Chine: L'épouse du chef d'Interpol disparu dénonce une affaire politique
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L'epouse du chef d'interpol disparu denonce une affaire politique
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L'epouse du chef d'interpol disparu denonce une affaire politique
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PARIS (Reuters) - L'épouse de l'ex-président chinois d'Interpol Hongwei Meng a dénoncé jeudi soir "la nature politique" de sa mystérieuse disparition en septembre dernier et récusé les accusations portées à son encontre par les autorités chinoises.
Après six mois de silence sur le sort de cet ancien membre du Comité central du Parti communiste chinois, Pékin a annoncé mercredi qu'il avait été exclu du PCC et serait poursuivi pour avoir détourné des fonds publics et touché des pots-de-vin.
La Commission centrale d'inspection disciplinaire (CCID), organisme chinois de lutte contre la corruption, a précisé qu'elle avait clos son enquête et recommandait l'ouverture de poursuites contre Hongwei Meng.
Son communiqué, publié à l'issue de la visite d'Etat en France du président chinois Xi Jinping, "révèle ouvertement la nature politique de l'affaire concernant M. Meng", a dit Grace Meng dans une déclaration transmise à Reuters par ses avocats.
"Le CCID a fait des déclarations vagues, générales et non corroborées selon lesquelles M. Meng a 'méconnu les principes d'appartenance à un parti', 'terni sérieusement l'image du parti et porté gravement atteinte aux intérêts de l'Etat' et 'complètement perdu sa conscience de parti et son sens des règles d'organisation'", souligne-t-elle.
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"Les autorités chinoises n'ont pas formulé d'accusations réelles ni présenté quelque preuve que ce soit à l'appui de leurs allégations", ajoute-t-elle.
Elle reproche également au CCID de n'avoir fourni aucune information sur le lieu où se trouve son mari ou son état de santé et accuse les autorités chinoises de ne pas respecter les "droits humains fondamentaux" de sa famille.
"DISPARITION INQUIÉTANTE"
Grace Meng, qui vit avec ses enfants en France sous la protection des autorités françaises et a déposé une demande d'asile actuellement en cours d'instruction, fait valoir que son mari "est connu en Chine pour ses idées réformistes".
Elle rappelle également qu'il avait démissionné en 2017 du comité central du PCC afin de "s'investir dans ses fonctions de président d'Interpol, rôle auquel il tenait particulièrement".
Elu en novembre 2016 à la tête d'Interpol, dont le siège est à Lyon, Hongwei Meng a disparu fin septembre 2018 lors d'un voyage en Chine. La France a alors ouvert une enquête pour disparition inquiétante.
Ce n'est qu'après plus d'une semaine que la Chine a annoncé qu'une enquête pour corruption avait été ouverte à son encontre.
Des milliers de responsables du PCC ont été emprisonnés, certains exécutés, dans le cadre de la campagne lancée en 2012 par Xi Jinping pour "améliorer la discipline" au sein du parti.
Interpol, organisation intergouvernementale qui compte 194 pays membres et a pour objectif de favoriser la coopération entre services de police du monde entier, a annoncé début octobre avoir reçu et accepté la démission de Hongwei Meng.
Grace Meng avait annoncé avoir écrit à Emmanuel Macron avant la visite de Xi Jinping pour lui demander d'évoquer la situation de son mari avec le président chinois et l'aider à défendre leurs droits fondamentaux.
Interrogée mercredi à ce sujet, la présidence française a répondu: "Le sujet des droits de l'homme et certains cas spécifiques ont été abordés mais on ne peut en donner le détail pour que ce soit efficace".
Selon une source proche du dossier, la Chine n'a pas à ce jour demandé à la France d'extrader Grace Meng.
(Emmanuel Jarry et John Irish)
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