Législatives en Israël en forme de référendum sur Netanyahu
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Israel: netanyahu brigue ce mardi un cinquieme mandat
AMMAR AWAD
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Israel: netanyahu brigue ce mardi un cinquieme mandat
AMMAR AWAD
par Dan Williams et Ari Rabinovitch
JERUSALEM (Reuters) - Les Israéliens votent mardi pour élire leurs députés, un scrutin qui débouchera soit par un cinquième mandat du Premier ministre sortant Benjamin Netanyahu, ce qui constituerait un record, ou par la victoire d'un ancien général très populaire, Benny Gantz.
Selon une enquête du quotidien Yedioth Ahronoth rendue publique vendredi, dernier jour autorisé pour la publication des sondages, le parti centriste de Benny Gantz "Bleu et blanc" obtiendrait 30 sièges à la Knesset et le Likoud, le parti de droite du "roi Bibi" 26.
Les élections se sont à la proportionnelle. Pour entrer au Parlement, un parti doit obtenir au moins 3,25% des voix, ce qui représente quatre sièges.
Depuis les premières élections israéliennes en 1949, aucun parti politique n'a réussi à lui seul à obtenir une majorité absolue au Parlement, ce qui a parfois entraîné de longues tractations en vue de former des gouvernements de coalition.
Ensemble, les partis de la coalition de droite du chef du gouvernement sortant, dont les positions se sont raidies vis-à-vis des Palestiniens, totaliseraient 63 des 120 sièges du Parlement, une courte mais suffisante majorité. D'autres sondages vont également dans ce sens.
Le Parti travailliste n'est crédité que de dix sièges, contre 18 actuellement.
Les bureaux de vote ont ouvert à 07h00 (04h00 GMT). Le scrutin sera clos à 22h00 (19h00 GMT).
Benjamin Netanyahu et Benny Gantz ont tous deux exclu une alliance dans une coalition "d'union nationale".
Benjamin Netanyahu, qui est âgé de 69 ans, vise à reconduire une coalition proche de celle qu'il dirige, avec des formations ultra-nationalistes et juives orthodoxes.
Benny Gantz, 59 ans, et son parti "Bleu et blanc" comptent sur une alliance avec la gauche.
Le parti Zehout de Moshe Feiglin, ancien membre du Likoud, pourrait se retrouver en position de "faiseur de roi". Il présente en effet dans son programme des mesures "libertaires", comme la légalisation progressive du cannabis, qui rencontrent un écho certain dans l'électorat.
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Le Zehout est par ailleurs favorable à l'annexion de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Il veut inciter les Palestiniens à émigrer et prône la construction d'un troisième Temple à Jérusalem.
Samedi, Benjamin Netanyahu a annoncé qu'il annexerait les colonies de peuplement juives situées en Cisjordanie occupée s'il remportait un nouveau mandat.
"PAS LE MESSIE"
Comme il y a peu de différences de programmes entre les deux principaux candidats sur des questions telles que l'Iran et les relations avec les Palestiniens, une grande partie du vote sera guidée par des jugements sur le caractère et la personnalité.
Lors de la campagne, les deux favoris se sont mutuellement accusés, par réseaux sociaux interposés, de corruption, d'encourager l'intolérance religieuse, voire de pactiser avec les adversaires d'Israël.
Benjamin Netanyahu, sous le coup d'enquêtes pour corruption, se présente comme la victime de médias qu'il juge partiaux. "C'est un choix entre un gouvernement de droite puissant sous Netanyahu ou un gouvernement de gauche faible sous Gantz", a déclaré le Likoud dans un communiqué.
Benny Gantz se présente comme un recours dans une société israélienne divisée sur le plan religieux et ethnique et vante ses liens avec les juifs progressistes à l'étranger.
"Netanyahu n'est pas le messie, ni une légende irremplaçable", a déclaré Benny Gantz à Reuters à l'approche des élections. "Le peuple d'Israël aspire à autre chose."
En fonction des résultats du scrutin, le président Reuven Rivlin consultera les dirigeants des différentes formations politiques et choisira celui qu'il juge le plus à même de former un gouvernement. Ce n'est pas obligatoirement le chef du parti qui a remporté le plus de sièges.
Le dirigeant choisi aura alors 42 jours pour rendre sa copie et annoncer un gouvernement, faute de quoi le président demandera à un autre de s'atteler à la tâche.
Les distinctions entre les principaux partis en Israël ne sont plus aussi nettes qu'auparavant, a déclaré Nabil Chaath, un conseiller réputé du président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
"Il y avait des moments où les élections étaient importantes, car il y avait vraiment plus d'un camp en Israël; il y avait une gauche et une droite", a-t-il déclaré lundi.
"Mais maintenant, de quoi on parle ? C'est la droite, puis plus à droite, puis l'extrême droite, puis encore plus à l'extrême droite. Il n'y a vraiment plus de gauche en Israël."
(Avec Rami Ayyub à Rosh Ha'ayin et Rahaf Ruby et Stephen Farrell à Jérusalem ; Guy Kerivel, Arthur Connan et Danielle Rouquié pour le service français)
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