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La course à la succession de May gagne en intensité

reuters.com  |   |  687  mots
Le ministre de la sante a son tour candidat pour succeder a may[reuters.com]
(Crédits : Henry Nicholls)

par Michael Holden

LONDRES (Reuters) - La course à la succession de Theresa May à la tête du Parti conservateur et donc au poste de Premier ministre du Royaume-Uni a gagné en intensité samedi avec la déclaration de candidature du ministre de la Santé Matt Hancock, de l'ancien ministre du Brexit Dominic Raab, et de l'ex-ministre des Relations avec le Parlement Andrea Leadsom.

Ces trois personnalités rejoignent sur la liste des prétendants déclarés l'ancien chef de la diplomatie Boris Johnson, qui fait figure de favori, l'actuel ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, le secrétaire au Développement international, Rory Stewart, et l'ancienne ministre du Travail, Esther McVey.

La ministre du Travail et des Retraites, Amber Rudd, ex-ministre de l'Intérieur, un temps pressentie, a en revanche décidé de ne pas briguer la tête du parti.

Theresa May a annoncé vendredi qu'elle démissionnerait le 7 juin de la direction des Tories, tirant les conséquences de ses échecs répétés à faire adopter par le Parlement l'accord de sortie de l'Union européenne qu'elle a négocié avec Bruxelles.

"Je vais me présenter au poste de Premier ministre parce que je crois du fond du coeur que nous avons besoin d'un dirigeant pour demain, et pas pour l'instant présent", a déclaré Hancock à la BBC. "Nous devons bien sûr mettre en oeuvre le Brexit et je le ferai", a-t-il ajouté.

"Réaliser le Brexit réclamera de la concentration, de la discipline et de la détermination", écrit pour sa part Dominic Raab dans un article pour le Mail on Sunday. "En tant qu'ancien avocat du Foreign Office et ministre du Brexit, j'ai l'expérience."

A ces sept candidats déclarés pourraient s'ajouter une dizaine d'autres prétendants.

Interrogés samedi, le ministre du Commerce Liam Fox et l'ancien secrétaire d'Etat chargé du Brexit Steve Baker ont laissé la porte ouverte.

Les noms de Sajid David (ministre de l'Intérieur), David Davis (ex-ministre du Brexit), Penny Mordaunt (première femme ministre de la Défense) ou Graham Brady, le président du comité 1922 qui regroupe la totalité des élus conservateurs à l'exception des ministres ou secrétaires d'Etat, reviennent également dans les pronostics.

Tous les candidats déclarés, à commencer par Boris Johnson, affirment qu'ils seront capables de réussir là où Theresa May a échoué. La Commission européenne a pourtant insisté sur un point: elle ne renégociera pas l'accord de retrait qu'elle a mis au point avec la Première ministre démissionnaire.

LE PARTI TORY DIVISÉ SUR LA QUESTION EUROPÉENNE

La course à la succession de May débutera dans la semaine du 10 juin. Le processus se déroulera d'abord au sein du groupe Tory du Parlement. Une série de votes permettra de dégager deux finalistes, qui seront ensuite soumis à un vote des quelque 120.000 adhérents du parti.

Sondages et études montrent que les membres du Parti conservateur sont très largement favorables au Brexit et qu'une majorité d'entre eux soutiennent même la perspective d'un divorce sans accord.

"Nous quitterons l'UE le 31 octobre, accord ou pas", a promis Boris Johnson vendredi lors d'une conférence économique en Suisse.

Après Margaret Thatcher, John Major et David Cameron, May est le quatrième chef d'un gouvernement conservateur d'affilée à devoir quitter prématurément le 10, Downing Street en raison des divisions des Tories sur l'Europe.

Et les lignes de faille qui parcourent la formation Tory sur la question européenne n'ont pas été refermées par le départ de Theresa May. Rory Stewart, s'exprimant au micro de la BBC, a ainsi annoncé qu'il ne pourrait pas siéger dans un gouvernement Johnson prêt à accepter un "no deal". "Je pense que ce serait une immense erreur, préjudiciable, inutile et également malhonnête", a-t-il dit.

Si la Chambre des communes a rejeté à trois reprises l'accord de retrait négocié par May avec Bruxelles, elle a aussi voté contre une sortie sans accord.

(Tangi Salaün et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)