d'un journaliste.
Des mesures pour une dénucléarisation partielle de la Corée du Nord - comme la venue d'inspecteurs internationaux pour vérifier le démantèlement d'un site d'essais balistiques nord-coréen - ont été évoquées, ont dit des représentants américains et sud-coréens.
En guise de concessions, les Etats-Unis pourraient convenir de l'ouverture de bureaux de liaisons ou accepter le développement de projets intercoréens. Certains observateurs s'inquiètent toutefois que Trump perde une partie des leviers dont il dispose s'il fait trop de concessions rapidement à Kim.
Le dirigeant nord-coréen a déclaré jeudi qu'il était favorable à l'ouverture d'une bureau de liaison américain à Pyongyang, ce à quoi le président américain a réagi: "Pas une mauvaise idée".
A des journalistes qui lui demandaient mercredi si ces propos signifiaient qu'il avait renoncé à son objectif de dénucléarisation de la péninsule coréenne, Donald Trump a assuré que "non".
(Jean Terzian, Henri-Pierre André, Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
reuters.com