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Violences moindre qu'anticipées dans les cortèges "Gilets jaunes"

reuters.com

Publié le 20 avril 2019 à 11:21 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:42

Un 23e samedi de "gilets jaunes" sous haute surveillance en france

Un 23e samedi de "gilets jaunes" sous haute surveillance en france

YVES HERMAN

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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PARIS (Reuters) - Le 23e samedi consécutif de manifestation des "Gilets jaunes", redoutée par les autorités, a été caractérisé par une faible mobilisation en France, malgré un regain de participation à Paris, et une violence bien moindre que redoutée.

Près de 27.900 manifestants ont été recensés sur le territoire par le ministère de l'Intérieur en fin de journée, dont 9.000 à Paris. Le semaine dernière, 31.100 personnes avaient participé aux manifestations, dont 5.000 dans la capitale.

Il s'agit donc de la deuxième plus faible mobilisation depuis le début du mouvement, commencé il y a cinq mois. Les autorités ont dénombré des cortèges de plus de 1.000 personnes dans seulement quatre villes: Paris, Montpellier, Bordeaux et Toulouse, selon une source policière.

Quelques affrontements ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre à Paris ainsi qu'en province, notamment à Toulouse, mais les violences ont été moins importantes que ce que craignait le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, qui avait dit redouter vendredi la venue de nombreux "casseurs".

Des barricades et des poubelles ont été brûlées lors du passage de l'un des deux cortèges autorisés dans la capitale. Des motos ont également été incendiées sur le boulevard Richard-Lenoir dans le 11e arrondissement et des vitrines vandalisées place de la République.

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Des individus habillés de noir ont lancé des projectiles contre les forces de l'ordre qui ont répliqué avec du gaz lacrymogène et des canons à eaux. Les manifestants, contenus sur la place de la République, étaient en cours de dispersion en fin de journée.

"Tout pour Notre-Dame, rien pour les misérables", avait écrit un manifestant sur son gilet jaune, en réaction aux promesses de dons de grandes fortunes françaises qui ont afflué après l'incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris lundi.

La préfecture de police de Paris a procédé à 227 interpellations et effectué 20.518 contrôles préventifs. Selon le parquet de Paris, 178 personnes étaient placées en garde à vue en fin de journée, dont 172 majeurs et six mineurs.

Sur le reste du territoire, les autorités ont procédé à 22 interpellations, menant à quatre gardes à vue. Quatorze policiers ont été blessés, selon le ministère de l'Intérieur.

HEURTS DANS LA "VILLE ROSE"

A Toulouse, des centaines de motards ont ouvert la marche, avec une grande banderole portant l'inscription "Macron démission".

Les heurts les plus violents ont éclaté en fin d'après-midi aux abords du monument aux Combattants de la Haute-Garonne. Les manifestants se sont fait repousser à coup de gaz lacrymogène. Trois photographes ont été blessés à la jambe ou à la main par ce qui semblait être une grenade de désencerclement, selon une journaliste sur place.

Aucun dégradation de vitrine ou de mobilier urbain n'était à déplorer mis à part un "feu sur voie publique et une tentative de montage de barricade", selon la préfecture.

Les autorités ont dénombré dans la "Ville rose" deux blessés en urgence relative et 17 personnes interpellées notamment pour jets de projectiles, violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique et outrages.

Un cortège de 2.000 manifestants, selon les estimations de Reuters, a défilé à Bordeaux en début d'après-midi entre la place de la Bourse et la gare Saint-Jean. Quelque grenades lacrymogènes ont été tirées pour empêcher certains "Gilets jaunes" d'accéder au centre-ville, interdit à la manifestation. Onze personnes ont été interpellées, selon la préfecture. Aucune dégradation n'a été constatée.

Environ 650 gilets jaunes ont par ailleurs manifesté dans les rues de Marseille et sept personnes ont été interpellées, a indiqué à Reuters un porte-parole de la préfecture de police.

Selon le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, des incidents étaient à craindre, outre Bordeaux et Paris, à Toulouse et Montpellier. Plus de 60.000 policiers et gendarmes étaient mobilisés.

La frange la plus radicale du mouvement avait appelé à un regain de mobilisation pour ce 20 avril, après les samedis de calme relatif qui ont suivi la dernière poussée de fièvre, le 16 mars. Ce jour-là, plusieurs boutiques et établissements emblématiques des Champs-Elysées, comme la brasserie Fouquet's, avaient été vandalisés, voire partiellement incendiés.

UN "ULTIMATUM" POUR L'EXÉCUTIF

La préfecture de police de Paris avait pris un nouvel arrêté interdisant les défilés et les rassemblements dans le quartier des Champs-Elysées, d'où les "Gilets jaunes" sont bannis chaque samedi depuis le mois dernier. Les cortèges et attroupements étaient également prohibés autour de la cathédrale Notre-Dame.

"Les forces de l'ordre ont reçu pour consigne d'être extrêmement mobiles et réactives", a dit samedi sur BFM TV Laetitia Vallar, porte-parole de la préfecture de police.

Comme pour les semaines précédentes, les forces de police avaient mis en place des contrôles préventifs aux péages, sur les autoroutes et sur les routes départementales.

Elles ont également procédé à des fouilles en périphérie des manifestations pour repérer les personnes "qui pourraient venir avec des intentions malveillante", a précisé la porte-parole.

Emmanuel Macron devait s'exprimer lundi dernier pour présenter les conclusions du "Grand débat" mis en place en réponse à la crise des "Gilets jaunes".

Il a reporté son intervention en raison de l'incendie de Notre-Dame, mais le contenu de son allocution a fuité dans les médias. Il doit s'adresser à la nation jeudi.

"Les Gilets Jaunes attendaient des réponses que l'incendie de Notre-Dame de Paris a soudainement éteintes. Pourtant, les 'fuites' du discours présidentiel laissent à penser que nous n'allons toujours pas être entendus", pouvait-on lire sur la page Facebook annonçant "l'Acte 23 Ultimatum 2".

(Caroline Pailliez et Mathieu Rosemain, avec Emmanuel Jarry, Johanna Decorse et Julie Rimbert à Toulouse, Claude Canellas à Bordeaux, Marc Leras à Marseille, Service TV, édité par Tangi Salaün)

reuters.com

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