Après Berlin, May se rend à Paris pour appuyer sa demande de report du Brexit
reuters.com

Apres berlin, may se rend a paris pour appuyer sa demande de report du brexit
Fabrizio Bensch
reuters.com

Apres berlin, may se rend a paris pour appuyer sa demande de report du brexit
Fabrizio Bensch
par Thomas Escritt et Paul Carrel
BERLIN (Reuters) - A la veille d'un nouveau sommet européen extraordinaire consacré au Brexit, Theresa May s'est entretenue mardi à la mi-journée à Berlin avec Angela Merkel pour tenter d'obtenir le soutien de la première puissance économique européenne à sa demande de report de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.
La Première ministre britannique enchaînera en fin d'après-midi par une rencontre à l'Elysée avec Emmanuel Macron. Les deux dirigeants doivent se voir vers 18h00 (16h00 GMT).
May a formellement demandé la semaine dernière que la date du divorce soit repoussée au 30 juin, le temps pour elle de tenter de s'entendre avec le Parti travailliste (opposition) et faire enfin adopter l'Accord de retrait négocié avec les Européens, écartant ainsi le risque d'un "no deal", une sortie sans accord que redoutent les milieux économiques.
Sa demande devrait être acceptée par les Vingt-Sept. A Luxembourg, où il participait à une réunion des ministres européens des Affaires européennes, Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, a indiqué en effet que le bloc communautaire était prêt à accorder un délai à Londres.
Mais il a précisé que la durée d'un second report au-delà de la date du vendredi 12 avril dépendrait de la justification que présentera Theresa May à ses pairs.
"La durée d'une prolongation (...) doit correspondre au but d'une telle prolongation", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.
"Notre objectif, c'est un retrait ordonné. Le 'no deal' ne sera jamais la décision de l'UE. Afin d'éviter un 'no deal', le Royaume-Uni doit accepter un 'deal'," a-t-il insisté.
UNION DOUANIÈRE
C'est précisément l'objet des discussions que Theresa May a fini par ouvrir mercredi dernier avec le Parti travailliste de Jeremy Corbyn, première force de l'opposition parlementaire.
La Première ministre conservatrice a dû se résoudre à ce changement de stratégie alors que l'hostilité d'une partie des parlementaires de son propre Parti conservateur et des dix élus nord-irlandais du Parti unioniste démocratique (DUP), indispensables à sa majorité parlementaire depuis le fiasco des législatives anticipées de juin 2017, a condamné à l'échec ses trois tentatives de ratification par la Chambre des communes de l'Accord de retrait négocié avec les Européens.
Mais les discussions avec le Labour, qui prône le maintien du pays dans une forme d'union douanière avec l'UE ainsi qu'un référendum de confirmation de l'accord de divorce, s'avèrent particulièrement ardues.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Et John McDonnell, un des principaux cadres travaillistes, responsable des Finances au sein du "cabinet fantôme" du Labour, ne donne guère de prise à un optimisme débridé.
Prié de dire mardi à la mi-journée si le gouvernement avait montré la moindre volonté de bouger sur cette question de l'union douanière, il a répondu: "Pas encore, même pas dans les éléments de langage que je détecte, mais nous verrons ce qui sortira cet après-midi."
Vu de Bruxelles et des capitales européennes, l'Accord de retrait, entériné par les Vingt-Sept en novembre dernier, est gravé dans le marbre et il n'est pas question de le rouvrir.
En revanche, la Déclaration politique qui l'accompagne est susceptible d'être amendée. Ce texte d'une trentaine de pages fixe le cadre des négociations à venir sur les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'UE.
Une union douanière à la norvégienne réglerait le lancinant problème de la frontière irlandaise, sur laquelle s'est nouée l'intransigeance des élus du DUP et des Brexiters les plus ardents du Parti conservateur.
Mais cette solution irait à l'encontre de la volonté martelée par May de rendre au Royaume-Uni la capacité de négocier ses propres accords commerciaux avec des pays tiers. C'est une des "lignes rouges" qu'elle s'est fixées.
Un des autres soucis des Européens, en cas de report long, est d'éviter que le Royaume-Uni, qui serait encore membre de plein droit du "club" continental, n'interfère dans les orientations politiques et stratégiques à long terme de l'UE.
A commencer par la composition de la future Commission européenne qui prendra ses fonctions après les élections du Parlement européen du mois prochain, puis les réflexions autour du cadre budgétaire pluriannuel qui doit couvrir la période 2021-2027.
Si le sommet extraordinaire mercredi à Bruxelles se termine par un rejet de la demande de report de May, le Royaume-Uni quittera l'UE vendredi à 22h00 GMT.
(avec Guy Faulconbridge, Kylie MacLellan, William James, Elizabeth Piper et Costas Pitas à Londres et Gabriela Baczynska à Luxembourg; Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français)
reuters.com