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Les USA "pas sincères" sur leur volonté de négocier, selon les médias chinois

reuters.com  |   |  963  mots
Les usa pas sinceres sur leur volonte de negocier, selon les medias chinois[reuters.com]
(Crédits : Hyungwon Kang)

par Ben Blanchard et David Shepardson

PÉKIN (Reuters) - Les Etats-Unis ne sont pas sincères quant à leur volonté de reprendre les discussions commerciales avec la Chine et leurs récentes décisions ont dégradé le climat des négociations, a écrit vendredi la presse officielle chinoise, laissant penser qu'une reprise des négociations risque d'être sans effet pour les Chinois si Washington ne change pas d'attitude.

Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, avait déclaré mercredi qu'il se rendrait bientôt à Pékin pour y poursuivre les négociations avec les autorités chinoises après l'échec de pourparlers entre les deux premières puissances économiques mondiales la semaine dernière à Washington.

La veille, le président américain Donald Trump avait assuré que les discussions avec la Chine n'avaient pas échoué.

Mais le ministère chinois du Commerce a déclaré jeudi qu'il ne disposait d'aucune information concernant un projet de visite d'une délégation américaine. Pékin a également été exaspérée par la décision mercredi de l'administration Trump d'exclure le géant chinois des télécommunications Huawei Technologies du marché américain des télécoms.

La chaîne de télévision américaine CNBC, citant des sources, a dit que les négociations n'avançaient plus.

Faute de sincérité, il est inutile de venir négocier sans avoir quelque chose à dire, a prévenu Taoran Notes, un compte du réseau social WeChat géré par l'Economic Daily, dans un message envoyé jeudi soir qui a été repris par le Quotidien du Peuple, organe du comité central du Parti communiste chinois.

"Les Américains disent qu'ils veulent négocier et continuent en même temps à jouer à des petits jeux, affectant l'atmosphère des pourparlers", lit-on dans le message.

"On ne peut voir aucun signe de volonté sincère de négocier de la part des Etats-Unis. Au contraire, les méthodes de pression extrême se multiplient."

"Si les Américains ignorent les opinions du peuple chinois, j'ai bien peur qu'ils ne reçoivent plus de réponse appropriée de la part de la Chine."

Le compte WeChat note que Washington parle de reprise des négociations et d'une réunion des dirigeants des deux pays en marge du sommet du G20 à Osaka en juin.

"De mon point de vue, s'il n'y a pas de mesure importante prise par les États-Unis (pour répondre aux préoccupations de la Chine), ça ne sert à rien de venir négocier", écrit l'auteur de Taoran Notes.

La Chine peut tout aussi bien arrêter définitivement les négociations et revenir à "notre routine normale de travail: répliquer par des mesures de rétorsion tout en nous concentrant sur nos propres affaires", ajoute-t-il.

L'agence de planification nationale chinoise a reconnu vendredi que les tensions commerciales avec les Etats-Unis avaient un impact négatif sur l'économie chinoise tout en assurant que celui-ci était "contrôlable".

Elle a ajouté pendant une conférence de presse à Pékin que des contre-mesures seraient prises si nécessaire pour "maintenir les opérations économiques dans une fourchette raisonnable".

"ENCORE MOINS ÉQUITABLE"

La Chine a enregistré en avril un ralentissement plus important qu'attendu de ses ventes au détail et de sa production industrielle, suggérant la nécessité pour Pékin de prendre de nouvelles mesures de soutien à l'économie.

La presse officielle assure néanmoins que les tensions commerciales ne feront que rendre la Chine plus forte.

"La guerre commerciale ne mettra pas la Chine à genoux. Elle ne fera que nous endurcir pour croître encore plus", écrivait vendredi le Quotidien du Peuple.

Washington a intensifié la guerre commerciale avec Pékin en relevant vendredi dernier les tarifs douaniers sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises et Trump a ordonné à son administration d'entamer les procédures nécessaires pour relever les droits de douane sur le reste des produits chinois.

Pékin a répliqué en annonçant lundi son intention d'imposer des taxes sur 60 milliards de dollars de produits américains importés.

Sur un autre front, le président américain a repoussé de six mois sa décision pour ce qui concerne l'imposition de droits de douane sur les voitures et pièces détachées importées afin de laisser davantage de temps aux négociations commerciales avec l'Union européenne et le Japon.

Trump a dit néanmoins partager les conclusions du département du Commerce selon lesquelles les importations automobiles "affaiblissent notre économie nationale" et peuvent menacer la sécurité intérieure des Etats-Unis.

Il a encore enfoncé le clou en déclarant à des agents immobiliers que l'Union européenne (UE) était encore moins équitable que la Chine vis-à-vis des Etats-Unis sur le plan commercial.

Enfin, les Etats-Unis et le Canada ont annoncé vendredi un accord supprimant les droits de douane sur l'acier et l'aluminium canadiens en échange d'un dispositif destiné à éloigner du territoire des Etats-Unis les importations à prix cassé en provenance d'autres pays.

Les autorités mexicaines ont par la suite annoncé un accord avec les Etats-Unis similaire à celui passé avec le Canada.

La présidence mexicaine a fait savoir que cet accord de levée des tarifs douaniers n'imposerait pas de quotas aux métaux exportés par le Mexique.

La présidence mexicaine a ajouté qu'elle s'engageait à supprimer les mesures de rétorsion prises contre des exportateurs américains et que Washington et Mexico prendraient des dispositions pour empêcher l'importation d'acier et d'aluminium à vil prix.

(avec Gao Liangping à Pékin, Steve Scherer à Ottawa, Anthony Esposito à Mexico, Lewis Krauskopf à New York, David Lawder et Doina Chiacu à Washington; Arthur Connan, Wilfrid Exbrayat et Juliette Rouillon pour le service français)