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Le gouvernement défend sa politique banlieues face aux doutes

reuters.com  |   |  716  mots
Le gouvernement defend sa politique banlieues face aux doutes[reuters.com]
(Crédits : Pool New)

PARIS (Reuters) - Un an jour pour jour après le discours d'Emmanuel Macron sur les banlieues, le gouvernement a défendu mercredi la méthode choisie par le chef de l'Etat tout en reconnaissant, face aux doutes exprimés par certains acteurs du secteur, que la perception n'était pas toujours encore au rendez-vous sur le terrain.

"Beaucoup (...) a été fait depuis" le discours et depuis la présentation de la feuille de route le 18 juillet "dans l'éducation, le travail, l'accès à l'emploi", a déclaré le ministre chargé de la Ville et du Logement Julien Denormandie à l'issue du conseil des ministres à l'Elysée.

"Pour autant la perception de nos concitoyens dans les quartiers n'est pas encore au rendez-vous", a-t-il reconnu devant la presse. "C'est ça notre objectif, véritablement que cette perception puisse changer, ça veut dire beaucoup de détermination à faire en sorte que l'ensemble des mesures que nous avons prises puissent être suivies d'effets".

D'ores et déjà, le dispositif du dédoublement des classes de CP et CE1 a bénéficié à quelque 190.000 élèves des quartiers prioritaires de la ville (QPV) et concernera à la prochaine rentrée plus de 300.000 élèves, a souligné Julien Denormandie.

Sur les 30.000 offres de stages de troisième promises par l'exécutif, 33.000 ont été au final proposées avec 8.000 effectivement pourvues, a-t-il précisé, tablant sur 15.000 offres effectivement pourvues l'an prochain.

Concernant les emplois francs, un dispositif destiné à favoriser l'embauche des chômeurs des quartiers populaire via une aide à l'embauche de 5.000 euros par an sur trois ans pour un CDI et de 2.500 euros sur deux ans pour des CDD d'au moins six mois, 6.000 ont été signés et l'objectif de 20.000 d'ici la fin de l'année est maintenu.

Cinq milliards d'euros d'investissements ont été par ailleurs engagés "en six mois" dans le cadre de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (Anru), a indiqué Julien Denormandie, évoquant "plusieurs centaines d'écoles" et des "dizaines de milliers" de logements rénovés.

Une réunion avec les associations, les élus locaux et les acteurs du secteur se tiendra le 13 juin prochain et donnera lieu à une "restitution précise" des engagements pris le 18 juillet 2018 et de "tracer la feuille de route des mois suivants" pour que cette "réussite républicaine soit une réalité perceptible pour tout le monde."

"L'ATTENTE NE PEUT PLUS DURER"

Face à des habitants des quartiers prioritaires désabusés par la dizaine de plans banlieues imaginés ces quarante dernières années, Emmanuel Macron avait annoncé le 22 mai 2018 une nouvelle méthode, basée sur une "mobilisation générale" et conçue comme un "anti-plan Marshall".

Il avait notamment mis en place un conseil présidentiel des villes (CPV), composé d'une vingtaine "d'acteurs économiques, sociaux, culturels et sportifs d'envergure nationale engagés pour les quartiers" ayant vocation à alimenter la réflexion du chef de l'Etat sur cette question.

Un an plus tard, des membres du CPV ne cachent pas leur amertume et déplorent l'absence d'Emmanuel Macron aux réunions.

"On a vu (Emmanuel Macron) une fois lors du lancement du conseil présidentiel des villes, puis plus rien", a déploré sur France Inter Majid El Jarroudi, président de l'association pour la diversité entrepreneuriale (ADIVE), membre du CPV. "Alors que la promesse de départ était celle-ci : rencontrer le chef de l'État trois ou quatre fois dans l'année, pour être une courroie de transmission avec le terrain, l'alerter et lui faire des propositions concrètes".

Egalement membre du CPV, Mohamed Mechmache de la coordination "Pas Sans Nous" a estimé, toujours sur France Inter, que "l'attente" ne pouvait "plus durer".

"Il va falloir qu'Emmanuel Macron se prononce très vite sur nos propositions, sans quoi nous partirons. Il y a une urgence à agir pour cette 'quatrième génération' issue de l'immigration, qui ne se projette pas dans l'avenir. C'est très préoccupant", a-t-il mis en garde.

"Ce n'est pas parce que vous ne rencontrez pas le président que ça témoigne d'un désintérêt du président vis-à-vis de l'instance qui a été créée", a dit la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiayelors du compte rendu du conseil des ministres à l'Elysée.

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)