Les chrétiens marocains plaident pour la liberté religieuse avant la venue du pape
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Les chretiens marocains plaident pour la liberte religieuse avant la venue du pape
Remo Casilli
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Les chretiens marocains plaident pour la liberte religieuse avant la venue du pape
Remo Casilli
par Ahmed Eljechtimi
RABAT (Reuters) - Les Marocains convertis au christianisme, une toute petite minorité dans un pays presque totalement musulman, compte sur la visite du pape François, samedi et dimanche, pour faire valoir leurs revendications en faveur de la liberté religieuse.
C'est la première visite d'un chef de l'Eglise catholique au Maroc depuis celle de Jean Paul II en août 1985.
Le pape François passera deux jours à Rabat, la capitale, où il rencontrera la communauté catholique, composée en majorité d'Européens expatriés, surtout des Français, et d'immigrés venus d'Afrique subsaharienne.
La Constitution du Royaume stipule que l'islam est religion d'Etat mais garantit à tous le libre exercice du culte.
Les étrangers de confession catholiques peuvent se réunir dans leurs églises, comme la cathédrale Saint-Pierre à Rabat, construite il y a un siècle, sous le protectorat français.
Mais les Marocains convertis, eux, se voient contraints de pratiquer leur foi en secret, dans des lieux privés. La conversion de l'islam au christianisme est en effet interdite et le prosélytisme est passible de trois ans de prison.
L'Association marocaine des droits et des libertés religieuses (AMDLR) a écrit au Vatican pour dire ses inquiétudes et prévoit d'organiser une manifestation pacifique devant une église de Rabat à la veille de la venue du pape.
"Nous voulons des lois qui protègent les minorités religieuses dans ce pays, sur un pied d'égalité", a déclaré le coordinateur de cette association, Jawad El Hamidy.
"Nous allons profiter de la visite du pape pour faire davantage pression sur l'Etat afin de protéger les libertés religieuses", a-t-il ajouté.
"NI PERSÉCUTION, NI DISCRIMINATION"
Le Maroc se présente comme une oasis de tolérance religieuse et le porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, a souligné que les libertés religieuses étaient respectées dans le royaume. "Il n'y a au Maroc ni persécution, ni discrimination pour des questions religieuses", a-t-il assuré.
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Mais les convertis au christianisme rétorquent que si la Constitution reconnaît bien l'existence de Marocains musulmans ou juifs, elle ignore les chrétiens marocains.
"Quand je suis allé dans une église pour proclamer ma foi, on m'a dit que la loi marocaine m'interdisait de le faire", a témoigné l'un d'eux, un homme de 40 ans qui a dit s'appeler Emmanuel et a insisté pour ne pas être filmé.
"Nous appelons les autorités marocaines et le Saint-Père à saisir l'occasion offerte par cette visite papale pour ouvrir un dialogue sincère sur la liberté religieuse des citoyens marocains", a déclaré la Coordination des chrétiens marocains, une autre association.
Faute de statistiques officielles, le nombre de chrétiens marocains est estimé à environ 50.000, la plupart des chrétiens évangéliques. Il y aurait environ 30.000 catholiques dans le pays, étrangers compris.
Le Vatican n'a pas encore répondu à la lettre de l'AMDLR mais l'archevêque de Rabat, Mgr Cristobal Lopez Romero, un Espagnol, a exprimé son soutien à l'association. "En tant que catholiques, nous reconnaissons que nous jouissons pleinement de la liberté de culte mais nous serons plus heureux si le peuple marocain pouvait également en profiter", a-t-il dit à la presse. "J'aimerais pouvoir devenir marocain sans avoir à changer de religion."
(Guy Kerivel pour le service français)
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