Des militantes saoudiennes disent avoir été victimes de torture
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Des militantes saoudiennes disent avoir ete victimes de torture
BENOIT TESSIER
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Des militantes saoudiennes disent avoir ete victimes de torture
BENOIT TESSIER
RYAD (Reuters) - Plusieurs militantes saoudiennes des droits des femmes ont déclaré mercredi devant un tribunal de Ryad avoir été victimes de torture durant leur détention, a-t-on appris mercredi de sources informées, une affaire qui a suscité de vives critiques de nations occidentales à l'égard de l'Arabie saoudite.
Le procès de ces militantes, auxquelles la justice saoudienne reproche notamment d'avoir noué des contacts avec des journalistes et des diplomates étrangers, est suivi avec attention par la communauté internationale depuis l'assassinat en octobre dernier du journaliste et opposant Jamal Khashoggi.
Parmi les accusées figurent Loudjaïn al Hathloul, qui milite sur les réseaux sociaux, l'universitaire Hatoune al Fassi et la blogueuse Emane al Nafdjan. Les faits qui leurs sont reprochés pourraient tomber sous le coup d'une loi sur la cybercriminalité, qui prévoit jusqu'à cinq ans de prison.
Assises aux côtés de membres de leurs familles, plusieurs des militantes ont décrit aux trois juges la maltraitance dont elles ont été victimes, a-t-on appris auprès des sources, les diplomates et les médias internationaux - dont Reuters - s'étant vus refuser l'accès à la salle d'audience du tribunal pénal de Ryad.
Au moins trois de ces femmes, parmi lesquelles Loudjaïn al Hathloul, ont été détenues en isolement pendant des mois et victimes d'actes de torture et d'agression sexuelle, selon Amnesty International et Human Rights Watch.
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D'après la famille d'Hathloul, l'ancien bras droit du prince héritier Mohamed ben Salman et ex-directeur adjoint de l'Agence nationale du renseignement, Saoud al Qahtani, était présent durant certaines des sessions de torture et a menacé l'activiste de viol et de mort.
Le parquet saoudien a dit avoir mené une enquête et conclu que ces accusations étaient infondées.
Une trentaine de pays, dont les Etats membres de l'Union européenne, le Canada et l'Australie, ont demandé à Ryad de remettre les activistes en liberté.
Les prévenues ont été arrêtées quelques semaines avant la levée, en juin, de la disposition interdisant aux Saoudiennes de prendre le volant. Le parquet leur a reproché en mai d'avoir porté atteinte aux intérêts du royaume et de s'être compromises avec des agents étrangers hostiles.
(Stephen Kalin; Jean-Philippe Lefief et Jean Terzian pour le service français)
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