Les Européens s'apprêtent à reporter encore la date du Brexit
reuters.com

Les europeens s'appretent a reporter encore la date du brexit
HANNIBAL HANSCHKE
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Les europeens s'appretent a reporter encore la date du brexit
HANNIBAL HANSCHKE
BRUXELLES (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement européens s'apprêtent à reporter une nouvelle fois mercredi la date du Brexit pour éviter un départ désordonné du Royaume-Uni de l'Union européenne.
Réunis en Conseil extraordinaire à Bruxelles, les Vingt-Sept devraient surtout débattre de la longueur du report et des conditions imposées à Londres, où les discussions se poursuivent entre conservateurs et travaillistes pour tenter de sortir de l'impasse.
La Première ministre britannique, Theresa May, a demandé un report au 30 juin mais plusieurs dirigeants européens penchent pour un horizon un peu plus lointain, assorti de conditions.
Selon le projet de conclusions préparé en vue du Conseil européen de mercredi, consulté par Reuters, l'UE accordera au Royaume-Uni davantage de temps avant de sortir du bloc européen, mais à certaines conditions, dont celle de participer aux élections européennes des 23-26 mai. Si Londres ne respecte pas ces conditions, l'UE abrégera le délai qui lui a été accordé et ramènera la date du Brexit au 1er juin.
"Si le Royaume-Uni est toujours membre de l'UE à la période du 23-26 mai 2019 et s'il n'a pas ratifié l'Accord de retrait d'ici le 22 mai 2019, il devra participer aux élections européennes conformément aux règles de l'UE. Si le Royaume-Uni ne satisfait pas à cette obligation, le retrait interviendra au 1er juin 2019", lit-on dans ce projet de texte.
La France ne s'opposera pas à un report de quelques mois, à condition qu'il s'accompagne de l'engagement du Royaume-Uni de ne pas participer pleinement aux futures décisions structurantes pour l'Union européenne, a déclaré mardi une source à l'Elysée.
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"Si on avait le Royaume-Uni encore pour quelques semaines ou quelques mois, au-delà des élections européennes, présent autour de la table de l'Union, ça ne serait pas évidemment avec la possibilité de participer pleinement à la décision et notamment aux décisions de long terme : la présidence de la Commission européenne, le budget pluriannuel, etc.", a dit la source.
La préservation du bon fonctionnement de l'Union est pour Emmanuel Macron "le premier paramètre à prendre en compte" et il cherchera mercredi "les garanties les plus solides possibles pour éviter toute perturbation (...) et ne pas mettre en danger le projet européen".
Il est possible d'imposer ce type de contraintes aux Britanniques au Conseil et à la Commission mais pas au Parlement, a précisé la source, avant d'ajouter qu'une extension d'un an serait "trop longue" aux yeux de la France.
MAY PLAIDE SA CAUSE À BERLIN ET PARIS
La date du Brexit a déjà été reportée du 29 mars au 12 avril, une limite que les Européens avaient dit ne vouloir franchir que si Theresa May présentait un plan crédible et susceptible de recueillir une majorité à la Chambre des communes.
Ouvertes mercredi dernier, les discussions entre Theresa May et les travaillistes n'ont pour l'instant rien donné. Les deux parties ont convenu mardi de se revoir jeudi, après le sommet européen.
La négociation entre le gouvernement et le Labour est un "élément nouveau" qui pourrait justifier une extension, a toutefois déclaré mardi le négociateur en chef européen pour le Brexit, Michel Barnier, précisant que sa durée dépendrait des arguments présentés par la Première ministre mercredi aux Vingt-Sept.
L'espoir, a-t-il dit, est que cette négociation permette un vote favorable à la Chambre des communes de l'accord de retrait négocié entre Londres et l'Union, après trois rejets.
"Tout le monde" souhaite aider le Royaume-Uni à sortir de l'Union de façon ordonnée, a-t-il ajouté, en répétant que les Européens n'accepteraient pas de rouvrir l'accord de retrait mais étaient prêts à modifier la déclaration politique qui l'accompagne, en fonction de l'issue des négociations à Londres.
Theresa May s'est rendue mardi à Berlin pour rencontrer la chancelière allemande, Angela Merkel, avant de mettre le cap sur l'Elysée pour s'entretenir avec Emmanuel Macron en fin d'après-midi.
La source à l'Elysée a ajouté qu'en cas d'extension longue, la France ne souhaitait pas des réunions à répétition et était favorable à un examen périodique des engagements politiques pris par le Royaume-Uni, tous les "trois ou quatre mois" par exemple.
(Alastair Macdonald et Gabriela Baczynska à Bruxelles et Luxembourg et Jean-Baptiste Vey et Eric Faye à Paris)
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