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Benalla: La majorité vent debout contre le "coup politique" du Sénat

reuters.com

Publié le 21 mars 2019 à 14:55 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:49

Affaire benalla: griveaux denonce un "coup politique" du senat

Affaire benalla: griveaux denonce un "coup politique" du senat

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PARIS (Reuters) - Du Premier ministre au président de l'Assemblée nationale en passant par La République en marche (LaRem), la majorité a sorti la grosse artillerie jeudi pour dénoncer le "coup politique" du Sénat dans son choix de saisir le parquet contre trois collaborateurs d'Emmanuel Macron dans l'affaire Benalla.

Si le président du Sénat, Gérard Larcher, a affirmé, selon son entourage, n'être "en guerre contre personne", le camp majoritaire considère comme un véritable affront la décision du bureau du Sénat de s'en remettre à la justice, ouvrant un nouveau chapitre dans le tentaculaire dossier de l'ancien chargé de mission de l'Elysée licencié l'été dernier.

Dès l'annonce du résultat du vote, auquel Gérard Larcher a participé, gouvernement et majorité ont fustigé une décision "indigne", selon le terme du chef du groupe LaRem du Sénat, François Patriat, premier à réagir dans les couloirs du Palais du Luxembourg contre "une manoeuvre politique qui vise à atteindre le chef de l'Etat."

"Sans faire de mauvais jeu de mots, le Sénat est tombé bien bas", a dit le chef des "macronistes" à la chambre haute.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, a décidé de boycotter les questions au gouvernement au Sénat pour marquer son mécontentement, dont il a fait part de vive voix à Gérard Larcher, a fait savoir Matignon.

"IL EST OÙ?"

Une absence dénoncée dans l'hémicycle, où des sénateurs ont chahuté les membres du gouvernement venus s'exprimer au micro. "Il est où?", a-t-on pu entendre dans les rangs socialistes. "Quel manque de respect pour le Sénat et notre démocratie", a déploré sur Twitter le sénateur PS Rachid Témal.

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Au même moment, le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, dénonçait un "abaissement" du Parlement et annulait par communiqué une rencontre prévue vendredi à Sciences Po à Lille en compagnie de son homologue du Sénat.

"Prenant acte de la décision du bureau du Sénat d'utiliser les fonctions de contrôle parlementaire à des fins politiciennes, le président de l'Assemblée nationale estime que ce choix empêche la tenue de ce débat républicain avec des étudiants, considérant que l'on ne peut simultanément abaisser et promouvoir le Parlement", ont écrit ses services.

Un choix "incompréhensible" aux yeux de Jean-Pierre Sueur, membre de la commission "Benalla". "Le président de l'Assemblée nationale devrait défendre le contrôle parlementaire", a dit l'élu PS sur Public Sénat. "Si certains ouvrent une crise politicienne, c'est leur affaire. Dans cette affaire, nous nous intéressons à la vérité, au droit et à la loi".

Richard Ferrand "devrait se réjouir de l'indépendance du Parlement vis-à-vis de l'exécutif", a abondé sur la même antenne le sénateur LR Gérard Longuet.

La République en marche a envoyé quant à elle ses soldats au front pour protéger Emmanuel Macron, à commencer par le délégué général Stanislas Guerini, qui a dénoncé un "procès politique" instruit contre l'Elysée. "Ils cherchent évidemment à servir leur intention cachée : attaquer le président de la République", a-t-il écrit dans un message à Reuters.

Juste avant la séance de questions au Sénat, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a évoqué pour sa part devant les journalistes un "coup politique". "Il est important de ne pas ajouter à la division du pays en faisant de l'instrumentalisation politique, ce qui est clairement le cas en l'espèce", a-t-il considéré.

Pour la députée LaRem Aurore Bergé, porte-parole du groupe à l'Assemblée, l'arbitrage du Sénat revient à "détourner nos institutions au profit d'un procès politique dont l'issue était connue à l'avance".

"S'attaquer à l'entourage du président de la République et à des hauts fonctionnaires qui servent l'Etat ne grandit pas l'institution", a-t-elle écrit sur Twitter.

(Elizabeth Pineau avec Simon Carraud et Michel Rose, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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