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L'hypothèse du "no Brexit" plus probable que celle du Brexit dur

reuters.com

Publié le 18 avril 2019 à 06:18 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:43

L'hypothese du "no brexit" plus probable que celle du brexit dur

L'hypothese du "no brexit" plus probable que celle du brexit dur

Gonzalo Fuentes

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LONDRES (Reuters) - La probabilité de voir le Royaume-Uni renoncer à sortir de l'Union européenne est désormais supérieure à celle d'un Brexit sans accord négocié, jugent les économistes interrogés par Reuters, qui ont aussi de nouveau repoussé la date estimée du prochain relèvement de taux de la Banque d'Angleterre.

Selon cette enquête mensuelle, réalisée entre le 12 et le 17 avril auprès de 51 économistes, la médiane des estimations de la probabilité d'un Brexit "dur", c'est à dire non négocié avec le reste de l'UE, reste stable à 15%, soit le plus bas niveau enregistré depuis son lancement en juillet 2017.

Un seul des économistes a estimé cette probabilité à plus de 50%.

"En dehors du fait qu'un Brexit sans accord est désormais moins probable, l'avenir est aussi peu clair qu'auparavant. Un accord (et probablement un Brexit plus souple) semble toujours plus probable que l'inverse", résument les économistes de BNP Paribas. "Mais nous doutons que cela survienne prochainement."

Les 27 autres pays de l'UE ont accepté la semaine dernière un report au 31 octobre au plus tard de la sortie du Royaume-Uni, évitant ainsi un Brexit précipité et désordonné.

La majorité des économistes interrogés disent s'attendre à ce que les deux parties finissent par conclure un accord de libre-échange. L'hypothèse d'une entrée du Royaume-Uni dans l'Espace économique européen, qui le conduirait à contribuer au budget de l'UE pour maintenir son accès au marché unique, se classe en seconde place dans l'ordre des probabilités.

Si cette hiérarchie ne change pas par rapport aux enquêtes précédentes, l'hypothèse d'un abandon pur et simple du projet de sortie de l'UE est désormais jugée plus probable que celle d'une sortie sans accord, qui verrait les règles générales de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) régir les relations commerciales entre Londres et l'UE.

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CROISSANCE MODÉRÉE, INFLATION PROCHE DE L'OBJECTIF

Concernant la politique monétaire, aucun des 75 économistes sondés ne s'attend à une modification du taux directeur de la Banque d'Angleterre (BoE) à l'issue de la prochaine réunion de politique monétaire, le 2 mai, à l'occasion de laquelle elle doit publier ses nouvelles prévisions économiques.

"Sans l'incertitude liée au Brexit, la Banque d'Angleterre pourrait avoir envisagé de relever les taux d'intérêt au moment de la publication du rapport sur l'inflation le 2 mai. Avec un pays encore en plein brouillard politique, c'est hautement improbable", explique Elizabeth Martins, de HSBC.

La médiane des estimations montre que la première hausse de taux de 25 points de base pourrait avoir lieu début 2020, soit un trimestre plus tard qu'estimé il y a un mois. Le taux directeur de la BoE resterait ensuite à 1% jusqu'à la fin de l'année prochaine.

Les économistes interrogés tablent parallèlement sur une croissance de 0,2% à 0,4% sur chacun des trimestres jusqu'à la fin 2020, une tendance comparable à celle attendue pour la zone euro.

La probabilité estimée d'une récession au Royaume-Uni à un horizon de deux ans est tombée à 25% contre 30% dans l'enquête du mois dernier.

L'inflation, elle, devrait rester conforme à l'objectif de 2% de la BoE ou proche de celui-ci jusqu'à la fin 2020.

"Même si certains facteurs ponctuels peuvent se traduire à court terme par un rebond de l'inflation britannique, les perspectives globales sont modérées et nous n'attendons pas de hausse de taux de la Banque d'Angleterre cette année", explique James Smith chez ING.

(Jonathan Cable, avec Sarmista Sen et Hari Kishan; Marc Angrand pour le service français)

reuters.com

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