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Schiappa dénonce une offensive mondiale contre les droits des femmes

reuters.com  |   |  409  mots
Schiappa denonce une offensive mondiale contre les droits des femmes[reuters.com]
(Crédits : Gonzalo Fuentes)

STRASBOURG (Reuters) - La secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, a dénoncé vendredi à Strasbourg une "offensive" contre les droits des femmes partout dans le monde, y compris en France, notamment dans le débat politique.

Elle s'exprimait dans le cadre d'une conférence organisée au Conseil de l'Europe sur la nécessité de renforcer la coopération internationale dans le domaine des droits des femmes, une des priorités de la France dans le cadre de sa présidence semestrielle de l'organisation de défense des droits humains et de la démocratie.

"Je pense qu'il y a dix ans, quinze ans, on n'avait pas encore dans le débat public une telle régression vis-à-vis des droits des femmes. On a une offensive de la part de gens qui se disent pro-vie, qui sont anti-avortement, qui sont surtout anti-choix des femmes, qui est importante dans le monde", a-t-elle affirmé lors d'un point de presse.

La secrétaire d'Etat a évoqué une loi votée la semaine dernière par l'Etat de l'Alabama aux Etats-Unis, interdisant quasiment tout avortement, sous peine de prison, ou un projet de loi similaire dans l'Etat du Texas. Elle s'est inquiétée, en France, de la multiplication de cas de gynécologues faisant valoir leur clause de conscience pour refuser de pratiquer des interruptions volontaires de grossesse (IVG) ou qu'un de leurs syndicats puisse brandir la menace d'une grève des avortements.

"On voit que dans le débat public, dans le débat politique, il y a aussi de plus en plus de leaders politiques qui se réclament anti-IVG à titre politique ou à titre personnel et je pense que c'est grave", a-t-elle ajouté.

La remarque vise notamment François-Xavier Bellamy, tête de liste Les Républicains aux élections européennes, qui se dit contre l'avortement par "conviction personnelle" sans en prôner l'interdiction.

La France souhaite mettre à profit sa présidence du Conseil de l'Europe pour inciter les treize Etats membres, sur quarante-sept, qui n'ont pas encore ratifié la Convention européenne contre les violences faites aux femmes, dite Convention d'Istanbul, à le faire et encourager des pays hors Europe à s'y associer.

"Ce sont des standards européens, des normes de protection des femmes qui doivent être implémentés (mis en œuvre-NDLR) dans tous les pays d'Europe et au-delà", a estimé Marlène Schiappa.

(Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)