Présidentielle en Indonésie: Widodo largement en tête
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L'economie et l'islam conservateur au coeur des elections indonesiennes
Willy Kurniawan
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L'economie et l'islam conservateur au coeur des elections indonesiennes
Willy Kurniawan
DJAKARTA (Reuters) - Le président indonésien Joko Widodo semblait se diriger mercredi vers une réélection confortable, des estimations fondées sur des dépouillements rapides le créditant parfois d'une avance de plus de dix points sur son rival, l'ex-général Prabowo Subianto.
L'institut de sondage CSIS le donne en tête avec 55,7% des voix sur la base d'un décompte de plus de 75% des suffrages. Prabowo Subianto est crédité de 44,3% des voix.
L'estimation la plus serrée rendue publique par un institut de sondage donne l'ancien général 5,5 points derrière le président sortant.
Pour l'analyste politique Kevin O'Rourke, "les premiers résultats donnent une image claire du scrutin". "La victoire de Widodo n'est pas éclatante puisqu'il n'atteint pas le seuil psychologique des 60% qui semblait à sa portée. Prabowo a fait mieux que prévu, ce qui pourrait le pousser à se représenter en 2024", a-t-il dit.
L'entourage de Prabowo a appelé à la patience. "Nous allons attendre", a dit le porte-parole de la campagne de l'opposant, Dahnil Anzar Simanjuntak, notant que ces estimations portaient sur des échantillons trop faibles.
Plus de 192 millions d'Indonésiens étaient appelés aux urnes ce mercredi pour désigner leur président et renouveler le Parlement au terme d'une campagne de six mois qui a été dominée par les questions économiques et l'influence croissante de l'islam conservateur.
Avant le scrutin, la plupart des sondages donnaient au président sortant une avance supérieure à dix points mais l'opposition affirmait que le duel serait plus serré et, au moment de voter à Bogor, sa ville située au sud de Djakarta, Prabowo s'était dit optimiste quant à l'issue du scrutin.
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DÉFI LOGISTIQUE
Widodo, accompagné de son épouse Iriana, a voté lui dans la capitale. "Je me sens rassuré", a-t-il dit après avoir voté, montrant à la presse son auriculaire droit marqué à l'encre indélébile, un procédé visant à éviter les fraudes électorales.
Son colistier Ma'ruf Amin a appelé ses compatriotes à voter dans le calme. "L'élection présidentielle n'est pas une guerre, mais la quête du meilleur dirigeant", a-t-il expliqué.
L'organisation du vote était un défi logistique, l'archipel indonésien s'étalant sur plus de 5.000 kilomètres d'est en ouest.
Chaque électeur devait voter cinq fois (pour le président et son vice-président; pour les deux chambres du Parlement; pour les assemblées régionales et locales). Plus de 245.000 candidats étaient engagés dans ces différents scrutins.
Agé de 57 ans, Widodo, qui a battu Prabowo lors du scrutin de 2014, s'appuie sur son bilan en matière de dérégulation et d'amélioration des infrastructures.
Musulman modéré originaire du centre de l'île de Java, il a dû insister sur son rapport à l'islam à la suite d'une campagne visant à le présenter comme hostile à la religion majoritaire en Indonésie, communiste et trop proche de la Chine. Le choix de Ma'ruf Amin, un dignitaire musulman de 76 ans, pour la vice-présidence s'explique en partie par ce souci. Widodo s'est également rendu dimanche en pèlerinage à La Mecque.
Agé de 67 ans, Prabowo, ancien commandant des forces spéciales qui est lié à certains groupes islamistes radicaux, a choisi lui un entrepreneur, Sandiaga Uno, pour l'accompagner. Ils promettent de favoriser la croissance économique en réduisant les impôts et en faisant baisser le prix des denrées alimentaires.
Pour la politologue Dewi Fortuna Anwar, cette campagne électorale a démontré "l'instrumentalisation" de l'islam à l'oeuvre ces dernières années dans l'archipel.
Les derniers bureaux de vote, dans l'ouest, ont fermé à 13h00 (06h00 GMT). Le vainqueur de la présidentielle pourrait être connu dans la soirée mais la commission électorale a jusqu'au 22 mai pour proclamer les résultats.
(Tabita Diela et Gayatri Suroyo, avec Agustinus Beo da Costa, Maikel Jefriando, Kanupriya Kapoor, Jessica Damiana, Cindy Silviana, Tommy Ardiansyah et Mas Alina Arifin; Jean Terzian, Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)
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