Des partis nationalistes formeront un nouveau groupe au Parlement européen
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Plusieurs partis nationalistes formeront un nouveau groupe dans le futur parlement europeen
Remo Casilli
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Plusieurs partis nationalistes formeront un nouveau groupe dans le futur parlement europeen
Remo Casilli
MILAN (Reuters) - La Ligue italienne de Matteo Salvini et trois autres formations européennes nationalistes et hostiles à l'immigration ont annoncé lundi leur volonté d'unir leurs forces au Parlement européen à l'issue des élections du mois prochain.
"Nous voulons réformer l'Union européenne et le Parlement européen sans les détruire. Nous voulons amener un changement radical", a déclaré Jörg Meuthen, président du parti allemand Alternative für Deutschland (AfD).
Il a précisé que le nouveau groupe que ces partis entendaient former au Parlement européen se nommerait Alliance européenne des peuples et des nations. Dix partis au moins pourraient y siéger.
L'extrême-droite européenne, minée par des désaccords sur de nombreuses questions (dépense publique, position face à la Russie, revendications indépendantistes) est pour l'heure morcelée entre trois groupes : Europe des nations et des libertés (RN, Ligue), Europe de la liberté et de la démocratie directe (Mouvement 5 Etoiles, Debout la France, Les Patriotes, UKIP) et les Conservateurs et réformistes européens (CRE, qui comptent le parti polonais Droit et justice).
L'annonce a été faite lors d'une réunion organisée à Milan par Matteo Salvini, dirigeant de la Ligue et co-vice-président du Conseil italien. Y participaient, en plus de la Ligue et de l'AfD, le parti des Finlandais et le Parti populaire danois, qui ont soutenu cette initiative.
"Nous pouvons proposer une nouvelle Europe, car nous n'avons jamais gouverné" (à Bruxelles), a déclaré Matteo Salvini, qui a assuré que d'autres de ses alliés européens, et notamment le Rassemblement national de Marine Le Pen, se joindraient à cette alliance.
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"Notre but est d'être prépondérants, de nommer les commissaires de la prochaine commission", a-t-il ajouté, promettant de matérialiser cette alliance lors d'un prochain meeting à Milan, le 18 mai.
Pour Matteo Salvini, porté au pouvoir en Italie il y a bientôt un an, ces élections européennes sont l'occasion de construire des ponts entre populistes, en misant sur la lassitude des électeurs face aux partis traditionnels.
DÉSACCORDS DE FOND
Si les deux principaux groupes de la chambre européenne, les sociaux-démocrates (S&D) et le Parti populaire européen (PPE), redoutent la perte de leur majorité de coalition, l'extrême-droite espère pour sa part voir son nombre grossir, jusqu'à être en mesure de bloquer des législations au Parlement.
Dans les sondages, la Ligue est ainsi créditée d'une multiplication par quatre de son score aux dernières élections de 2014, quand elle avait remporté sept sièges d'eurodéputés.
Au sein de ce même groupe Europe des nations et des libertés, le RN est crédité d'une vingtaine de sièges tandis qu'en Autriche, le Parti de la liberté du vice-chancelier Heinz-Christian Strache jouit d'une dynamique favorable, ce qui pourrait porter le nombre total du groupe à 61 sièges (contre 37 aujourd'hui).
Malgré l'espoir d'une percée dans les urnes, le lancement de lundi était marqué par des absences de poids : ni Marine Le Pen - excusée pour des raisons d'agenda -, ni Jaroslaw Kaczynski, chef de file des eurosceptiques polonais de Droit et justice, ni le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, Fidesz, n'étaient présents.
Exemple de discordances : si Salvini professe son admiration pour le président russe Vladimir Poutine, le Polonais Kaczynski en a fait un repoussoir. Les deux hommes sont anti-immigration, mais sans pour autant s'accorder sur la manière de gérer les migrants, et leurs vues sur l'économie s'opposent, Rome étant un donneur net au budget européen, Varsovie un bénéficiaire.
Pour l'extrême-droite danoise, finlandaise et suédoise, qui voit Moscou comme une menace, les sympathies russes de Salvini et Le Pen constituent une ligne rouge.
Les liens d'alliances entre partis se doublent parfois d'accointances personnelles.
Au sein du RN, un porte-parole souligne ainsi qu'entre Matteo Salvini et Marine Le Pen, "il y a beaucoup d'affection, ils communiquent très souvent". "Le problème c'est qu'il ne parle pas français et elle ne parle pas italien. Alors, ils s'envoient des smileys. Ils communiquent un peu en anglais. Sinon ils font traduire".
(Crispian Balmer, Emilio Parodi, Alissa de Carbonnel et Giulia Paravicini, avec Simon Carraud à Paris; Henri-Pierre André et Julie Carriat pour le service français)
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