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Notre-Dame : Europe Echafaudage exclut les hypothèses du mégot et des ascenseurs

reuters.com  |   |  688  mots
Notre-dame: europe echafaudage exclut les hypotheses du megot et des ascenseurs[reuters.com]
(Crédits : Gonzalo Fuentes)

PARIS (Reuters) - L'entreprise Europe Echafaudage, qui opérait sur le toit de Notre-Dame de Paris, reconnaît que des ouvriers ont pu fumer sur le chantier mais exclut qu'un mégot ait allumé l'incendie qui a en partie détruit ce bijou d'architecture gothique, le 15 avril.

Selon Marc Eskenazi, qui assure la communication de cette filiale du groupe Le Bras Frères, des ouvriers ont dit aux enquêteurs de la police qu'il "leur arrivait" de griller une cigarette sur l'échafaudage, malgré l'interdiction de fumer sur le chantier, comme le rapporte le Canard enchaîné.

"Nous le condamnons", a-t-il déclaré mercredi à Reuters. Mais "ce qui est établi, c'est que l'incendie a commencé de l'intérieur de l'édifice (...) Donc le mégot, pour l'entreprise Le Bras, ce n'est pas une hypothèse, ce n'est pas un mégot qui met le feu à Notre-Dame de Paris."

Selon le Canard enchaîné, des mégots ont été retrouvés sur place par la police scientifique engagée dans une enquête longue et difficile. "Ce n'est pas faux", dit-on seulement de source proche de l'enquête. Une découverte qui laisse cependant Marc Eskenazi dubitatif - "Si des mégots ont survécu au brasier, je ne sais pas de quelle matière ils étaient faits."

Ce qui est également établi, rappelle-t-il, c'est que le dernier ouvrier a quitté le chantier à 17h50, comme l'atteste le registre qu'il a signé en partant, alors que la première alerte est donnée vers 18h20. Il fait également valoir qu'il est impossible d'allumer une bûche en posant un mégot dessus.

LES ASCENSEURS HORS DE CAUSE ?

Europe Echaffaudage écarte également l'hypothèse d'un incident électrique au niveau des deux ascenseurs mis en place sur le chantier.

"L'électrification des ascenseurs était parfaitement aux normes et parfaitement maintenue. M. Le Bras a donné à la police le cahier de maintenance des ascenseurs", a déclaré à Reuters Marc Eskenazi.

Il fait aussi valoir que le premier ascenseur était à 45 mètres de la flèche au pied de laquelle ont été vues les premières fumées et les premières flammes et le second à 65 m.

En partant à 17h50, le dernier ouvrier avait en outre coupé l'électricité, rappelle-t-il également.

"Cela écarte l'hypothèse d'un problème électrique sur les ascenseurs : on est très loin, l'électricité est coupée et les ascenseurs ne sont pas dans l'édifice mais à l'extérieur ; or on sait que la première fumée vient de l'édifice", explique-t-il.

Selon le Canard enchaîné, des fils électriques couraient par ailleurs dans les combles de Notre-Dame. Mais le diocèse écarte l'idée que les normes n'aient pas été respectées.

"Rien n'a jamais été fait sans l'autorisation de l'Etat", a déclaré à Reuters le porte-parole de la cathédrale, André Finot. "Il n'y avait pas de fils électriques qui pendouillaient dans le vide, tout avait été fait dans les normes."

Une demande d'électrification du moteur qui faisait tinter les cloches de la flèche avait été déposée en 2011 pour une mise en oeuvre en 2012, a-t-il précisé.

"Un point d'incertitude persiste sur le caractère temporaire ou permanent de cette demande", a-t-il cependant admis, expliquant notamment cette incertitude par le décès du recteur qui avait demandé cet aménagement. Quant au départ du feu, "vraisemblablement on est dans les combles, on n'est pas à l'extérieur, on est à l'intérieur", a-t-il ajouté.

Lors d'une première alerte, l'agent de sécurité et le régisseur dépêchés sur place n'ont rien remarqué. "Je ne sais pas s'ils se sont trompés d'endroit", a déclaré à Reuters André Finot. Ce n'est qu'après une deuxième alerte qu'ils ont repéré, en allant à un autre endroit, des flammes au pied de la flèche.

Le parquet de Paris maintient pour sa part qu'il n'exclut ni ne privilégie "à ce stade aucune hypothèse".

Les enquêteurs s'attachent à étudier "l'ensemble des causes possibles" de cet incendie, ajoute-t-on de même source.

(Julie Carriat et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)