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Le cargo saoudien a repris le large sans charger d'armements

reuters.com

Publié le 10 mai 2019 à 11:41 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:38

Le navire saoudien qui devait charger des armes francaises au havre repart a vide

Le navire saoudien qui devait charger des armes francaises au havre repart a vide

Benoit Tessier

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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LE HAVRE, Seine-Maritime (Reuters) - Le cargo saoudien qui devait charger des armements français au port du Havre a finalement pris le large vendredi sans la cargaison prévue en direction du port espagnol de Santander, a-t-on appris auprès de représentants locaux.

Le Bahri Yanbu - navire de la compagnie nationale Bahri, qui a l'exclusivité des transferts d'armes pour le ministère de la Défense saoudien depuis 2014 - se trouvait depuis mercredi à environ 25 kilomètres au large du Havre après avoir chargé des armements à Anvers, en Belgique.

Selon les données de Refinitiv Map Data, outil de géolocalisation, il se dirige désormais vers Santander.

Le transfert annoncé de ces armements dont on ignore la nature - le collectif Disclose à l'origine de l'information a fait état de "huit canons Caesar" fabriqués par Nexter - a relancé en France, mais aussi en Belgique, le débat sur l'opportunité de fournir des armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, engagés dans la guerre au Yémen depuis mars 2015 contre les rebelles chiites houthis, soutenus par l'Iran.

"Les armes sont à quai et le bateau est parti", a-t-on dit à Reuters dans l'entourage du député communiste du Havre Jean-Paul Lecoq, qui avait interpellé mardi le gouvernement à ce sujet.

Après avoir éludé dans un premier temps la question, le gouvernement français, par la voix de la ministre des Armées Florence Parly, avait reconnu mercredi l'imminence d'un chargement en vertu d'un contrat commercial conclu "il y a plusieurs années", sans plus de précisions.

La Direction générale des douanes et droits indirects (DGDDI), tenue au secret professionnel, a refusé de préciser la nature des marchandises.

Emmanuel Macron a défendu jeudi les ventes d'armes à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, assurant disposer de "garanties" sur leur utilisation.

"PREMIÈRE VICTOIRE"

Le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a souligné vendredi sur CNEWS que les exportations d'armes françaises étaient encadrées par des procédures "extrêmement strictes". "En matière commerciale quand il s'agit d'armes, il y a des règles, elles sont strictes et la France les respecte."

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Plusieurs ONG accusent la France de violer le Traité sur le commerce des armes (TCA) qu'elle a ratifié en 2014.

Ce texte stipule que tout pays exportateur doit évaluer "de manière objective et non discriminatoire" si la vente de ses armes peut servir à "commettre une violation grave du droit international des droits de l'Homme ou à en faciliter la commission".

L'exécutif français affirme ne pas disposer "de preuves selon lesquelles des victimes au Yémen sont le résultat d'utilisation d'armes françaises".

La guerre au Yémen a fait des dizaines de milliers de morts et provoqué une grave crise humanitaire, sans qu'aucun des deux camps ne prenne à ce jour un avantage décisif.

Deux organisations, ACAT (Action des chrétiens pour l'abolition de la torture) et ASER (Action sécurité éthique républicaine), avaient annoncé mercredi engager un recours judiciaire suspensif pour empêcher le chargement du Havre. Leur demande a été rejetée vendredi, de même qu'un autre référé, à l'initiative d'Amnesty International, contre la livraison de six embarcations françaises à la marine libyenne.

ASER s'est réjouie d'une "première victoire" dans un communiqué et a estimé que le Premier ministre Edouard Philippe, qui préside la commission interministérielle supervisant les exportations d'armes, devait "rendre des comptes aux parlementaires et aux citoyens".

"Ce n'est pas un chargement occulte, ce sont des contrats officiels, donc si chacun est droit dans ses bottes, il n'y avait pas de raison d'annuler au dernier moment", a souligné Me Laurence Greig, l'un des avocats d'ACAT.

(Sophie Louet avec John Irish, Myriam Rivet et Julie Carriat, édité par Yves Clarisse)

reuters.com

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