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Le numéro un nord-coréen à Vladivostok pour rencontrer Poutine

reuters.com  |   |  897  mots
Premier sommet entre kim et poutine jeudi a vladivostok[reuters.com]
(Crédits : Reuters Photographer)

par Maria Vasilyeva

VLADIVOSTOK, Russie (Reuters) - Le train transportant Kim Jong-un est arrivé mercredi à Vladivostok en vue du premier sommet entre le dirigeant nord-coréen et le président russe Vladimir Poutine, a constaté une journaliste de Reuters.

Les deux dirigeants s'entretiendront jeudi dans la ville portuaire de l'Extrême-Orient russe, sur le Pacifique, alors que les négociations entre Pyongyang et Washington entamées après le sommet de Singapour entre Kim Jong-un et Donald Trump en juin dernier semblent dans l'impasse.

Kim Jong-un et Vladimir Poutine discuteront notamment des efforts politiques et diplomatiques en cours pour tenter de régler la question nucléaire dans la péninsule coréenne, a déclaré un conseiller du Kremlin, Iouri Ouchakov.

Après avoir franchi la frontière russe, Kim Jong-un a dit espérer que sa visite serait "un succès".

"J'espère que ces discussions vont être réussies et utiles", a dit le numéro un nord-coréen à la chaîne Rossiya 24. "J'espère que nous allons pouvoir discuter de questions concrètes à propos des négociations de paix sur la péninsule coréenne et de nos relations bilatérales", a-t-il ajouté.

Mercredi, le Kremlin a estimé que les pourparlers à six - lancés il y a plus de quinze ans et aujourd'hui au point mort - étaient le meilleur moyen de travailler à la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

"Pour le moment, il n'existe pas d'autre mécanisme international efficace" sur ce dossier, a dit le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Ces discussions à six réunissaient les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon.

"Mais, d'autre part, des efforts sont menés par d'autres pays. Tous ces efforts méritent d'être appuyés dans la mesure où ils visent réellement à la dénucléarisation et au règlement des problèmes entre les deux Corées", a ajouté Dmitri Peskov.

LE NÉGOCIATEUR NORD-CORÉEN ÉCARTÉ

Soucieuse de ne pas froisser Washington, la Russie a tenu à se présenter comme un "facilitateur" et non un concurrent dans les négociations.

Iouri Ouchakov a souligné mardi qu'"au cours des derniers mois, la situation autour de la péninsule s'est quelque peu stabilisée, en grande partie grâce aux initiatives de la Corée du Nord sur la fin des essais de fusées et la fermeture de son site d'essais nucléaires". "La Russie entend apporter toute l'aide possible afin de renforcer cette tendance positive", a-t-il insisté.

Un représentant du département d'Etat américain a déclaré de son côté que "les Etats-Unis et la communauté internationale ont un but commun - la dénucléarisation définitive et vérifiable de la Corée du Nord."

Il a indiqué que les discussions allaient se poursuivre entre l'émissaire spécial pour la Corée du Nord, Stephen Biegun, et le ministère russe des Affaires étrangères afin de combler d'éventuelles divergences.

On a toutefois appris mercredi que Kim Jong-un avait écarté son bras droit Kim Yong Chol de la direction de l'organe nord-coréen chargé de négocier avec Séoul et Washington.

La nouvelle a été rapportée par l'agence de presse sud-coréenne Yonhap.

Kim Yong Chol était jusqu'ici le principal émissaire du dirigeant nord-coréen et à ce titre l'interlocuteur privilégié du secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo dans les négociations sur la dénucléarisation.

KIM VEUT ROMPRE SON ISOLEMENT

Il s'est rendu en janvier à Washington pour rencontrer Donald Trump et a joué un rôle essentiel dans l'organisation du deuxième sommet entre le président américain et Kim Jong-un en février à Hanoï, sommet qui a tourné court faute d'accord entre les deux pays.

Kim Jong-un a dit qu'il ne s'entretiendrait à nouveau avec Donald Trump que si celui accepte de se montrer moins rigide dans les négociations. Il a donné un an aux Etats-Unis pour changer d'attitude.

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a de son côté fait savoir la semaine dernière qu'il ne souhaitait plus avoir Mike Pompeo comme interlocuteur, disant vouloir négocier désormais avec une personne plus "mature".

Le site internet NK News, spécialisé dans la couverture de la Corée du Nord, a diffusé lundi des photos de préparatifs supposés à l'Université fédérale de Vladivostok, où devrait en partie se tenir le sommet. On y voit notamment l'installation de drapeaux russes et nord-coréens.

Kim Jong-un, arrivé au pouvoir en 2011 à la mort de son père, cherche à rompre son isolement diplomatique.

Il a tenu deux sommets avec le président américain Donald Trump. Le premier a eu lieu à Singapour en juin dernier et le deuxième, fin février à Hanoï.

Les Etats-Unis cherchent à obtenir de Pyongyang l'abandon de ses armes nucléaires et les Nord-Coréens souhaitent de leur côté la levée des sanctions internationales visant leur pays en raison de leurs programmes atomique et balistique militaires.

Kim Jong-un a assisté mercredi dernier à l'essai d'une nouvelle arme tactique, le premier depuis l'échec du sommet de Hanoï.

(Avec Hyonhee Shin, Joyce Lee, Hyonhee Shin, Jack Kim, Anton Kolodyazhnyy, Vladimir Soldatkin, Maxim Rodionov, David Brunnstrom; Jean Terzian, Tangi Salaün et Guy Kerivel pour le service français)