Algérie: Les porte-paroles de la contestation tentent de pousser leur avantage
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Algerie: les porte-paroles de la contestation tentent de pousser leur avantage
Zohra Bensemra
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Algerie: les porte-paroles de la contestation tentent de pousser leur avantage
Zohra Bensemra
par Lamine Chikhi
ALGER (Reuters) - Les manifestants qui contestent depuis trois semaines le "système" en Algérie ont commencé à choisir leurs porte-paroles, notamment des avocats et des militants des droits de l'homme, pour accentuer la pression sur le pouvoir et permettre l'ouverture d'un processus de transition, a-t-on appris mardi de sources informées.
Beaucoup soulignent toutefois les difficultés à réformer un régime solidement installé au pouvoir depuis l'indépendance de 1962 et dominé par le Front de libération nationale (FLN).
Pour eux, l'annonce que le président Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, ne briguera finalement pas un cinquième mandat - l'élection prévue à l'origine le 18 avril a été repoussée à une date indéterminée - n'est qu'une demi-mesure, voire un piège, qui ne garantit pas vraiment des perspectives de réforme.
Dans l'attente du scrutin et de la nouvelle Constitution promise, le chef de l'Etat, au pouvoir depuis 1999 et très affaibli depuis un AVC en 2013, reste en place.
Le nouveau vice-Premier ministre Ramtane Lamamra, a assuré mercredi que le gouvernement était tout à fait disposé à dialoguer avec l'opposition. "Le dialogue est notre devoir. Notre première priorité est de rassembler tous les Algériens", a-t-il dit.
Un diplomate chevronné, Lakhdar Brahimi, devrait présider la conférence nationale annoncée par le gouvernement et chargée de faire des propositions sur l'avenir politique du pays.
Mais pour l'un des dirigeants de la contestation, Fodil Boumala, un professeur d'université de 48 ans, l'heure n'est pas encore aux discussions.
"Nous refusons de négocier la transition avec le régime. Pas de négociations", a-t-il dit mercredi à Reuters. "Le rapport de forces est en notre faveur, il faut renforcer notre mouvement. Nous devons maintenir la pression pendant trois semaines."
"RASSEMBLER LE PLUS POSSIBLE"
"Notre principal objectif est maintenant de rassembler le plus possible et de protéger le mouvement contre les infiltrations des partisans du système", a poursuivi Fodil Boumala.
Pour lui, une période de transition de 18 à 24 mois sera nécessaire pour permettre la mise en place d'institutions nouvelles et légitimes. Entre-temps, un gouvernement intérimaire composé de technocrates devrait être formé, a-t-il suggéré.
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Parmi les autres personnalités qui devraient porter la parole des manifestants figurent l'ancien Premier ministre Ahmed Benbitour, 73 ans, qui a démissionné en 1999 pour dénoncer la politique économique de Bouteflika, et Zoubida Assoul, 63 ans, avocate et dirigeante d'un parti politique, l'Union pour le changement et le progrès (UCP).
L'avocat et militant des droits de l'homme Mustapha Bouchachi, 67 ans, devrait également jouer un rôle de premier plan dans les discussions, dit-on dans les milieux d'opposition.
Les annonces de lundi soir n'ont pas suffi à mettre fin aux manifestations. De nouveaux rassemblements sont prévus vendredi dans plusieurs villes du pays.
"Je pense que Bouteflika n'a pas bien compris le message des manifestants, qui ont dit non à l'élection (du 18 avril), non à un cinquième mandat mais aussi non à un gouvernement qui a par le passé truqué les élections", a dit à Reuters Mustapha Bouchachi.
Les opposants veulent avoir des représentants fiables et crédibles face à un pouvoir opaque et dominé par les militaires, très habile à diviser ses adversaires.
Le vice-ministre de la Défense et chef d'état-major de l'Armée nationale populaire (ANP), le général Ahmed Gaïd Salah, a assuré mercredi sur la chaîne Ennahar que l'armée garantirait la sécurité du pays "dans toutes les circonstances et toutes les conditions".
(Avec Hamid Ould Ahmed; Guy Kerivel pour le service français)
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