Libye: L'Onu tiendra la conférence nationale malgré les combats
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Libye: l'onu tiendra la conference nationale malgre les combats
Hani Amara
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Libye: l'onu tiendra la conference nationale malgre les combats
Hani Amara
par Ahmed Elumami
TRIPOLI (Reuters) - Les Nations unies organiseront comme prévu la conférence nationale visant à mettre fin à la crise en Libye en dépit de l'avancée des forces du maréchal Khalifa Haftar sur Tripoli, a déclaré samedi l'émissaire spécial de l'Onu.
La conférence, prévue du 14 au 16 avril à Ghadamès, dans le sud-ouest du pays, fait partie d'un plan dévoilé par Ghassan Salamé, pour sortir la Libye du chaos dans lequel elle est plongée depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011.
L'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Haftar a annoncé vendredi être entrée dans la banlieue sud de la capitale, Tripoli, et avoir pris son aéroport international. Selon son porte-parole Ahmed Mismari, 14 soldats de l'ANL ont pour l'instant été tués.
Le gouvernement reconnu par la communauté internationale est basé à Tripoli tandis que l'ANL est alliée à un gouvernement parallèle basé à Benghazi, la grande ville de l'Est libyen.
Le Premier ministre basé à Tripoli, Fayez al Serraj a estimé que l'offensive du maréchal constituait un coup d'Etat.
Malgré l'offensive éclair du maréchal Haftar, Ghassan Salamé a déclaré aux journalistes présents à Tripoli que les Nations unies travaillaient à éviter une escalade des combats.
"Nous savons que tenir une conférence en cette période difficile d'escalade et de combats est une affaire difficile. Mais nous sommes déterminés à la tenir à la date prévue, sauf circonstances exceptionnelles qui nous obligeraient à ne pas le faire", a-t-il déclaré.
Le secrétaire général de l'Onu Antonio Guterres, qui s'est rendu dans le pays cette semaine, et le président français Emmanuel Macron "ont souligné l'importance d'une solution politique à la crise actuelle, dans le respect du droit humanitaire et des résolutions du Conseil de sécurité", peut-on lire dans un communiqué publié à l'issue d'un entretien téléphonique entre les deux hommes, samedi.
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"La France poursuivra son soutien à la médiation de l'Onu en Libye", est-il précisé dans ce communiqué.
Lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays du G7 à Dinard en France, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré qu'il y avait unanimité au sein du G7 pour faire pression sur les responsables de la recrudescence des combats en Libye et en particulier sur Haftar.
SITUATION PLUTÔT CALME SUR LE TERRAIN
La Russie a aussi appelé à la retenue. Son vice-ministre des Affaires étrangères Mikhaïl Bogdanov a déclaré à Khalifa Haftar, lors d'un entretien téléphonique, que Moscou insistait pour qu'une solution politique soit trouvée aux "questions litigieuses" en Libye.
Le maréchal a répondu en expliquant qu'il voulait combattre le terrorisme en Libye, selon le ministère russe des Affaires étrangères.
L'Egypte, un des principaux soutiens du maréchal Haftar, a estimé samedi que la crise ne pourrait pas être résolue de manière militaire, tout en soulignant que l'insécurité à sa frontière était depuis longtemps une source de préoccupation.
"L'Egypte soutient depuis le début un accord politique qui permettrait d'éviter une solution militaire", a déclaré le chef de la diplomatie cairote, Sameh Choukry, lors d'une conférence de presse conjointe avec son homologue russe Sergueï Lavrov.
Ce dernier a dit souhaiter que les acteurs du conflit "s'entendent" et a mis en garde contre une ingérence étrangère.
La situation était plutôt calme samedi sur le terrain. L'ANL a annoncé que ses positions avaient été touchées par une frappe aérienne au sud de Tripoli mais qu'il n'y avait pas eu de victimes.
Le maréchal Haftar, qui est âgé de 75 ans, se présente comme un ennemi de l'extrémisme islamiste. Il est perçu par ses opposants comme un nouveau dictateur façon Kadhafi.
L'ANL dit disposer de 85.000 hommes, parmi lesquels se trouvent des militaires payés par le gouvernement central. Sa force d'élite Saïka (Foudre) compte 3.500 hommes. Les fils du maréchal disposent eux aussi de troupes bien équipées, dit-on au sein de l'ANL.
(Avec Ahmed Tolba au Caire, Vladimir Soldatkine à Moscou, service France à Dinard, Michael Georgy à Dubaï et Giselda Vagnoni à Rome; Tangi Salaün et Danielle Rouquié pour le service français)
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