Les forces du maréchal Haftar avancent vers le centre de Tripoli
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Tripoli: l'onu reclame une treve pour evacuer les blesses
Esam Al-Fetori
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Tripoli: l'onu reclame une treve pour evacuer les blesses
Esam Al-Fetori
TRIPOLI/BENGHAZI, Libye (Reuters) - Les forces est-libyennes sous le commandement du maréchal Haftar ont mené un raid aérien dimanche dans la partie sud de Tripoli et progressaient vers le centre de la capitale, ont indiqué des habitants, malgré la trêve demandée par les Nations unies.
Des combats opposent depuis plusieurs jours dans cette zone les milices du gouvernement libyen reconnu par la communauté internationale, qui siège à Tripoli, et l'Armée nationale libyenne (ANL) du maréchal Khalifa Haftar, qui a engagé une offensive à partir de ses bastions de l'est du pays, où siège une administration parallèle.
L'ANL est entrée vendredi dans la banlieue sud de la capitale et affirme avoir pris l'ancien aéroport international, annonce démentie par les autorités militaires de Tripoli.
Un habitant a raconté avec vu un avion mener une frappe dans le secteur dimanche.
"Les forces aériennes ont participé pour la première fois aux opérations militaires", a confirmé le porte-parole de l'ALN, Ahmed Mismari. "Elles ont une opération de sécurisation de la route de l'aéroport (vers le centre-ville)."
L'ANL s'est déplacée vers le nord à partir de l'ancien aéroport, situé dans le district de Khalat Furgan, pour arriver à 11 km du centre-ville, a déclaré un habitant.
Il a dit avoir vu les soldats avancer, tandis que les forces fidèles au gouvernement de Tripoli se retiraient.
La Mission d'appui des Nations unies en Libye (Manul) a appelé dimanche à une trêve de deux heures dans le sud de Tripoli pour évacuer les civils et les blessés.
Mais, en soirée, la trêve n'était pas respectée, a déclaré un responsable de l'Onu.
Autre signe de détérioration de la situation sur le terrain, un contingent de forces américaines soutenant le commandement des Etats-Unis en Afrique (Africa Command) a évacué la Libye pour des raisons de sécurité, selon un communiqué américain.
En parallèle, des forces alliées au gouvernement de Tripoli ont annoncé leur propre opération, "Volcan de la colère", pour défendre la capitale, a déclaré un porte-parole.
L'offensive a pris par surprise les Nations unies qui voulaient organiser une conférence nationale visant à mettre fin à la crise du 14 au 16 avril à Ghadamès, dans le sud-ouest du pays. L'Onu avait dit samedi qu'elle comptait maintenir la conférence malgré l'avancée de l'ANL.
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Khalifa Haftar, 75 ans, se présente comme un ennemi de l'extrémisme islamiste, mais est perçu par ses opposants comme un nouveau dictateur à l'image de Muammar Kadhafi, renversé en 2011 dans le sillage des "Printemps arabes".
Le maréchal bénéficie du soutien de l'Egypte et des Emirats Arabes Unis, qui le voient comme un rempart contre les islamistes et le soutiennent militairement.
Par le passé, Khalifa Haftar a passé des accords avec des groupes armés en dehors de Tripoli afin de faire progresser ses forces.
Mais prendre le contrôle de la capitale risque d'être plus compliqué. Des groupes armés alliés au gouvernement de Tripoli ont fait venir de Misrata, située à 200 km à l'est, des mitrailleuses montées sur des pick-ups pour défendre la ville.
Misrata est connue pour son esprit de résistance aux personnalités dites "de l'ancien régime", apparu en 2011 lorsque les forces pro-Kadhafi l'ont assiégée pendant trois mois.
(Ulf Laessing et Nayera Abdallah avec John Irish; Eric Faye et Danielle Rouquié pour le service français)
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