Brexit: Les discussions se poursuivent entre Downing Street et les travaillistes
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Brexit: les discussions se poursuivent entre downing street et les travaillistes
INTS KALNINS
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Brexit: les discussions se poursuivent entre downing street et les travaillistes
INTS KALNINS
par William James et Kylie MacLellan
LONDRES (Reuters) - Les discussions entre les représentants de Theresa May et du Parti travailliste, principale force d'opposition, se sont poursuivies jeudi et devraient reprendre vendredi avec l'objectif de débloquer la paralysie au Royaume-Uni autour du Brexit.
D'après un porte-parole de Downing Street, les équipes de négociation ont eu dans la journée de jeudi quatre heures et demie de "discussions techniques détaillées et productives".
Theresa May, qui a rencontré la veille le chef de file du Labour, Jeremy Corbyn, cherche à définir une solution que les élus travaillistes puissent soutenir à la Chambre des communes d'ici le sommet européen extraordinaire du 10 avril.
Pour l'heure, selon le calendrier fixé par les Européens, si la Chambre des communes ne ratifie pas l'Accord de retrait négocié par May et entériné par les Vingt-Sept, le divorce interviendra le 12 avril et le Royaume-Uni quittera l'UE sans accord.
Or, à trois reprises déjà, les tentatives de May visant à faire ratifier cet accord se sont soldées par un échec du fait de l'hostilité d'une partie des parlementaires de son propre Parti conservateur et des dix élus nord-irlandais du Parti unioniste démocratique (DUP), dont dépend sa majorité parlementaire.
Pour éviter ce "no deal", Theresa May a opéré un virage à 180°: mardi soir, au terme de sept heures de conclave avec ses principaux ministres, elle a annoncé qu'elle rechercherait une solution avec l'opposition travailliste pour trouver enfin une majorité autour de l'Accord de retrait et qu'elle entendait demander aux Européens un nouveau report, le plus bref possible, de la date du Brexit.
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"Le gouvernement et l'opposition espèrent se réunir de nouveau demain (vendredi) pour travailler encore afin de trouver une solution pour tenir les engagements du référendum, avec présent à l'esprit la nécessité de progresser avant le prochain conseil européen (ndlr, fixé le 10 avril)", a déclaré jeudi soir le porte-parole de Downing Street.
UTILE MAIS PAS ABOUTI
La délégation du Labour n'a pas fait de commentaire officiel à ce stade mais selon des sources travaillistes, les discussions ne se passent pas très bien. Le gouvernement n'a pas fait d'"offre importante" et l'accent pour l'instant est mis sur les raisons pour lesquelles les travaillistes devraient soutenir l'Accord de retrait existant, ajoute-t-on de mêmes sources.
Mercredi soir, à l'issue de sa rencontre avec Theresa May, Jeremy Corbyn avait déjà déploré que la dirigeante conservatrice n'ait pas suffisamment avancé. "Il n'y a pas eu autant de changement que je l'espérais", a-t-il commenté. "Cette rencontre fut utile mais elle n'a pas abouti."
Selon le quotidien The Guardian, Theresa May devrait adresser à Jeremy Corbyn une lettre détaillant la proposition de son gouvernement.
Une source gouvernementale citée jeudi soir par le Guardian a suggéré que cette lettre pourrait reprendre une des exigences du Labour: que les parlementaires se voient offrir la semaine prochaine la possibilité de voter sur un référendum de confirmation de tout accord sur le Brexit.
La Chambre des communes a pour sa part adopté mercredi soir par 313 voix contre 312 un amendement demandant à la Première ministre d'obtenir un report du Brexit afin d'éviter le risque d'une sortie de l'Union européenne sans accord au 12 avril.
La Chambre des Lords devait se prononcer sur ce texte dans la soirée de jeudi, mais les débats se sont éternisés, avec de longs dégagements sur la manière de procéder, et selon une source proche des tractations internes, le vote sur l'amendement ne devrait pas avoir lieu avant lundi.
MERKEL COMPTE SUR LES DISCUSSIONS MAY-CORBYN
L'Union européenne n'accordera pas de délai supplémentaire pour la date du Brexit si le Parlement britannique ne ratifie pas d'ici le 12 avril prochain l'Accord de retrait entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, a prévenu mercredi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
La veille, alors que May venait de dévoiler sa nouvelle approche avec appel à l'aide de l'opposition travailliste, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait été plus conciliant, appelant à la patience avec le Royaume-Uni. "Même si, après cette journée, nous ignorons quelle sera l'issue, restons patients", avait-il réagi sur Twitter.
Ces derniers jours, des diplomates de l'UE ont exploré différentes possibilités, dont des reports du Brexit jusqu'à la fin de l'année, jusqu'au printemps 2020 voire jusqu'à la fin 2020.
Mais la perspective d'une sortie sans accord le 12 avril ne peut pas être écartée et Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens, les a mis en garde contre les coûts économiques et politiques d'une long report du divorce, qui signifierait que les Britanniques seraient impliqués dans la mise en place de la future Commission européenne, après les élections européennes du mois prochain, ainsi que dans l'examen du cadre budgétaire 2021-2027.
En déplacement à Dublin, la chancelière allemande Angela Merkel, qui se battra "jusqu'à la dernière minute pour éviter un 'no deal'", a relevé les changements intervenus ces derniers jours à Londres et a dit espérer que cela permettrait à Theresa May de présenter lors du sommet européen du 10 avril des propositions réalisables.
"Le feuilleton continue à Londres et je pense que nous devons être patients et compréhensifs à l'égard de l'impasse dans laquelle ils se trouvent. Mais, bien sûr, toute nouvelle extension (du Brexit) devra nécessiter et devra avoir une solution crédible et réaliste", a dit son hôte, le Premier ministre irlandais Leo Varadkar.
(avec Guy Faulconbridge, Elizabeth Piper et Andrew MacAskill à Londres et Gabriela Baczynska à Bruxelles; Henri-Pierre André pour le service français)
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